G20 de Séoul : du ‘tigre asiatique’ au ‘lion africain’

Alors que la présidence du G20 passe de la Corée à la France, quel bilan tirer du Sommet de Séoul ?

L’engagement, pris dans le communiqué du G20 de Séoul, de mettre la croissance durable au cœur d’une nouvelle stratégie pour le développement mondial est une bonne chose. La recette proposée par le ‘tigre asiatique’ dans le consensus de Séoul pourrait réellement permettre l’émergence de ‘lions africains’.

Les 9 piliers du ‘consensus de Séoul’ – notamment,  construction d’infrastructures, encouragement de l’investissement privé et accès aux ressources financières – peuvent efficacement aider les économies africaines à créer les conditions propices à la croissance. L’Afrique a le potentiel de devenir l’un des leaders dans les solutions de production d’énergie verte. Le continent peut aussi constituer un nouveau marché d’exportation majeur pour les pays du G20 et une nouvelle source pour la demande mondiale.

Mais se focaliser sur la promotion de la croissance dans les pays à faibles revenus ne doit pas être une excuse pour renoncer aux ou aux efforts nécessaires pour combattre la corruption, ni aux promesses existantes d’aide publique au développement, qui contribuent au développement humain et économique. L’agenda du G20 coréen, qui reprend une partie de la recette qui a conduit au succès des « tigres asiatiques », ne doit pas être utilisé par les pays développés pour revenir sur leurs engagements sur le développement.

Les investissements dans l’agriculture, la santé et l’éducation, ont permis à la Corée du Sud d’accomplir son propre miracle économique. Ils doivent aussi faire partie intégrante d’une stratégie du G20 pour une croissance partagée. L’aide publique au développement sera nécessaire pour aider à construire des infrastructures pour la croissance et renforcer les systèmes de gouvernance, et pour faire face aux besoins fondamentaux en matière d’éducation, de santé et la lutte contre la faim dans le court et le moyen terme, tandis qu’une croissance durable et équitable peut créer la prospérité à long terme, qui éliminera finalement le recours à l’aide.

Nous avons besoin d’un agenda combinant une aide efficace, une croissance génératrice de richesses partagées et une bonne gouvernance.