Inscrire la transparence au cœur du nouveau cadre de développement post-2015

En 2000, la Déclaration du millénaire a permis un rassemblement de l’ensemble des pays de planète autour des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD). Une série de 8 objectifs visant notamment à diviser par deux l’extrême pauvreté dans le monde et à améliorer le bien-être des populations les plus vulnérables.

Les OMD ont permis à tous les acteurs, et en particulier les gouvernements, de rassembler leurs ressources et leurs efforts autour de ces 8 objectifs spécifiques. Depuis, des progrès sans précédent ont été accomplis :

- plus de 6 millions de personnes habitant en Afrique ont pu débuter et suivre un traitement antirétroviral contre le VIH/sida,

- 5,5 millions de vies ont été sauvées grâce à des vaccins plus utilisés et plus accessibles,

- plus de 50 millions d’enfants supplémentaires ont été scolarisés en primaire.

Treize ans après la Déclaration du millénaire, au moins 60 pays en voie de développement sont en bonne voie d’atteindre certains de ces objectifs, tandis que d’autres restent en retard. Cet élan et cette appropriation des OMD par l’ensemble des acteurs du développement a changé la manière dont la lutte contre la pauvreté était menée, et continuera à influencer le monde d’ici à 2015 (date limite pour atteindre OMD).

Cependant, au-delà de 2015, la tâche à accomplir reste immense ! Il est donc indispensable à présent de mettre en place un nouvel ensemble d’objectifs pour lutter contre la pauvreté après 2015, qui tiennent compte des réussites et des limites du cadre précédent. Ce nouveau plan d’action s’étendra sur les prochaines décennies et il est donc essentiel que la nouvelle architecture soit la meilleure possible dès sa définition.

Les Nations Unies ont ainsi nommé un groupe d’experts pour travailler sur ces nouveaux objectifs post- 2015. Ce Panel de haut niveau des éminentes personnalités sur l’Agenda pour le développement (PHN) est coprésidé par le Premier ministre britannique, David Cameron, la Président de la République libérienne, Ellen Johnson Sirleaf, et le Président de la République d’Indonésie, Susilo Bambang Yudhoyono.

co chairs of UN HLP Susilo Bambang Yudhoyono of Indonesia, Cameron, Ellen Johnson Sirleaf of Libera. Credit UN

Les co-présidents du Panel de haut niveau sur l’Agenda pour le développement (PHN) : le Président indonésien Susilo Bambang Yudhoyono, le Premier ministre britannique David Cameron et la Présidente du Libéria, Ellen Johnson Sirleaf. Crédit: UN

Pour faire en sorte que le cadre post-2015 ait un impact encore plus important sur la vie des personne les plus pauvres dans le monde, il est indispensable que l’ouverture – notamment la transparence, la responsabilité et la participation publique -  soient au cœur de ce nouveau cadre de développement.

Ainsi ONE, en partenariat avec d’autres organisations*, publie un rapport intitulé « Ouvert au développement ». Ce dernier demande au PHN de s’assurer que les nouveaux objectifs de lutte contre la pauvreté répondent aux priorités des populations les plus pauvres. En effet, il est essentiel d’établir un processus participatif, un cadre de suivi clair et des portails de données ouverts à tous, permettant ainsi aux citoyens d’engager la responsabilité de leurs dirigeants et de rendre ces dernier redevable vis-à-vis de leur population. Notre rapport a d’ailleurs été remis au PHN en main propre.

Vous vous demandez certainement ce que nous entendons exactement par « ouvert », « transparent » et « redevable » ?

- Pour faire simple, notre rapport appelle l’ensemble des pays à s’engager à fournir des informations régulières permettant de suivre, en temps réel, l’état de réalisation des objectifs.

- Nous demandons également à ce que les capacités statistiques des pays en voie de développement soient renforcées et soutenues financièrement ; afin que des bases de données ouvertes (suivant les normes « open-data ») puissent être facilement accessibles et compréhensibles par tous. Cela permettra aux citoyens des pays développés, mais aussi ceux des pays en voie de développement qui sont les plus concernés, d’obtenir des informations pertinentes afin de tenir responsables les gouvernements sur la manière dont ils utilisent cet argent et sur les résultats qu’ils obtiennent. Cela leur permettra également de prendre de meilleures décisions, basées sur une meilleure information.

- Enfin, nous demandons à ce que les priorités des citoyens des pays en voie de développement, qui seront les plus concernés par ces nouveaux objectifs, soient prises en compte. Grâce aux progrès technologiques de la dernière décennie, en particulier la croissance rapide de l’utilisation des téléphones portables dans les pays en voie de développement, il est aujourd’hui plus simple qu’il n’a jamais été de s’assurer que cela soit le cas. Il n’y plus aucune excuse pour ne pas écouter leur opinion.

Pour ONE, la prise de décision concernant ces OMD 2.0 devrait se faire de manière transparente, ouverte et de prendre en compte les réelles priorités de développement. Les objectifs actuels ont d’ores et déjà permis des avancées majeures en matière de développement. Nous parlons à présent d’un nouveau chapitre, et il est crucial que les citoyens puissent participer à son écriture dès à présent et tout au long de leur mise en place.

* Nos partenaires internationaux pour cette action sont les suivants : Center for Transparency and Accountability au Liberia (CENTAL), Development Initiatives, Fundar (Mexique), Global Witness, Global Movement for Budget Transparency, Accountability and Participation, Integrity Action, International Budget Partnership, Luta Hamutuk Institute (Timor Est), Publish What You Fund, Publiez ce que vous payez, Revenue Watch Institute, Transparency International et W3C (Brésil).