Cet engagement du Canada à l’occasion du sommet de Gleneagles a d’abord été interprété comme un doublement de l’aide publique au développement (APD), avec un niveau de référence de 1,4 milliard de dollars canadiens (1,1 milliard de dollars) en 2003-2004. Toutefois, après Gleneagles, le Canada a clarifié sa position en affirmant que le niveau de référence de 2003-2004 était de 1,05 milliard de dollars canadiens (750 millions de dollars), car il avait consacré une part moins importante que prévu à l’APD accordée à l’Afrique subsaharienne en 2003-2004. En se basant sur ce nouveau niveau de référence, le Canada s’est engagé à porter l’APD accordée à l’Afrique subsaharienne à 1,7 milliard de dollars canadiens (1,5 milliard de dollars) en 2008-2009.
Le Canada a dépassé en 2008 son modeste objectif fixé à Gleneagles et est resté légèrement au-delà en 2009. L’année 2009 a vu une baisse de 335 millions CAD$ (294 millions $) après qu’un important paiement multilatéral survenu en 2008 a fait grimper l'APD pour cette année. ONE estime que le Canada va augmenter son APD à l’Afrique subsaharienne d’environ 353 millions CAD$ supplémentaires (309 millions $) en 2010 pour atteindre 170 % (589 millions $) de l’augmentation promise à Gleneagles.
Malgré cette performance louable du Canada, la décision du gouvernement de plafonner son budget d’aide internationale aux niveaux de 2010-2011 pour les cinq prochaines années menace de saper son leadership en matière de développement, notamment en sa qualité d’hôte du G8 et du G20 cette année. En 2010, il serait souhaitable que le Canada reconsidère ses décisions budgétaires, définisse un nouvel objectif d’APD plus ambitieux et mène le G8 vers le développement d’un partenariat post-Gleneagles solide avec l’Afrique sub-saharienne.
Le Canada est devenu au sein du G8 un leader en matière d’éducation de base mais aussi de sécurité alimentaire. Il a également accompli de nombreux efforts pour améliorer l’efficacité de son aide au cours des dernières années. Le Canada devrait parvenir à tenir ses promesses d’annulation de la dette des pays les plus pauvres mais, à l’image des autres membres du G8, il n’arrivera pas à « faire fonctionner le commerce en Afrique ».

