Jul 15th, 2011 1:29 PM UTC
By Friederike Röder
Nos lecteurs réguliers le savent : beaucoup de pays pauvres, surtout en Afrique, ne le sont pas réellement compte tenu de l’abondance de leurs ressources naturelles. Mais pour le moment, plutôt que de fournir des services de base aux citoyens, ces ressources naturelles ont été une malédiction pour ces pays. Mais cette malédiction n’est pas fatale.
C’est Stephen P. Groff, Directeur adjoint pour le développement à l’OCDE, qui le rappelle dans un excellent article qui vient d’être publié: http://www.huffingtonpost.com/stephen-p-groff/conflict-minerals-handsof_b_894778.html. Malheureusement l’article n’existe qu’en anglais pour le moment.
Stephen P. Groff explique que des premiers pas pour contrer cette malédiction ont déjà été entrepris : l’année dernière, les Etats-Unis ont adopté une loi qui oblige toutes les entreprises actives dans les mines, le gaz et le pétrole et cotées à la bourse de New York, de publier tous leurs paiements. Ces informations seront indispensables pour s’assurer que les revenus générés par les ressources naturelles ne disparaissent plus de manière obscure et pour que les citoyens puissent, enfin, demander des comptes à leur gouvernement.
Les pays membres de l’OCDE viennent d’adopter des lignes directrices pour des chaînes d’approvisionnement responsables qui devraient s’appliquer notamment aux minerais de provenance de zones de conflit comme la RDC. Ces recommandations devraient aider les entreprises à anticiper, à gérer les risques tout le long de la chaîne d’approvisionnement et à encourager les investissements dans des bonnes pratiques durables, ce qui aura un impact de développement plus large pour la population. Ceci devrait permettre aux entreprises de continuer leurs activités dans des zones de conflit et de maintenir les emplois, sans pour autant alimenter le conflit.
Deux choses importantes restent à faire : (1) ces lignes directrices doivent être mises en œuvre par les compagnies et (2) la société civile, tant au niveau local qu’international, doit y veiller.
De même, nous attendons avec impatience les propositions de l’Union européenne pour suivre l’exemple des Etats-Unis et adopter également une loi obligeant les entreprises extractives à publier leurs paiements. Comme Christine Lagarde l’a dit récemment à une conférence de l’OCDE : il faut créer « les conditions d’un level playing field, qui ne soit pas un nivellement vers les bas, mais vers les pratiques et les standards les plus élevés. »
TAGS: Afrique, Bonne gouvernance et transparence