Dec 5th, 2012 6:18 PM UTC
By Malaka Gharib
Entretien avec Fogué Foguito, directeur exécutif de Positive-Generation.
Nous sommes très heureux d’annoncer le gagnant de la cinquième édition annuelle du Prix ONE pour l’Afrique : Positive-Generation! L’organisation camerounaise s’est donné pour mission de garantir le respect des Droits Humains des personnes infectées et affectées par le VIH.
Avec plus de 250 candidats à travers l’Afrique et parmi cinq finalistes de qualité, le choix a été difficile. Mais finalement, l’équipe de ONE Afrique a estimé que Positive-Generation était l’organisation la plus innovante et contribuant le plus à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement dans son pays.
Positive-Generation (PG), basée à Yaoundé, capitale du Cameroun, tient le gouvernement camerounais responsable de son engagement d’allouer 15% de son PIB aux services de santé. PG se bat également contre la stigmatisation des personnes séropositives et mène des actions de plaidoyer auprès du gouvernement afin qu’il fournisse gratuitement les traitements. PG est un mouvement de plaidoyer dans tous les sens du terme, et a parfaitement saisi comment insuffler un réel changement sur la question du sida au Cameroun.
C’est pour cette raison que ONE était particulièrement ravie de donner à PG ce prix mérité de 100 000 dollars, à l’occasion du Forum des Partenaires de GAVI Alliance aujourd’hui à Dar es-Salaam, en Tanzanie. Grâce à cette dotation, les dix membres de l’équipe vont renforcer leur capacité à lutter contre le VIH dans les communautés locales.
Mon collègue Ali Ba et moi-même avons eu la chance d’avoir une conversation téléphonique avec Fogué Foguito, directeur exécutif de Positive-Generation, la semaine dernière. Il s’avère que Fogué est membre de ONE depuis 2005 et a signé nos pétitions avant même que ONE Afrique s’installe à Johannesburg. Pendant cet échange, nous avons discuté des stratégies audacieuses de PG afin de garantir les droits des personnes séropositives et des communautés affectées par le sida ainsi que de sa propre vision pour son organisation. Nous lui avons aussi posé la question à un million de dollars : ce que PG entend faire de l’argent qu’ils ont gagné.
Parlez-moi un peu de votre organisation. Que souhaitez-vous accomplir ?
L’organisation a été créée en 1998 par des étudiants qui travaillaient initialement à la lutte contre le sida, mais rapidement, on s’est orienté vers une approche en faveur des droits humains. Nous nous sommes en effet rendu compte que la lutte contre le VIH est essentiellement une question de droits, de santé et de liberté, et c’est donc autour de cela que nous avons commencé à structurer notre cause.
Fogué Foguito, aujourd’hui, lors du prix ONE pour l’Afrique
Pourquoi avoir choisi le nom « Positive-Génération»?
Nous voulons donner de l’espoir à cette génération. Faire comprendre que la séropositivité n’est pas une fatalité. Avant, en tant qu’Africain, si vous étiez diagnostiqué porteur du VIH, vous étiez techniquement mort aux yeux de la société. Mais Positive-Generation est en train de faire évoluer les choses afin de changer cette perspective. Nous essayons d’avoir un discours différent autour de la maladie, un discours positif et porteur d’espoir et non de désespoir et d’indignité. Nous voulons montrer que, politiquement, nous allons tout faire pour être une génération qui contribue au changement dans tous les sens du terme.
Comment menez-vous ces actions en particulier ?
Nous avons une triple approche. Tout d’abord nous voulons élever le débat au niveau politique pour aller au-delà de la simple question de santé publique. Nous ne pouvons pas lutter contre cette maladie en nous positionnant uniquement sur le terrain de la santé, car le seul endroit où le changement peut réellement avoir lieu c’est au sein du gouvernement. Là il y a le pouvoir politique. Nous travaillons à renforcer les capacités des citoyens séropositifs et des communautés touchées par le sida et à leur faire comprendre que le respect de leurs droits, en tant qu’êtres humains est une nécessité pour la santé.
Deuxièmement, nous travaillons avec le système éducatif au Cameroun. Nous allons dans les villages, les écoles et discutons avec les gens et les élèves de multiples sujets : la maladie, leurs corps, les traitements, comment ils peuvent eux-mêmes éviter de contracter le VIH et comment rester en bonne santé.
Enfin, nous mettons l’accent sur la communication et le plaidoyer. Si nous pouvons changer la manière dont les gens parlent du sida, nous pouvons créer une attitude positive vis-à-vis de la maladie, et ainsi réduire la stigmatisation. Si quelqu’un est séropositif, nous lui demandons de témoigner : « Oui, j’ai la maladie, mais je mène une vie saine et digne. » De cette manière, les personnes connaissent mieux la maladie et peuvent en parler de manière plus positive au sein du milieu politique – et pas seulement les séropositifs mais tout le monde. Nous voulons être un mouvement citoyen.
J’ai lu quelque part que votre vision était celle “d’une société où tous les patients ont accès aux traitements”. C’est un message fort.
Oui, cet argument s’inscrit dans le cadre du respect des droits. Avant d’être contaminé, c’est votre droit d’être protégé de cette maladie, de manière à ne pas être stigmatisé et à pouvoir recevoir un bon accès aux traitements. Un pays ne peut pas être démocratique si il ne garantit pas l’accès aux soins pour les personnes à risques ou vulnérables. C’est pour cela que la justice sociale et l’équité font également partie de nos principes.
Qu’est-ce qui vous a poussé à créer cette organisation ?
J’ai vu que les étudiants séropositifs et séronégatifs étaient séparés à l’école. Si tu étais séropositif, tu étais condamné et mis à l’écart. J’avais des amis à l’école qui étaient séropositifs et je ne trouvais pas ça juste qu’ils soient traités aussi mal à cause de leur maladie. J’ai voulu créer un programme où mes amis et d’autres personnes séropositives pourraient être intégrés et ne seraient pas traités comme des citoyens de seconde zone. Mes amis et moi avons alors commencé à déclarer que c’était une injustice, et c’est comme ça que tout a commencé.
Qu’allez-vous faire avec l’argent du prix ONE pour l’Afrique ?
Nous voulons utiliser cet argent pour mettre en place un bureau d’assistance juridique afin de défendre les droits de la population et particulièrement des personnes les plus à risques et les plus vulnérables face au VIH. Nous souhaitons aussi créer un centre régional de formation pour former les leaders de la société civile africaine au plaidoyer. Enfin nous voulons créer un centre communautaire de dépistage du VIH et renforcer nos efforts d’intervention dans les communautés
A votre avis qu’est-ce que les populations des pays développés devraient savoir sur le sida en Afrique ?
Pour éviter les préjugés, il est important que les personnes sur le terrain racontent ce qu’il s’y passe. Elles sont bien placées pour parler de cette maladie, et elles peuvent être leur propre reporter. Je pense aussi que les pays développés qui hébergent de grands groupes pharmaceutiques ne devraient pas empêcher les pays les plus pauvres, comme l’Inde, de produire des antirétroviraux, car la plupart des pays africains ont des capacités financières limitées. Cela montre juste que les pays riches pensent d’abord à leurs propres profits plutôt qu’à mettre fin à cette maladie. Enfin, l’Occident doit s’assurer que son aide au monde en développement ne va pas dans la poche des gouvernements.
Un grand bravo à Positive-Generation pour avoir gagné cette année le prix ONE pour l’Afrique! Joignez-vous à nous pour les féliciter sur leur page Facebook.
Nov 15th, 2012 12:10 PM UTC
By Coline Grunblatt
Confronté à des pluies moins abondantes et des inondations irrégulières, le village semi-aride de Chololo en Tanzanie apprend à s’adapter aux défis du changement climatique.
Photo : le village semi-aride de Chololo en Tanzanie
Grâce à un projet financé par l’UE, le village de Chololo avec ses 3 500 habitants, est en passe de devenir un écovillage modèle – grâce à l’utilisation de mesures d’adaptation au changement climatique et d’atténuation de ses effets.
Le projet d’une durée de deux ans, lancé en octobre 2011, vise à développer un modèle de pratiques durables dans les domaines de l’agriculture, de l’élevage, de l’eau, de l’énergie et des ressources naturelles. Ce modèle pourrait à terme permettre à des millions de personnes dans la région de faire face à l’évolution des conditions climatiques.
«Nous avons choisi Chololo parce que les gens sont très pauvres, à peine capable de se procurer suffisamment de nourriture pour toute l’année car leur agriculture est basée sur une culture purement pluviale», explique le Dr Francis Bernard Njau, gestionnaire du projet Chololo Ecovillage. «Avant le projet il n’y avait pas de système adapté pour récupérer l’eau de pluie. A ce jour 1 111 ménages ont été impliqués dans les différents aspects du projet.”
Le projet d’écovillage a mis l’accent sur les innovations agricoles qui utilisent au mieux les précipitations. Actuellement, 400 agriculteurs ont été formés à l’utilisation de variétés de graines à maturation précoce et résistantes à la sécheresse, ainsi qu’à des techniques de préparation du sol et de conservation de l’eau. En outre, l’approvisionnement en eau du village a été rétablit et le toit de l’école primaire locale a été équipé d’un système de récupération des eaux de pluies, permettant de recueillir dans des réservoirs souterrains, jusqu’à 60 000 litres d’eau.
« Six villages voisins ont désormais accès à l’eau courante grâce à la réparation du puis et le système de récupération des eaux de pluies introduit dans les écoles et dans les foyers est complètement opérationnel », revendique le Dr Njau.
En ce qui concerne le bétail, 118 agriculteurs ont été formés, dont 54 femmes, afin d’améliorer les techniques d’élevage pour 30 taureaux et 60 chèvres. En plus de cela, 120 éleveurs de poulets, en majorité des femmes, ont également commencé à bénéficier de l’amélioration des techniques d’élevage.
Un autre objectif du projet est d’améliorer l’accès aux ressources naturelles grâce à la plantation d’arbres, à l’agroforesterie et à la planification et la gestion communautaire des terres, tout en encourageant l’utilisation de sources d’énergies renouvelables. Déjà 14 668 arbres ont été plantés dans plus de 208 jardins, six églises, une école primaire et au dispensaire, de même que 3 000 arbres dans la réserve forestière du village de 3 acres.
« On apprécie les savoirs qui nous sont transmis que ce soit dans les domaines de l’agriculture, de la sélection de graines ou des techniques agricoles telles que la charrue à bœuf » dit le porte-parole du village de Chololo, Monsieur Michael Jonas Mbumi. « Les groupes de femmes prospèrent, et les plantations d’arbres associées aux fours économes en énergie et au biogaz, nous aident à préserver l’environnement».
Le projet a également considérablement amélioré la sécurité alimentaire du village. « Cette année, malgré des pluies moins abondantes, nous avons obtenu un supplément de récolte de sorghum, de millet perlé, d’arachides et de pois chiches et pois cajan ».
Photo: Collecte d’eau de pluie grâce à un système de captage sur les toits.
L’ancien porte-parole du village, James Maligana, ajoute : « parmi ceux qui ont participé au projet, aucun n’a souffert d’insécurité alimentaire. Avant projet, je récoltais 1 à 2 sacs de millet. Maintenant, j’ai entre 4 et 6 sacs, pour une surface cultivée inférieure. Et pendant les sécheresses prolongées, j’étais quand même capable de récolter 10 sacs alors qu’avant, pendant les bonnes années, c’était maximum 5 ou 6 sacs ».
Les résultats du projet d’écovillage à Chololo sont même venus aux oreilles du parlement tanzanien. Le réel test de ce projet sera donc de répéter ce succès à travers l’ensemble du pays et de l’Afrique de l’Est.
A propos de IRDP
L’Institut tanzanien pour la planification du développement rural (IRDP) fournis des services de formation, de recherche et de consultance dans le domaine de la gestion et de la planification du développement rural. Son objectif principal est de réduire la pénurie de main d’œuvre qualifiée tout en renforçant, de manière durable, les capacités des populations afin de réduire la pauvreté et de permettre un développement durable. L’IRDP dirige une équipe de 6 agences qui travaillent ensemble à transformer Chololo en un éco village.
Pour en savoir plus sur l’IRDP, rendez-vous sur leur site (en anglais) : http://www.irdp.ac.tz
Pour en savoir plus sur l’écovillage de Chololo, rendez-vous sur ce site (en anglais) : http://chololoecovillage.wordpress.com
Oct 29th, 2012 5:50 PM UTC
By blogueur invité
Cela fait des décennies que les agriculteurs en Afrique ont des difficultés pour produire suffisamment de nourriture grâce aux terres dont ils sont propriétaires. Mais dans l’est du Kenya, plus de 50 000 agriculteurs utilisent à présent des techniques innovatrices pour empêcher les ravageurs et les mauvaises herbes de détruire leurs plantations. Les résultats sont impressionnants. Le système, appelé « pousser-tirer », est maintenant repensé pour faire face au défi supplémentaire que représente le changement climatique pour la sécurité alimentaire.
Le système « pousser-tirer » qui a initialement été développé il y a plus de 20 ans par le Centre International de physiologie et d’écologie des insectes (ICIPE), fonctionne en mélangeant des plantes qui éloignent les ravageurs et les mauvaises herbes (pousser), et d’autres, plantées en bordure, qui attirent les ravageurs vers l’extérieur des plantations afin qu’ils pondent leurs œufs là où ils causeront le moins de dégâts (tirer).
C’est une idée simple mais révolutionnaire qui peut presque doubler le volume de nourriture que les agriculteurs récoltent sur leurs terres. De plus, cette technique est peu coûteuse et ne nécessite pas l’utilisation de techniques complexes, ce qui permet aux petits agriculteurs d’y avoir facilement accès. Le système utilise des plantes disponibles localement et s’intègre bien dans les systèmes traditionnels de plantations multiples en Afrique.
« J’ai bénéficié d’améliorations majeures » se félicite Emai Ikapolok David, un agriculteur du district de Teso-Nord au Kenya. « Avant, je récoltais 50kg sur un terrain de 0.4 ares, mais maintenant grâce à la technique de « pousser-tirer », je récolte 540kg de maïs sur la même parcelle. La fertilité de mon sol s’est améliorée et il y a moins de striga (une mauvaise herbe) et d’insectes térébrants (nuisibles perceurs de tiges) dans le jardin ».
La communauté éprouve également un plus grand sentiment de sécurité. « Les cas de vols ont diminué car tout le monde a assez à manger » affirme Eric Odhiambo, le chef adjoint de Ginga, dans le district de Siaya.
Cependant, les agriculteurs d’Afrique sub-saharienne et de la planète doivent maintenant faire face à de nouvelles menaces à cause du changement climatique. Les cultures de la région étant pluviales (non-irriguées), cela crée une hausse de l’incertitude et par conséquence une hausse des demandes concernant la technique du « pousser-tirer », afin de permettre aux plantes de mieux résister aux conditions climatiques de plus en plus irrégulières.
En mars 2011, ICIPE a lancé le projet ADOPT (adaptation et dissémination de la technique du pousser tirer au changement climatique). Le projet d’un montant de 2,9 millions d’euros, financé par l’Union européenne, a pour objectif de créer une forme de « pousser-tirer » résistant à la sécheresse et concernera un million d’agriculteurs d’ici à 2020.
« Grâce au financement que nous avons reçu de la part de l’UE, nous avons pu approfondir nos recherches et impliquer plus d’agriculteurs et plus de pays » affirme Zeyaur Khan, le coordinateur du projet ADOPT d’ICIPE. « Grâce à nos recherches, nous avons trouvé des plantes « pousser-tirer » qui sont plus efficaces que celles que nous utilisions auparavant » a-t-il ajouté, « elles peuvent survivre à des périodes de sécheresse plus longues ».
Le projet ADOP va bénéficier directement à plus de 50 000 petits producteurs de céréales et propriétaires de bétail. Il va également permettre d’améliorer la disponibilité de la nourriture pour plus d’un demi-million de personnes vivant dans des régions sèches et vulnérables au changement climatique au Kenya, en Tanzanie et en Ethiopie.
Les résultats sont impressionnants. « La mise en place et l’adoption de ces plantes « pousser-tirer » adaptées à la sécheresse a permis de tripler les rendements » a précisé Zeyaur Khan. « Sur le long terme, cela va aussi permettre de renforcer la fertilité des sols. Les agriculteurs n’auront plus besoin d’utiliser d’engrais ».
Sans le financement de l’UE, il affirme qu’ICIPE n’aurait pas pu adapter cette technique au changement climatique. « Les autres donateurs ne financent que la technique traditionnelle, c’est pourquoi ce financement est très important à la fois pour nous, mais également pour les pays dans lesquels nous travaillons et pour les petits agriculteurs qui doivent faire face à de longues sécheresses et qui ne peuvent pas produire suffisamment de nourriture pour eux même ».
A propos d’ICIPE
Le Centre International de physiologie et d’écologie des insectes (ICIPE) est un institut international de recherches basé à Nairobi, au Kenya. Sa mission est de lutter contre la pauvreté, d’améliorer la sécurité alimentaire et la situation sanitaire des populations vivant dans les pays du Sud, en créant et développant des outils et des stratégies pour contrôler les arthropodes nuisibles et ceux qui sont utiles, le tout en préservant les ressources naturelles. Ils se basent pour cela sur la recherche et le renforcement des capacités des populations.
Pour en savoir plus sur ICIPE, visitez leur site internet : http://www.icipe.org (en anglais)
Pour en savoir plus sur la technique du « Pousser-tirer » : http://www.push-pull.net (en anglais également)
Oct 29th, 2012 5:21 PM UTC
By blogueur invité
Le blog suivant est de Diana Shuma, responsable plaidoyer au sein de l’agence DSW* en Tanzanie.
Le village de Kware, dans le district de Hai en Tanzanie, a longtemps fait face à une pénurie de personnel médical. Lesservices de santé locaux en ont beaucoup souffert.
Il y a 15 ans, la seule sage-femme de Kware est décédée. Depuis, il n’y a plus qu’un seul et unique médecin pour ce district de 11 000 habitants.
La situation est grave, comme Manka Kway, de l’organisation de développement et de plaidoyer DSW Tanzanie l’explique : « Les femmes, qui ont parfois besoin de soins médicaux de toute urgence, devaient attendre que le docteur revienne le jour suivant ou devaient se déplacer dans un autre centre de soin. Cette situation coûte de l’argent et du temps, et met des vies en danger, particulièrement celles des femmes enceintes et des jeunes enfants. On nous a raconté que cette année, une femme a perdu ses jumeaux en chemin vers l’hôpital de district. Cela aurait pu être évité s’il y avait eu un docteur à plein temps ou une infirmière au dispensaire ».
Le conseiller municipal du quartier sud de Masama, Issa Kisanga, a essayé d’attirer l’attention des autorités de santé du district. « Nous avons envoyé des lettres au responsable du district médical, en demandant une nouvelle sage-femme pour le village et on nous a promis que cela se ferait si nous pouvions lui fournir un logement. Puisque nous avions urgemment besoin d’une sage-femme, nous avons construit une maison pour elle, en utilisant notre propre argent. Mais lorsque la construction s’est achevée, cette nouvelle sage-femme n’a pas été mise en poste à Masama, et la maison est restée vide pendant plus de 15 ans ».
Heureusement une aide est maintenant fournie provenant d’un projet financé par l’Union européenne intitulé « Action Santé » (« Healthy Action » en anglais). Depuis 2010, DSW a mis ce projet en place en Tanzanie, et il a permis de renforcer la capacité des communautés à plaider en faveur de leurs droits à la santé avec plus d’efficacité. Les communautés peuvent ainsi tenir leurs dirigeants et leur gouvernement responsables des décisions qui affectent leurs vies.
En mars 2012, le projet a réunis 32 représentants de communautés venant de 3 villages, dont Kware, afin de discuter de l’état des services de santé reproductive avec les responsables des districts de santé. Résultat : des fonds supplémentaires ont été alloués pour recruter plus de personnel de santé pour le district.
« Pour cet exercice financier, nous avons prévu d’employer 36 travailleurs médicaux supplémentaires, y compris des sages-femmes. Lors de la répartition géographique de ce personnel supplémentaire, la priorité sera donnée aux structures de santé au niveau communautaire et à l’hôpital du district », a souligné le docteur Paul Chaote, le responsable médical du district de Hai, qui était présent à cette rencontre.
« Action Santé » a permis de montrer aux tanzaniens qu’ils peuvent – et qu’ils devraient – avoir leur mot à dire lorsque des décisions concernent leur santé et leur bien-être ; et tenir les décideurs responsables de leurs choix. En faisant cela, ce projet contribue ainsi à l’amélioration de la santé des membres de la communauté pour les années à venir.
* A propos de DSW
DSW est une agence internationale de développement et de plaidoyer. Elle renforce les capacités des jeunes et des communautés dans les pays à faibles et moyens revenus en abordant des enjeux liés à la dynamique des populations et en améliorant la santé qui est un composant essentiel du développement durable. Pour en savoir plus, consultez le site de l’agence (en anglais) : www.dsw-online.org.
Mar 2nd, 2012 5:15 PM UTC
By Wangui Muchiri
“L’Agriculture, c’est l’avenir. La famine doit être de l’histoire ancienne.”
Des dizaines de petits agricultures et de citoyens africains se sont rendus à la résidence du chef de l’Etat de Tanzanie aujourd’hui afin de lui remettre une pétition signée par plus de 16 000 membres de ONE en Afrique. C’était la première fois que le Président de la Tanzanie Kikwete recevait une pétition englobant les signatures de tout un continent, et la première fois que ONE délivrait une pétition sur le sol africain.
(Photo) Les membres de ONE et d’associations partenaires en route vers la résidence du chef de l’Etat.
Le président Jakaya Kikwete a souligné l’importance de l’événement et a déclaré :
“C’est important car ça nous rappelle que l’Agriculture est l’élément vital de notre pays, permettant à nos citoyens de vivre et répondant à leurs besoins de base.”
(Photo) Le docteur Sipho Moyo, directrice de ONE Afrique, remet la pétition au président Kikwete.
Mrisho Mpoto (alias MJOMBA) un poète renommé en Afrique de l’Est a partagé le même point de vue :
« La famine est inacceptable. Elle fait souffrir, affecte la croissance mentale des enfants, affaiblit l’honneur de la famille et de la nation. Les dirigeants du monde ont un rôle à jouer : investir dans l’agriculture, soutenir les générations futures et atteindre les objectifs du millénaire pour le développement ».
La pétition invite en effet les leaders africains à mettre tout en œuvre pour assurer une plus grande sécurité alimentaire pour leurs citoyens en investissant davantage dans l’assistance aux petits agriculteurs. L’ANSAF (Agricultural Non State Actors Forum) qui a été un des partenaires clés de la campagne « Ensemble, mettons fin à la faim », était également présent à l’événement. Les militants de ONE et de leurs partenaires ont invité le président Jakaya Kikwete à être le véritable leader de l’investissement dans l’agriculture durable, afin de montrer l’exemple à d’autres Chefs d’Etat africains.
Le docteur Sipho S. Moyo a également ajouté :
“Si nous voulons réduire la pauvreté, vous devons aller là où la pauvreté est. La réduction de la pauvreté signifie les investissements ciblés vers les petits agriculteurs afin d’employer la main d’œuvre locale, approvisionner les marchés locaux et dépenser les revenus générés sur ces marchés pour créer un effet multiplicateur dans les économies rurales, améliorer l’autosuffisance alimentaire locale et réduire les inégalités rurales. C’est pourquoi l’engagement du Président Jakaya Kikwete à se concentrer sur la construction d’un environnement plus favorable pour les petits agriculteurs est encourageant. Actuellement seulement 7 pays africains ont tenu leur promesse d’affecter 10 % de leur budget à cet investissement – ce nombre doit augmenter avant 2013, et nous sommes enchantés que la Tanzanie prenne les devants. »
La pétition encourage également les leaders africains à démontrent leur volonté d’éradiquer la famine et d’autres fléaux liés à l’agriculture sur le continent par :
Cette pétition fait partie d’une campagne menée par ONE en Afrique, l’ANSAF et d’autres associations africaines qui soulignent l’importance de l’agriculture en Afrique subsaharienne, où plus de trois-quarts des pauvres vivent en dehors des centres urbains et dépendent de l’agriculture.
Audax Rukonge, le Directeur exécutif de l’ANSAF a déclaré :
“MKUKUTA et le plan de développement sur cinq ans de la Tanzanie engagent le gouvernement à aborder l’insécurité alimentaire et la pauvreté, parmi d’autres problèmes. Dans le contexte tanzanien et probablement celui de la plupart des pays africains, la pauvreté est un phénomène rural et l’agriculture est la source de revenus principale des populations. La Tanzanie peut atteindre certains des objectifs du millénaire pour le développement aussi bien que les objectifs de MKUKUTA si nous investissons dans l’agriculture et particulièrement les petits agriculteurs. Il s’agit donc d’augmenter la part affectée à l’agriculture qui bénéficie aux petits agriculteurs et de transformer le secteur pour une croissance économique équitable”.
Les études montrent qu’en 2010 l’agriculture a contribué à au moins 24 % du PIB de la Tanzanie, a représenté 60% de son de l’emploi et a fourni 34 % de ses exportations. L’importance stratégique de l’agriculture dans le combat de la Tanzanie contre la pauvreté est donc indiscutable.
Le potentiel de l’agriculture en Tanzanie et le reste de la région est immense – les bons investissements aujourd’hui peuvent aider à assurer que l’agriculture contribue à mener la transformation économique du continent. Actuellement, la Tanzanie dépense près de 7 % de son budget dans l’agriculture. Il y a presque dix ans les leaders africains ont fait une promesse historique à leurs citoyens : ils devaient dépenser au moins 10 % de leur budget dans l’agriculture et l’élevage. Peu ont tenu cette promesse. Avant ce 10ème anniversaire il est temps qu’ils fassent tous la même démarche afin de mettre fin à la faim en Afrique.
ONE et ses partenaires continuent à se mobiliser et mener campagne sur cette question lors des prochains événements locaux, notamment le sommet de l’Union africaine au Malawi en juillet.
Un GRAND merci à tous les membres de ONE qui ont signé la pétition. Grâce à vous, nous faisons la différence !
TAGS: Afrique, Agriculture, Faim, Famine, Tanzanie
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