Résumé Exécutif

2010 est la date limite que s’est donnée le G8 pour prendre une série d’engagements historiques visant à « aider l’Afrique à construire les réussites futures que nous voulons tous voir apparaître ». À mi-chemin de cette année critique, ONE rejoint le G8, les gouvernements d’Afrique et les activistes du monde entier pour se pencher sur les cinq dernières années et proposer une nouvelle stratégie pour aller de l'avant.
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La vision exprimée par les responsables africains et le G8 en 2005 ne s’est pas encore concrétisée mais ces cinq dernières années nous ont montré de réels progrès. Alors que le monde entier a les yeux tournés vers les années à venir, il est primordial que les promesses non tenues soient réalisées et que les réussites et les points faibles de Gleneagles contribuent à renforcer le partenariat pour que l’Afrique puisse atteindre les OMD d’ici 2015 et parvienne à « mettre fin à l’extrême pauvreté à notre époque ».

2010 N’EST PAS LA LIGNE D’ARRIVÉE, C’EST UN NOUVEAU DÉPART

Lorsque les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) ont été lancés en 2000, il était clair que l’Afrique subsaharienne aurait besoin d’aide pour parvenir à ces cibles ambitieuses de réduction de la pauvreté avant 2015. Les leaders représentant l’Afrique ont été les premiers invités au Sommet du G8 d’Okinawa en 2000 et les relations ont été renforcées en 2002 à Kananaskis et Monterrey, où le G8 a placé le développement du Continent noir au coeur de son agenda. Trois ans plus tard à Gleneagles, les leaders du monde ont dévoilé une série d’engagements quantitatifs et qualitatifs destinés à solidifier leur partenariat avec l’Afrique avec 2010 comme date butoir.

ONE a salué ces engagements en soulignant que, même s’ils ne répondaient pas à l’ensemble des besoins du continent, ils pourraient, s’ils étaient concrétisés, avoir une portée non négligeable sur l’aide aux personnes les plus pauvres à sortir de leur misère. Chaque année depuis Gleneagles, le Rapport DATA de ONE étudie les progrès réalisés par rapport aux engagements pris lors du sommet : il souligne les promesses en cours de concrétisation, trace la voie pour les engagements encore en retard et évalue l’impact sur le terrain dans la mesure du possible.

Ces découvertes ont dégagé certaines tendances critiques. En évaluant les caractéristiques communes de ces engagements tenus, ONE a découvert que la performance dépend en partie de la force de l’engagement initial (en ce qui concerne la précision et la transparence des plans budgétaires destinés à sa réalisation) ou de la solidité des membres de la société civile faisant campagne dans les pays ; mais elle dépend avant tout d’une certaine volonté politique. Les cinq derniers Rapports DATA se sont tous focalisés sur l’importance du principal facteur : la force de l’engagement. Les évaluations les plus solides des Rapports DATA se concentraient donc sur les engagements d’APD pour lesquels les promesses étaient individuelles, quantifiées et limitées dans le temps. ONE a cependant eu du mal à évaluer les engagements rhétoriques du G8 pour « faire fonctionner le commerce en Afrique » et « mettre l’accent sur l’eau et les conditions sanitaires » et, sans surprise, les résultats du G8 en la matière ne sont pas, cinq ans plus tard, significatifs.

Outre ces éléments critiques sur ce qui fait que des engagements individuels ou sectoriels sont plus susceptibles d’être remplis, ONE tient à souligner l’importance des engagements collectifs. Chaque pays a pris des engagements individuels, bien souvent avant même d’arriver à Gleneagles. Toutefois, la participation au sommet de Gleneagles pour unifier ces engagements dans un tout a permis de meilleurs résultats d’ensemble. Les engagements collectifs, et la pression des pairs née des jugements collectifs qu’ils suscitent, obtiennent de meilleurs résultats. Ces engagements imposent une responsabilité mutuelle et autorisent un suivi par des mécanismes indépendants. Alors que les champions du développement ont maille à partir avec l’organisation changeante du monde, l’émergence de nouveaux donateurs et un agenda international plus concurrentiel, nous y voyons une leçon importante sur la façon de structurer tout nouvel engagement mondial en faveur du développement pour permettre d’obtenir des résultats.

Les principales découvertes reflètent les enseignements de ces cinq dernières années qu’il faut tous prendre en compte alors que les partenaires du développement se retrouvent en 2010. Comme cette année servira au G8, aux autres donateurs, aux gouvernements africains et aux activistes à faire le bilan des cinq dernières années (mais aussi des huit ans écoulés depuis Monterrey et Kananaskis ou la décennie depuis la Déclaration du Millénaire), le rapport de ONE ne s’attache pas seulement cette année à la concrétisation de cet ensemble historique d’engagements entremêlés et limités dans le temps mais aussi à découvrir comment les leçons apprises depuis Gleneagles pourront influencer les résultats des Sommets du G8 et du G20 en 2010 ou encore du Sommet des OMD des Nations Unies qui aura lieu à New York. Ce sont là des étapes clés pour garantir qu’un plan d’action nous mènera à des résultats significatifs durables pour les populations les plus pauvres du globe.

S’il ne fallait retirer qu’une seule leçon de ce rapport, ce serait que la fixation d’objectifs collectifs ambitieux dans la lutte contre la pauvreté obtient des résultats.

Dans cette section

BILAN FINAL DE 2005 À 2010
Au cours des cinq dernières, les aides à l’Afrique ont connu des hausses historiques qui ont aidé les africains à obtenir des résultats spectaculaires dans la santé et des progrès impressionnants dans l’éducation. Même si elles sont historiques, notamment grâce aux efforts importants du Royaume-Uni et des États-Unis mais aussi aux différents niveaux de suivi offerts par le Canada, la France, l'Allemagne et le Japon, ces hausses n’ont pas permis de tenir les objectifs promis. On peut imputer la majorité du déficit à l’incapacité de l’Italie à apporter une contribution positive à ces efforts. Le G7 a raté le volet commercial et n'a pas su améliorer la qualité de l'aide apportée mais a obtenu des résultats sur l'annulation de la dette. Une nouvelle crise de la dette est cependant à craindre si les pratiques des donateurs ne sont pas modifiées afin de préserver les bénéfices obtenus jusqu'à présent.

LA NOUVELLE STRATÉGIE 2010-2015
À l’avenir, la communauté internationale devra intensifier ses efforts pour soutenir la vision d’une « Afrique menée par ses propres citoyens »1. Même si les engagements unilatéraux actuels de chaque pays continueront d’apporter des résultats, un engagement collectif renouvelé permettrait de développer les responsabilités et d’assurer une meilleure cohésion. Les partenaires du développement doivent faire plus pour mettre face à leurs responsabilités ceux qui ne respectent pas leurs promesses et, avant tout, redoubler d’efforts pour garantir que les politiques d’aide au développement sont mieux adaptées au développement africain, notamment en matière de renforcement de la gouvernance, de lutte contre la corruption et d'encouragement d'une croissance économique durable et équitable.