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2019 : l’année du recul de la pauvreté extrême

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Janvier est généralement le mois des nouveaux départs, alors que pour un demi-million d’enfants, il sera probablement leur dernier sur Terre.

Plus de 500 000 enfants âgés de moins de cinq ans, dont beaucoup vivent dans des pays en voie de développement, meurent chaque mois de maladies et d’affections qui pourraient être évitées.

Cela est à la fois déchirant et exaspérant. Il ne devrait pas en être ainsi.

Gayle Smith au Sommet de l’Union africaine de 2018.

2019 doit être reconnue dans l’histoire comme l’année où nous avons fait reculer la pauvreté extrême. Pour y parvenir, les dirigeants de la communauté internationale devront faire preuve d’audace tout en affichant un leadership fort et en agissant immédiatement.

Pour comprendre l’urgence de la crise et saisir l’occasion qui s’offre à nous de la corriger en 2019, il est important de bien comprendre les faits.

Au cours des trois dernières décennies, plus d’un milliard de personnes ont échappé à la pauvreté extrême. Il s’agit de l’un des plus grands exemples de coopération mondiale au cours du siècle dernier, une réalisation qui se mesure non pas en dollars dépensés, mais en vies sauvées. Mais notre travail ne doit pas s’arrêter là. Plus de 700 millions de personnes vivent encore avec moins de 1,90 dollar par jour, dont plus de la moitié en Afrique subsaharienne.

Aider le premier milliard de personnes vivant dans la pauvreté extrême à se sortir de cette situation fut difficile. Aider le prochain milliard à faire de même le sera encore plus. Alors que l’heure critique s’apprête à sonner, nous n’avons toujours pas de plan sur lequel nous appuyer.

D’ici 2050, la moitié des Africains seront âgés de moins de 25 ans. Il y a là une énorme opportunité de croissance économique. Mais cette population jeune et croissante a également besoin d’être éduquée, employée et responsabilisée. Notre choix est simple : investir aujourd’hui et récolter des dividendes démographiques dans les années à venir, sans quoi nous risquons de gâcher notre meilleure chance de mettre fin une fois pour toutes à la pauvreté extrême.

L’un des moyens les plus efficaces de contribuer à faire une différence dans cette lutte est de veiller à ce que les femmes et les filles ne soient pas laissées pour compte. Qu’elles bénéficient enfin de l’égalité des chances pour accéder aux soins de santé, à l’éducation, aux services financiers et à un emploi de qualité, tout en vivant leur vie sans violence et sans discrimination. En augmentant de seulement 5 $ par personne le montant annuel consacré aux principales interventions en faveur des femmes et des enfants, nous pouvons multiplier par neuf la valeur des avantages économiques et sociaux que nous en retirons.

Alors que les gouvernements africains s’apprêtent à établir leur budget pour 2019, que les pays donateurs s’affairent à prendre de nouveaux engagements et que les entreprises du secteur privé se développent sur le continent, il leur faut se demander, à chaque étape de leurs démarches, quelles conséquences leurs choix auront pour les femmes et les filles. Ces investissements profiteront-ils aux femmes et aux filles ou aggraveront-ils les inégalités existantes ? Imaginez combien de futures médecins, enseignantes et travailleuses humanitaires le monde entier pourrait acquérir si nous pouvions offrir aux femmes et aux filles l’éducation, les possibilités économiques et les ressources dont elles ont besoin et méritent pour réussir.

Les pays africains doivent également occuper une place significative à la table des négociations et être mieux disposés à s’approprier davantage leur avenir. Le président français Emmanuel Macron a déclaré vouloir que le G7 définisse en août un « cadre international pour lutter contre les inégalités » et édifie une nouvelle « alliance avec l’Afrique ». Pour y parvenir, les dirigeants africains doivent participer activement à toutes les réunions du G7 — pas seulement aux séances de photos. Trop de pays africains ne respectent pas leurs engagements d’investir leurs propres ressources dans des domaines tels que la santé, l’éducation et l’agriculture. Le G7 de cette année pourrait déboucher sur des partenariats réels et réciproques qui sont essentiels pour encourager les pays africains à investir davantage dans leurs citoyens.

Enfin, les dirigeants du monde doivent accorder la priorité aux investissements dans la santé mondiale qui font cruellement défaut. On ne saurait le savoir en regardant les nouvelles ou en écoutant les législateurs, mais le sida n’est pas une maladie du passé, c’est une crise du présent. Les impressionnants progrès réalisés dans la lutte contre le VIH/sida ont créé un faux sentiment de sécurité face à une épidémie qui fait encore plus de 2 500 victimes chaque jour. Des avancées médicales sans précédent donnent de l’espoir aux nombreuses personnes nouvellement infectées, éclipsant la réalité cruelle qu’un diagnostic de VIH demeure une condamnation à mort pour les personnes qui ne peuvent obtenir un traitement pouvant leur sauver la vie.

En octobre, le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, un partenariat mondial pour la santé qui a permis de sauver des dizaines de millions de vies, tiendra une rencontre dans le but de reconstituer ses ressources en 2019. L’organisation a été l’une des organisations mondiales de santé les plus efficaces et les plus productives de la planète, et elle s’avère l’un des outils les plus puissants du monde dans la lutte contre le sida. Les dirigeants mondiaux, en particulier ceux des pays les plus durement touchés par la crise du sida, comme le Nigeria et l’Afrique du Sud, doivent prendre des engagements fermes à la conférence de reconstitution des ressources du Fonds mondial qui se tiendra en France.

L’année à venir sera riche en possibilités d’aider les plus démunis de la planète, mais la complaisance et la montée du nationalisme demeurent nos principaux ennemis. Il incombe à chacun d’entre nous d’aider à amplifier la voix de ceux qui s’efforcent avec diligence de se sortir de la pauvreté extrême.

Forts de nos progrès et des possibilités qui s’offrent à nous, il est en notre pouvoir d’enrayer la pauvreté extrême.

L’endroit où nous vivons ne devrait pas usurper notre droit à la vie. C’est en 2019 que nous devons agir.

Gayle E. Smith est présidente et directrice générale de la campagne ONE et ancienne administratrice de l’USAID.

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