Journée mondiale de la pneumonie

Par Abla Aït m’barek, membre de ONE

Ce lundi 12 novembre 2012 marque la quatrième journée mondiale de la pneumonie. Cette maladie est la première cause de mortalité infantile (enfants de moins de cinq ans) dans le monde.

En 2011 seulement, 1,3 million de jeunes enfants sont morts de la pneumonie, soit plus que du sida, du paludisme et de la rougeole réunis. Pourtant, la pneumonie est une maladie que l’on peut prévenir, et même soigner ! Ainsi, bon nombre de ces vies pourraient être sauvées par un simple vaccin contre les principales causes de la pneumonie.


La journée mondiale de la pneumonie a été créée en 2009 par la Coalition mondiale contre la pneumonie de l’enfant[i]. Elle a pour but de sensibiliser les responsables politiques, les professionnels de la santé mais également les citoyens comme vous et moi au problème de santé publique que constitue cette maladie.

Il s’agit de contribuer à la prévention du grand nombre de décès évitables que cause la pneumonie chaque année. Ainsi, lors de la première journée mondiale de la pneumonie en 2009, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et le Fonds des Nations Unies pour l’enfance ont lancé avec les autres membres de la coalition le Plan d’action mondial pour prévenir et combattre la pneumonie (GAPP). Ce plan met l’accent sur la nécessité de favoriser l’accès aux vaccins, d’améliorer la nutrition (via l’allaitement maternel exclusif par exemple), de réduire la pollution de l’air intérieur, et d’augmenter l’accès  aux médicaments antimicrobiens qui peuvent traiter la pneumonie.

A Brazzaville, capitale de la République du Congo, Anne Loumpangou raconte comment sa fille de 3 ans Emmanuelle a évité, in extremis, la mort que lui réservait la pneumonie. Emmanuelle souffrait de fièvre, de problèmes de respiration, elle avait du mal à dormir et pleurait sans cesse. Le paracétamol que lui administrait Anne n’ayant aucun effet, celle-ci décide de la conduire à l’hôpital. Le médecin lui annonce qu’Emmanuelle souffre de pneumonie et que ses poumons sont déjà atteints. On lui apporte alors les soins nécessaires, et quelques jours après, Emmanuelle est remise sur pied. « Désormais, je saurai reconnaitre les signes de la pneumonie et je vais témoigner de mon expérience auprès des voisines et de ma communauté pour qu’elles sachent que leurs enfants ne doivent pas courir les mêmes dangers que ma fille. Elles doivent faire correctement vacciner leurs enfants et dès les premiers signes de la maladie, elles doivent aller au centre de santé pour des soins adéquats » confie Anne.

Il est donc possible de sauver la vie des enfants déjà atteints par la maladie, mais également de prévenir celle-ci grâce notamment au vaccin contre le pneumocoque.

Et en matière de distribution de vaccins, nous pouvons citer le rôle majeur joué par GAVI Alliance. Il s’agit d’un partenariat public privé réunissant une multitude d’acteurs travaillant de concert  afin de soutenir et développer l’accès à la vaccination dans les pays pauvres. Parmi les membres de GAVI Alliance, nous retrouvons l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), l’UNICEF, la Banque Mondiale, la Fondation Bill et Melinda Gates, et bien d’autres acteurs encore dont notamment des instituts de recherche. Pour la période 2011-2015, GAVI Alliance met l’accent sur l’introduction des vaccins antipneumococciques et antirotavirus, qui vont permettre de lutter non seulement contre la pneumonie mais également contre la diarrhée, les deux maladies infantiles les plus meurtrières.

Il est temps que ces maladies devenues évitables grâce aux progrès de la science soient évitées grâce notamment à la solidarité. Il ne s’agit pas là de sauver la vie de millions d’enfants dans un simple élan de générosité et de charité, il est ici question de justice.


[i] Il s’agit d’un réseau d’organisations internationales, gouvernementales, non gouvernementales, communautaires, mais également d’instituts de recherche et d’établissements universitaires, de fondations et de personnes.