LA RESPONSABILITÉ DES BAILLEURS DE FONDS
Avec le recul, la conception des engagements de 2005 comportait des défauts inhérents. Le Communiqué de 2005 présentait une série d’objectifs de résultats ambitieux, notamment permettre l’accès universel aux médicaments antirétroviraux (ARV) et soutenir les plans d’action africains visant à assurer l’éducation pour tous. Ces objectifs s’accompagnaient, séparément, d’un engagement financier global, mais les deux n’étaient pas connectés entre eux. La responsabilité (ou le manque de responsabilité) était un thème récurrent dans le Communiqué, mais les aspirations n’étaient pas associées à des plans d’action, ni à des mécanismes de transparence.
Comme l’ont en outre montré les cinq rapports DATA, toutes les tentatives d’évaluation et de suivi ont exigé de gros efforts d’interprétation et une clarification approfondie de l’intention et du sens de certains engagements pour chacun des bailleurs. Il semble également de plus en plus évident que les bailleurs parviennent bien mieux à atteindre des objectifs immédiats (notamment assurer un meilleur accès aux ARV ou scolariser les enfants) qu’à bâtir des systèmes durables, en partenariat avec les pays d’Afrique, pour traiter des problèmes sanitaires ou améliorer la qualité de l’enseignement. Peut-être parce que les objectifs quantifiés ont fait la une des journaux, et parce que les activistes ont uniquement souligné l’importance de ces résultats, les bailleurs se sont précipités pour offrir des services, cocher les cases correspondantes et rendre compte de ces « résultats ». La priorité était moins de construire l’avenir et de créer des mécanismes durables que les pays bénéficiaires auraient conçus eux-mêmes et se seraient véritablement appropriés, en accord avec leurs propres efforts et leurs propres engagements.
La réussite de ces cinq dernières années devrait entretenir une dynamique continue pour 2015, mais le nouveau partenariat stratégique doit également tenir compte des écueils de ces cinq dernières années. Si les engagements individuels restent extrêmement forts, il est évident que le succès de cette entreprise repose sur des objectifs collectifs, liés entre eux et soutenus par des mécanismes indépendants de suivi et d’évaluation. Afin de faciliter l’adoption d’un ensemble d’engagements plus solides pour 2010-15, ONE a collaboré avec un groupe de partenaires pour établir les principes « TRACK », qui déterminent ce qui constitue un engagement satisfaisant ; ces principes devraient orienter la formation d’un nouveau partenariat pour l’avenir.

