2010 et après

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LEÇONS APPRISES : NOUVEAUX PARTENAIRES ET NOUVEAUX DÉFIS

Le G8 n’est pas le seul groupe de pays engagé en faveur de l’Afrique. Les donateurs hors du G7 représentent 29 % des montants attendus en 2010. Les économies émergentes jouent également un rôle de plus en plus important dans le développement de l’Afrique en matière d’aide au développement, finance, commerce et investissement et aucune stratégie ne saurait être exhaustive sans les prendre en compte. Par ailleurs, depuis que les engagements de Gleneagles ont été pris, le monde a connu des crises alimentaires, énergétiques et financières et a découvert les conséquences que le changement climatique aura sur les pays les plus pauvres et leurs efforts pour parvenir aux OMD.

LEÇONS APPRISES : LA RESPONSABILITÉ AVANT TOUT

Des efforts doivent être entrepris pour renforcer la responsabilité des donateurs afin de garantir qu’ils jouent un rôle aussi positif que possible dans le soutien aux efforts de développement de l’Afrique. Les engagements existants et nouveaux doivent tenir compte des principes « TRACK » qui poussent les partenaires du développement à maximiser la transparence, l’attachement aux résultats et la clarté en matière de complémentarité et de conditionnalité ainsi que à la capacité à être mesurés (voir encadré « 2010 et après »). De puis, les leaders africains doivent être tenus pour responsables des promesses qu'ils font à leurs citoyens. Tout comme le G7, les responsables africains ont pris une série d’engagements en matière de santé, d’éducation et d’agriculture qui ont été, aux mieux, partiellement tenus.

LEÇONS APPRISES : DE NOUVEAUX DÉFIS EXISTENT, MAIS L'AFRIQUE REGORGE DE NOUVELLES OPPORTUNITÉS

L’Afrique souffre peut-être du nombre important de personnes vivant dans une pauvreté abjecte avec un dollar ou moins par jour mais le continent regorge également de nouvelles opportunités : l’Afrique a maintenu un taux de croissance économique de 5-6 % pendant toute une décennie. Sa population, 900 millions d’habitants, devrait doubler d’ici 2050, faisant de ce continent le plus dynamique dans le monde sur le plan démographique et lui conférant un large groupe de consommateurs, innovateurs et partenaires économiques potentiels.

L’Afrique traverse une période de hausse très dynamique : ses télécommunications connaissent la première croissance de la planète (la pénétration des téléphones mobiles est passée de 10 millions d’utilisateurs en 2000 à 180 millions en 2007) et de nombreux gisements minéraux ne sont pas encore exploités. Les économies émergentes ont bien intégré ces deux points. L’Afrique représente également l’avenir : d’ici 2050, elle hébergera le tiers de la jeunesse mondiale. Soixante-dix pour cent de sa population est âgée de moins de 30 ans. Cette jeunesse constitue le nouveau visage du continent et elle implique de nouvelles opportunités en matière d’éducation professionnelle et d’initiatives de développement des compétences qui, si elles s’adressent à cette main d’oeuvre importante et en augmentation, peuvent être mises à profit pour parvenir à une croissance économique forte et rapide.

2010 ET APRÈS: DE QUOI AVONS-NOUS BESOIN ?

Le Sommet des OMD des Nations Unies de septembre 2010 constituera un moment clé pour étudier les progrès, revigorer les efforts et les investissements mondiaux dans les domaines qui ont été couronnés de succès et réorienter les efforts dans les domaines en situation d’échec ou dans lesquels les partenaires du développement ont sous-investi. Ce sommet sera peut-être surtout l’occasion de recentrer les efforts en faveur des OMD mais aussi de soutenir l'émergence d’opportunités qui sauront pousser cette jeune génération audelà de leur simple concrétisation.

Dans l’ensemble, l’accord collectif signé à Gleneagles a apporté des résultats tangibles pour l’Afrique et cette stratégie doit être affinée pour améliorer les progrès. Chaque pays disposera de ses propres plans mais les associer en faveur d'objectifs communs, pour que chacun d'entre eux soit responsable vis-à-vis des autres et soit protégé par des mécanismes de surveillance indépendants, contribuera à augmenter les chances que de nouveaux engagements soient tenus et aidera également l’Afrique à mieux s’investir en faveur de ces engagements.

Tout en prenant en compte les réussites et les échecs de Gleneagles ainsi que le changement de situation à l’intérieur et en dehors de l'Afrique, la nouvelle stratégie imposera une approche graduelle sur les trois domaines généraux suivants : la gouvernance et la responsabilité ; la croissance économique équitable et durable ; et l’augmentation d’une 'aide efficace, aux mécanismes et programmes éprouvés.

  • AMÉLIORER LA GOUVERNANCE ET RENFORCER LA RESPONSABILITÉ des leaders africains vis-à-vis de leurs citoyens doit être au coeur de la nouvelle approche. Une aide au développement efficace peut être couronnée de succès si elle est conditionnée aux améliorations des mesures des objectifs de gouvernance responsable et si elle finance directement l’assistance technique destinée à renforcer les institutions publiques et la capacité à fournir des résultats pour le peuple africain. Au-delà des politiques d'aide au développement, les pays du G8 et du G20 doivent mettre en place des mesures visant à empêcher que des sociétés d'extraction des ressources naturelles aient recours à la corruption l’obtention et l’exploitation de contrats et à prévenir les banques d’aider à faire sortir d’Afrique des actifs volés par des dirigeants corrompus.
  • Par ailleurs, la nouvelle stratégie nécessite un attachement renouvelé en faveur d’une CROISSANCE ÉCONOMIQUE ÉQUITABLE ET DURABLE, pouvant effectivement aider les individus à se sortir de leur condition. Les règles mondiales doivent changer pour faciliter le commerce et les investissements mais les politiques intérieures et continentales doivent également favoriser un meilleur accès aux services financiers, à l'intégration régionale et à la productivité agricole. Les investissements dans l’avantage comparatif africain des énergies renouvelables doivent aider la région à combler son fossé énergétique.
  • Enfin, une nouvelle stratégie impose d’AUGMENTER L'INTÉGRATION DES INVESTISSEMENTS "INTELLIGENTS" EFFICACES DANS DES MÉCANISMES ET DES PROGRAMMES QUI ONT FOURNI JUSQU’À PRÉSENT DES RÉSULTATS TANGIBLES ET MESURABLES for African citizens. pour les Africains. Une fois la dynamique lancée, grâce notamment au Fonds Mondial, au GAVI, à l’Initiative pour la mise en oeuvre accélérée du programme Education pour tous et à la toute récente Initiative de L’Aquila sur la sécurité alimentaire, il faudra redoubler d’efforts et les réformes devront être opérées pour maximiser les résultats. Là où les réussites n’ont pas été aussi spectaculaires, comme pour la santé des mères, des approches innovantes et renouvelées doivent être mises en place en prenant exemple sur les succès.

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