QUEL EST L’ENGAGEMENT D’ASSISTANCE AU DEVELOPPEMENT?
Le Canada doublera son assistance internationale entre 2001 et 2010, et celle à destination de l’Afrique entre l’année budgétaire 2003–2004 et l’année budgétaire 2008–2009.
L’engagement du Canada à Gleneagles a été initialement interprété comme le doublement de l’APD à partir d’un point de référence de 1,4 milliards $CAN (1.1 milliards USD) en 2003-04. Après Gleneagles, le Canada a précisé que le point de référence de 2003-2004 était de 1,05 milliards $CAN (750 million USD) parce que les apports d’APD du Canada à destination de l’Afrique sub-saharienne avaient été inférieurs en 2003- 2004 à ce qui avait été anticipé.
Utilisant ce nouveau point de référence, le Canada s’était engagé à porter l’APD à destination de la région à 1.613 milliards $CAN (1.5 milliards USD) en 2008-2009. L’engagement d’APD du Canada était le plus modeste parmi tous ceux des pays donateurs du G7 sur le plan des volumes, et le troisième plus petit comme pourcentage du RNB projeté.
ÉVALUATION GLOBALE
Une augmentation considérable des apports d’APD à destination de l’Afrique sub-saharienne entre 2007 et 2008 a permis au Canada de surpasser son modeste engagement de Gleneagles qui était de doubler son assistance au développement dans la région d’ici la fin de l’année budgétaire 2008-09. Le Canada devrait capitaliser sur ces progrès en prenant un nouvel engagement plus ambitieux vis-à -vis de la région.
Ce pays reste un adepte convaincu de l‘éducation primaire en Afrique sub-saharienne et est également devenu un chef de file de l’amélioration de la qualité de l’APD en s’engageant à délier son assistance au développement d’ici à 2012-13.4 Toutefois, à l’instar des autres pays du G8, le Canada n’accomplit pas de réels progrès pour que « le commerce bénéficie à l’Afrique », surtout dans le domaine de l’aide
au commerce.
PERSPECTIVES
Bien que le Canada soit un des deux seuls pays du G8 à avoir respecté son engagement pour l’Afrique sub-saharienne, cet engagement est relativement peu ambitieux (le deuxième plus modeste du G8 par rapport au pourcentage du RNB) et il a encore perdu de son ambition après Gleneagles par la baisse de son point
de référence.
Dans une année où le Canada devrait rehausser son engagement envers l’Afrique afin d’anticiper sa présidence du G8 en 2010, une récente annonce du gouvernement canadien pourrait refléter une prise de distance avec le continent. En février 2009, le gouvernement a annoncé une nouvelle politique, selon laquelle 80% de son assistance bilatérale serait consacrée à 20 pays hautement prioritaires. Seuls sept pays d’Afrique sub-saharienne figurent sur cette liste, par rapport aux 15 pays qui figuraient en 2005 sur la liste des 25 pays dressée par le gouvernement.7 Cette nouvelle politique aurait des retombées négatives sur plusieurs pays africains comptant sur le robuste soutien bilatéral du Canada. Le gouvernement canadien devrait rendre publics davantage de renseignements sur les futurs niveaux d’APD, qui seront dictés par ce récent changement de politique. Le Canada a la réputation bien établie, depuis le Sommet de Kananaskis en 2002, d’intercéder auprès du G8 pour que la priorité soit donnée à l’Afrique sub-saharienne. Le Canada qui accueillera le Sommet du G8 en 2010, doit réaffirmer son engagement en faveur du développement africain en aiguillant le G8 vers l’élaboration d’un cadre pour l’après Gleneagles, entre autre un nouvel objectif d’APD canadien plus ambitieux, tendant vers l’objectif des
0,7% du rapport APD/RBN, avec un calendrier d’exécution bien défini et le leadership pour réclamer l’intensification des investissements et des échanges commerciaux sur le continent.
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