La France est quatrième ex-æquo avec le Japon en termes d’efficacité de l’aide mesurée par une série de dix indicateurs portant sur quatre mesures expliquées cidessous. Les scores français se situent dans la moyenne dans la plupart des domaines, mais elle doit améliorer la prévisibilité de son aide.
La Déclaration de Paris du Forum de haut niveau sur l’efficacité de l’aide d’Accra de 2005 a suscité un consensus croissant sur les mesures nécessaires pour rendre l’aide plus efficace. À Gleneagles, le G8 a cité la Déclaration d’Accra et s’est engagé à « mettre en place et suivre tous les engagements pris dans la Déclaration de Paris sur l’efficacité de l’aide ». DATA a choisi quatre indicateurs d’efficacité de l’aide pour mesurer la performance des pays dona-teurs : prévisibilité (mesurée par les délais dans l’apport de l’aide programmée), transparence et communication (mesurée par le montant de l’aide figurant dans les budgets du bénéficiaire), utilisation des systèmes nationaux (mesurée par la manière dont l’aide utilise les sys-tèmes du pays bénéficiaire) et degré de l’aide liée et enfin appels d’offres concurrentiels lo-caux. DATA a choisi ces quatre indicateurs en raison de leur importance et de la disponibilité des données.
Selon les indicateurs d’efficacité de l’aide sélectionnés par DATA, la France obtient de bons scores en ce qui concerne la part d’aide totale figurant dans le budget national des bénéficiai-res, mais se situe à l’avant dernière place du G7 pour la part de son aide au secteur public fi-gurant dans le budget national. La France n’est pas bien placée non plus pour l’aide non liée et les appels d’offres locaux pour des biens et services. Dans l’évaluation du CAD sur la pré-visibilité, elle occupe la dernière place avec l’Italie et les États-Unis, et sa performance est mauvaise en matière d’engagements pluriannuels et de respect de ses engagements. En outre, elle est avant dernière pour l’utilisation des systèmes publics de gestion budgétaire des béné-ficiaires et ses délais de livraisons sont plus longs que ceux de tous les pays du G7 sauf deux.
Le Président Sarkozy a été élu en mai 2007 sur un programme de changements. Lors d’un voyage en Afrique du Sud en février 2008, il a annoncé que la France doublerait « ses en-gagements financiers » à l’Afrique sub-saharienne pour un montant total de 10 milliards d’euros, au cours des cinq prochaines années. En mars 2008, le Président Sarko-zy a également annoncé que la France soutiendrait la scolarisation de huit millions d’enfants africains d’ici 2010 et de tous les enfants du continent d’ici 2015. Ces annonces sont bienvenues, mais elles doivent être précisées : pour le doublement des engagements financiers, il n’est pas précisé quelle sera la part de l’APD par rapport aux prêts et garanties au secteur privé. Ces derniers sont importants et pourtant ne figurent pas dans l’engagement de la France. De même, l’engagement de scolarisation des enfants doit être confirmé par des plans clairs, chiffrés et échéancés.
La France prendra la présidence de l’UE le 1er juillet 2008, ce qui signifie qu’elle dirigera l’UE à des moments cruciaux comme le Sommet du G8 au Japon, le Forum de haut niveau sur l’efficacité de l’aide d’Accra, le Sommet d’urgence des Objectifs du Millénaire pour le Développement du (ODM) de New York et la Conférence sur le financement du développe-ment de Doha. Au début de sa présidence européenne, la France organisera une conférence le 3 juillet 2008 intitulée « Qui nourrira le monde ? », afin d’examiner les approches possibles de la crise alimentaire actuelle. Cette conférence devrait porter sur la productivité agricole à long terme dans les régions comme l’Afrique et ne constituera pas une excuse pour poursui-vre tout simplement la PAC telle qu’elle est. La présidence européenne de la France couvrira également une période de réflexion sur les possibles réformes de la PAC, offrant l’occasion de supprimer des subventions, des protections douanières et autres pratiques nuisant aux perspectives de développement de l’Afrique. Le type de leadership dont les Européens ont besoin de la part de la présidence française est une réaffirmation claire et responsable des programmes annuels permettant de tenir les engagements. Il y a de grandes chances que le gouvernement français fixe les nouveaux objectifs qu’il a lui-même définis et que le Prési-dent Sarkozy prenne la tête de l’Europe au cours de l’année qui vient.