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Responsabilité

Responsabilité et transparence sont essentielles dans la lutte contre la pauvreté et les maladies. Le succès dépend non seulement d’un renforcement de l’aide des pays donateurs, et de la qualité de cette aide, mais aussi d’un engagement fort de la part des pays bénéficiaires en termes de responsabilité et de bonne gouvernance. L’aide au développement ne pourra atteindre pleinement ses objectifs que si elle est utilisée de façon responsable et harmonisée, et si elle s’accompagne d’une lutte déterminée contre la corruption et le renforcement de la gouvernance des pays bénéficiaires. Le rôle des pays pauvres et leur engagement dans la lutte contre la corruption et l’amélioration de la gouvernance sont indispensables pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement. De plus, les pays donateurs, notamment les pays membres du G8, peuvent faire beaucoup plus pour garantir une utilisation responsable de l’aide.

Les pays donateurs partenaires du développement et les gouvernements bénéficiaires doivent s’assurer que l’aide au développement s’accompagne d’efforts complémentaires sur les points suivants :

  • Transparence : Les pays donateurs et bénéficiaires doivent rendre des comptes, de façon exhaustive et transparente, pour l’ensemble de l’aide reçue et la façon dont elle est utilisée. Tous les flux d’aide des donateurs et tous les budgets publics des pays bénéficiaires, recettes, dépenses, marchés publics et concessions de services publics, doivent être portés sans retard à la connaissance des citoyens et de la presse.
  • Publicité des versements : Tous les pays étrangers doivent publier de façon transparente ce qu’ils versent à des gouvernements étrangers, de façon à ce que les citoyens de ces pays puissent tenir leurs gouvernements responsables de l’affectation des sommes reçues. De même, les gouvernements des pays en développement doivent publier de façon transparente ce qu’ils reçoivent des entreprises, en adhérant à l’Initiative pour la Transparence des industries extractives (ITIE). Les donateurs doivent poursuivre les individus et les personnes morales qui se livrent au trafic d’influence.
  • Amélioration de la gouvernance : Les efforts pour accroître la transparence et la responsabilité des gouvernements, tels que le Mécanisme africain d’évaluation par les pairs doivent être redoublés et mettre l’accent sur le développement des capacités.
  • Recouvrement de fonds détournés : La valeur des détournements détenus sur des comptes bancaires dans des pays développés est estimée entre 20 et 40 milliards de dollars par an – ce qui représente entre 20 et 40% des flux d’APD. Le recouvrement ne serait-ce que d’une partie de ces détournements pourrait servir à financer le développement des infrastructures et la réduction de la pauvreté. Tous les gouvernements devraient ratifier et veiller à l’application de la Convention des Nations Unies contre la corruption (CNUCC), qui a établi un mécanisme de recouvrement et de restitution des fonds détournés et des règles pour empêcher des responsables politiques et autres individus coupables d’actes de corruption de trouver asile. Les pays donateurs doivent veiller au respect de la CNUCC, et s’assurer que les pays pauvres ont les capacités nécessaires pour mener à bien leurs actions de recouvrement.