France

Lors du sommet de Gleneagles, la France s’est engagée à consacrer au minimum 0,51 % de son revenu national brut (RNB) à l’aide publique au développement (APD) à l’horizon 2010, et 0,7 % à l’horizon 2012 (une échéance qui a ensuite été reportée à 2015). Cette promesse a été faite dans le cadre de l’engagement pris par l’UE en 2005 en faveur de l’aide au développement. Celui-ci stipulait que 50 % de l’augmentation de l’APD mondiale devaient être accordés à l’Afrique subsaharienne. La France s’est cependant engagée à allouer 66 % de la totalité de son APD bilatérale dans la région, et 50 % de la totalité de son APD multilatérale.

Pour tenir cet engagement, la France doit porter l’APD qu’elle accorde à l’Afrique subsaharienne de 2,234 milliards d’euros (3,111 milliards de dollars) en 2004 à 5,939 milliards d’euros (8,271 milliards de dollars) en 2010. Il s’agit là de l’engagement le plus important pris au sein du G7 en pourcentage de RNB (0,3 %), et du second en termes de volume (après les États-Unis).

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L’aide au développement à l’Afrique sub-saharienne a fortement augmenté en 2009 avec une hausse de 853 millions € (1,19 milliard $). Cette inversion de tendance a été bienvenue après la baisse de l’an dernier et a elle-même dépassé les projections du budget français. Cela n’a toutefois pas suffi à mettre la France sur la voie du respect de ses engagements de Gleneagles. Les documents budgétaires français indiquent qu’en 2010, l’APD sera inférieure à celle communiquée au CAD pour 2009. D’après ces données, ONE estime que l'APD de la France à l'Afrique sub-saharienne perdra 448 millions € en 2010 (624 millions $), le pays ne parvenant plus qu’à 25 % des hausses promises à Gleneagles. Cette projection s’appuie sur les données budgétaires les plus récentes. L’APD de la France en 2010 pourra finalement être supérieur aux projections sir les contributions du FMI restent élevées et si la France continue d'orienter son APD via des prêts plutôt que des dons.

Il faut saluer les engagements ambitieux pris par la France à Gleneagles : numéro 1 du G7 en pourcentage du RNB et deuxième en volume, et pays de l'UE consacrant la plus large proportion des ressources à l’Afrique sub-saharienne. Bien que les engagements de la France vont encore croître au-delà de 2010 avec l’ambition d’atteindre 0,7 % du RNB d'ici 2015, le pays n'a prévu aucune hausse du budget avant 2012 au mieux.

La France reste l’un des principaux donateurs au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. De plus, l’augmentation de son aide à l'Afrique sub-saharienne en matière de santé en 2008 s’est principalement composée d’investissements dans le système de santé. Le soutien à l’éducation primaire a connu une croissance constante depuis 2005 et l’aide à l’Afrique sub-saharienne représentait 59 % des engagements en matière d’éducation primaire en 2008. Toutefois, la France ne devrait pas réussir à tenir ses engagements d’annulation de la dette des pays les plus pauvres (et risque même d’aggraver les choses en concentrant son aide sous forme de prêts au lieu de dons), et, à l’image du reste du G8 n’arrivera pas à « faire fonctionner le commerce en Afrique ».