Jun 12th, 2012 3:01 PM UTC
By Coline Grunblatt
ONE était présent à l’ouverture du Forum Rio + 20, organisé par le Club France Rio+20, qui s’est tenu le vendredi 8 juin à la Grande Halle de la Villette.
A moins de deux semaines de la tenue de la Conférence sur le développement durable des Nations Unies au Brésil qui réunira des représentants de 173 Etats, le Club avait invité des personnalités politiques, des ONG, des étudiants et des journalistes pour aborder les enjeux du sommet.
A cette occasion, le Président de la République s’est exprimé pour la première fois sur l’environnement ainsi que sur les liens entre développement des pays du Sud et développement durable. Nicole Bricq, ministre en charge de l’écologie, Pascal Canfin, ministre en charge du développement, qui accompagneront notamment le président au sommet se sont également exprimés.
Comme Ban Ki-moon, Secrétaire général des Nations Unies l’a précisé, le sommet Rio + 20 aura pour objectif « une économie verte, durable, qui préserve la santé de l’environnement tout en soutenant la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) par le biais d’une hausse des revenus, de la création d’emplois convenables et de l’éradication de la pauvreté ». Il est donc clair que la lutte contre la pauvreté et la protection de l’environnement vont de pair.
Le sommet Rio+20 a par ailleurs à son agenda le futur des OMD après leur échéance en 2015 et leur possible intégration à des indicateurs de développement durable.
Cette solution est d’ailleurs défendue par le ministre du Développement français. Ce dernier l’a précisé en parlant d’un seul et unique « agenda social et environnement » pour l’après 2015.
En effet, à l’heure où une personne sur 5 sur la planète vit avec moins de 1,25 dollars par jour et où 2,6 milliards de personnes n’ont toujours pas accès à l’assainissement, la mise en place d’un tel agenda semble indispensable. Comme l’affirme la FAO dans son dernier rapport : « le développement durable ne peut pas être réalisé sans que la faim et la malnutrition ne soient éradiqués ».
Quant au président de la République, il a souligné trois objectifs thématiques dans son discours :
- Un accès plus équitable et universel aux énergies renouvelables, il a parlé de « nécessité de s’attacher à l’éradication de la précarité énergétique » ;
- La sécurité alimentaire en promouvant l’agriculture durable et en « freinant le rachat des terres dans les pays du Sud » ;
- Et, enfin, le soutien à l’économie verte, avec une insistance sur l’économie sociale et solidaire qui “créé de l’activité et de l’équilibre sur les territoires”.
Il souhaite également que cette rencontre de haut niveau permettra de défendre « un nouveau modèle de développement » qui reconnaisse que « les pays développés ne sont pas seuls au monde. Notre génération n’est pas la dernière de toutes. L’humanité n’est pas la seule espèce vivante de la planète » malgré un contexte économique et diplomatique international morose et complexe.
François Hollande a conclu son discours plutôt volontariste en souhaitant que le Programme des Nations Unies pour l’environnement soit renforcé et devienne une véritable Organisation des Nations Unies (comme l’Organisation mondiale de la santé par exemple), basée à Nairobi au Kenya en signe de “reconnaissance pour l’Afrique, de la prise en compte de la diversité, dont ce continent est le plus beau symbole”.
Ce lancement a également été l’occasion pour Pascal Canfin, qui animera un groupe de travail sur les financements innovants à Rio, de réaffirmer la nécessité de mettre en place des outils financiers afin de « financer le développement » et l’importance d’examiner les flux financiers qui sortent des pays du Sud, dix fois supérieurs aux flux d’aide publique au développement qui y entrent.
ONE France est particulièrement attentive à ces deux points. En effet, la création d’une taxe sur les transactions financières (TTF) dont les revenus seraient dédiés au développement et à la lutte contre le changement climatique permettrait de générer des revenus complémentaires pour venir en aide aux pays les plus pauvres. Aussi, une réglementation obligeant les industries extractives à publier les paiements qu’elles effectuent dans les pays du Sud, projet par projet, permettraient aux citoyens de révéler la corruption.
Et nous espérons que la France jouera un rôle moteur sur ces enjeux, à Rio+20 et au-delà.
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