May 2nd, 2012 3:09 PM UTC
By Leonard Francelet
De nombreux petits exploitants du Malawi ont énormément de difficultés à gagner suffisamment d’argent pour nourrir leur famille et envoyer leurs enfants à l’école. Améliorer le secteur laitier dans ce pays est l’une des pistes permettant de remédier à cette situation.
Donata Kuchawo est une femme mariée de 45 ans qui élève ses cinq enfants et deux orphelins. Si elle s’est tournée vers la production de lait, c’est parce que la culture du maïs et des haricots ne lui procurait pas des revenus suffisants pour subvenir aux besoins de sa famille. Grâce au Chitsanzo Milk Bulking Group – une coopérative laitière active dans les zones rurales du Malawi soutenue par Land O’Lakes, General Mills et USAID – Donata peut à présent payer les frais de scolarité de ses enfants et aider les enfants de sa sœur défunte. Mieux, elle a même pu construire une maison pour sa grande famille.
C’est en 2007 que Land O’Lakes, une des plus grandes coopératives américaines, a commencé à travailler aux côtés d’agriculteurs et d’éleveurs du Malawi, en investissant dans l’achat de vaches laitières et d’une cuve de réfrigération pour ces petites exploitants. Land O’Lakes a aussi lancé une idée tout à fait inédite en demandant aux bénéficiaires d’offrir leur premier veau femelle à un autre exploitant, en guise de remboursement du prêt consenti pour l’achat de la première vache. Donata est l’une de ces bénéficiaires. Sa vache, qu’elle a baptisée Zowari, produit environ 30 litres de lait par jour. Quatre litres sont utilisés pour la consommation domestique et les 26 litres restants sont vendus par l’intermédiaire du groupement laitier.
Une seule vache peut multiplier par six le revenu d’un agriculteur/éleveur malawien – le revenu moyen ne dépassant pas 250 dollars au Malawi – et le sortir ainsi d’une situation d’extrême pauvreté. Bien développé, le secteur laitier peut aussi contribuer à diminuer la dépendance vis-à-vis des importations, ce qui a pour effet de faire baisser le prix des produits laitiers.
Chaque jour, des membres du Chitsanzo Milk Bulking Group vont livrer en vélo 30 à 40 litres de lait cru frais. Ce lait a d’abord été soumis à des tests et transvasé dans de grandes cuves de réfrigération. Le lait est ensuite stocké dans ces cuves et collecté tous les deux jours environ par Lilongwe Dairies Limited, une entreprise d’achat et de traitement du lait de Lilongwe, la capitale du pays, située à une bonne soixantaine de kilomètres.
Le Chitsanzo Milk Bulking Group compte plus de 260 membres, dont 150 femmes. Ce groupement ne se contente pas d’aider les exploitants à se procurer du fourrage de meilleure qualité pour leurs vaches, d’assurer les soins vétérinaires et de leur offrir des services financiers, comme une assurance sur le bétail et des services bancaires par téléphonie mobile. Il fait également don d’une partie de la production laitière à des centres d’accueil pour enfants et des orphelinats de la région. Le groupement a également mis en place un système majeur de soutien nutritionnel pour les petits exploitants et leur famille et sert aussi de point d’accès aux services de prévention du VIH.

Donata est une remarquable source d’inspiration mais aussi la preuve que lorsque vous donnez quelques outils à des fermiers, ce sont des familles et des communautés entières qui finissent par en profiter. Devenue une vraie femme entrepreneur, elle a investi dans une nouvelle exploitation porcine et a embauché cinq personnes qui l’aident à gérer sa petite entreprise laitière et à s’occuper des récoltes. Donata épargne également de l’argent pour s’acheter une deuxième vache. Sa génisse est actuellement pleine et elle espère qu’elle mettra bas une jeune femelle. Si c’est le cas, elle l’offrira à la prochaine famille sur la liste d’attente.
On a sans doute du mal à imaginer qu’une simple vache peut ainsi changer la vie d’une famille, mais ce genre de petit miracle se produit tous les jours dans les zones rurales du Malawi.
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06/05/2012 at 09:07
Cela me rappelle les débuts de l’ouevre d’un proffesseur, celui qui aura plus tard le prix nobel d’économie, un des fondateurs du micro-crédit à grand echelon au Bangladesh, Muhammed Yunus. C’est prometteur d’autant plus que là; la récolte des fruits en forme d’une naissance feminine se redistribue et rembourse la dette. Enfin des concept beau et utile!