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Changement climatique

Les négociations sur le climat qui auront lieu en 2008 à l’échelle mondiale offriront aux responsables politiques de la planète une occasion unique d’aborder la question de l’impact du changement climatique sur les régions les plus défavorisées du monde, et notamment l’Afrique subsaharienne. Bien que la responsabilité du changement climatique n’incombe pas à l’Afrique, les conséquences du réchauffement de la planète auront un impact démesuré sur les populations pauvres du continent africain. Les pays riches doivent absolument faire baisser rapidement leurs émissions de gaz à effet de serre et aider l’Afrique à éviter les pires conséquences du réchauffement climatique.

Des raisons d’agir
Les rapports du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat et du Programme des Nations Unies pour le Développement contiennent les premières données consternantes concernant l’impact que pourrait avoir le changement climatique sur le développement du continent africain. Les impacts prévus pourraient être les suivants:

  • Une baisse de la productivité dans le secteur agricole: Les zones arables, la durée des saisons de culture et le potentiel de rendement des cultures de base sont voués à une forte baisse. Les taux de rendement de l’agriculture dans certains pays africains pourraient baisser de 50 % avant 2050 et le revenu net des cultures pourrait diminuer de 90 % avant 2100.
  • Une pression accrue en termes de disponibilité de l’eau : le changement climatique aura également un effet considérable sur la disponibilité de l’eau en Afrique. Avant 2020, 75 à 250 millions d’habitants supplémentaires, en Afrique, devraient être exposés à une pénurie d’eau encore plus importante en raison du changement climatique.
  • Hausse du niveau des mers: dans le monde entier, le niveau des mers pourrait augmenter rapidement suite à une destruction accélérée de la calotte glaciaire. En Afrique, des écosystèmes très productifs, qui constituent la base d’importantes activités économiques telles que le tourisme et la pêche, sont situées dans des zones côtières. Au total, 70 millions d’habitants et 30 % des infrastructures côtières pourraient être exposées au risque d’inondations d’ici 2080 en raison de la montée du niveau de la mer.
  • Risques pour la santé humaine:le changement climatique affectera la santé humaine à travers une série de variables telles que le changement de température, l'exposition à des événements climatiques extrêmes, l’accès à la nutrition et la qualité de l’air. Les hauts-plateaux de l’Ethiopie, du Kenya, du Rwanda et du Burundi, jusqu’ici épargnés par le paludisme, pourraient subir une modeste incursion de cette maladie d’ici 2050, mais les conditions pourraient devenir extrêmement propices à la transmission de la maladie d’ici 2080. Au total, 260-320 millions de personnes sur la planète pourraient vivre dans des zones infestées par le paludisme.
  • Menaces pour l’écosystème et la biodiversité:les changements dus au réchauffement climatique pourraient donner lieu à une modification des espèces et à des changements dans la productivité des arbres, entraînant une pression accrue sur l’écosystème des forêts. Selon certaines études, 25-40 % des mammifères, parmi lesquels le zèbre, par exemple, pourraient être menacées d’extinction ou avoir totalement disparu d’ici 2080.

Poursuivre les efforts : Adaptation et Atténuation
Pour répondre au changement climatique, il faut agir sur deux fronts: l’“atténuation” du réchauffement climatique par une réduction drastique des émissions de gaz à effet de serre et l’“adaptation” au changement climatique actuel et futur, en se préparant à ses conséquences. Sur le front de l’atténuation, le G8 et les autres nations développées doivent adopter les mesures nécessaires pour faire en sorte que les températures, dans le monde, n’augmentent pas de plus de 2 degrés Celsius au-dessus des niveaux de l’ère préindustrielle. Ils devraient commencer par définir d’un commun accord un cadre plus ambitieux de réduction de l’émission de gaz à effet de serre exigeant, d’ici 2050, une baisse de 80 % des émissions de CO2 par rapport à leur niveau de 1990, et un apport en énergies renouvelables de 20 % d’ici 2020. Le coût annuel de la stabilisation des émissions de gaz à effet de serre au niveau mentionné plus haut pourrait se limiter à une moyenne de 1,6 % du PIB mondial d’ici 2030. Il ne s’agit pas d’un investissement négligeable, mais le coût de l’inaction pourrait être bien supérieur. Le Rapport Stern sur les aspects économiques du changement climatique estime que le coût du « business as usual » - le « comme si de rien n’était » - pourrait atteindre 5-20 % du PIB mondial par an.

Deuxièmement, selon le principe du “pollueur payeur” largement reconnu dans les pays riches, le G8 devrait assurer le financement pour aider les communautés les plus pauvres et les plus vulnérables à s’adapter au changement climatique. Même en adoptant des mesures drastiques et immédiates pour atténuer les émissions de CO2, le réchauffement climatique se poursuivra pendant toute la première moitié du 21ème siècle. Les approches en matière d’adaptation se concentrent sur des infrastructures physiques “climate proofing” (prenant en compte le changement climatique) et sur la réduction de la vulnérabilité des populations par une politique d’investissements publics, des programmes de protection sociale et par les programmes de développement existants tenant compte du changement climatique.

Troisièmement, le G8 devrait travailler en étroite collaboration avec les gouvernements africains et le secteur privé pour définir des processus de développement à faibles émissions de gaz carbonique par la mise en place de politiques efficaces et de technologies à faible consommation d’énergie susceptibles d’encourager le développement durable. Le Rapport sur le Développement Humain a appelé à la création d’un Fonds pour l’Atténuation du Changement Climatique capable de fournir 25 à 50 milliards de dollars par an pour financer des investissements à faibles émissions de gaz carboniques dans les pays en voie de développement.

Les pays du G8 doivent faire en sorte que les ressources consacrées à l’adaptation viennent s’ajouter à leurs engagements en termes d’aide à long terme. Le terme “adaptation” comprend une vaste série de réponses visant à aider les gouvernements, les communautés et les individus à affronter l’impact du changement climatique. Les risques supplémentaires associés au changement climatique font augmenter les coûts de réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement. C’est la raison pour laquelle, l’augmentation du financement destiné à l’adaptation doit constituer une ressource complémentaire et ne doit pas soustraire des ressources aux actions en faveur de la pauvreté dans le monde.