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ONE VOTE 2012

ONE VOTE c’est fini. Mais c’est maintenant que tout commence.


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May 8th, 2012 11:46 AM UTC
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Le 12 mars dernier, ONE France lançait une de ses plus ambitieuses campagnes jusque-là : ONE VOTE 2012. L’idée : profiter de l’élection présidentielle pour interpeller les candidats sur la nécessité pour le futur Président de revoir la conception actuelle du lien France-Afrique. De l’aide publique à l’efficacité de l’aide en passant par le devoir de transparence des entreprises françaises présentes en Afrique, tout a été abordé. Pendant près de deux mois, ONE a harcelé les candidats afin d’obtenir des réponses aux trois propositions suivantes :

-       La France doit tenir ses promesses, notamment les 0,7% d’ici à 2015, afin d’être un acteur crédible et le véritable leader d’une mondialisation juste et partagée.

-       L’aide de la France doit être transparente, notamment par le biais d’une loi de programme sur la politique de développement.

-       La France doit s’assurer que ses entreprises contribuent au développement du continent et les contraindre à plus de transparence.

Un site a été développé pour cela et une vidéo mettant en scène les anciens présidents de la République a même été créée afin que cette cause puisse se faire entendre. Vous avez été nombreux à vous mobiliser, à signer la pétition, à « liker » ou « disliker » les propositions.

Et cela a marché. Tous les candidats, à l’exception de Marine le Pen, ont répondu à nos questions. Tous ont livré des réponses diverses et détaillées et certains membres des équipes de campagne des candidats ont même accepté de répondre en vidéo à nos propositions (voir la réponse de Kader Arif, de l’équipe de campagne de François Hollande).

Aujourd’hui, l’élection présidentielle est terminée, et François Hollande a été élu Président des Français. C’est donc à lui que revient la lourde mais nécessaire tâche de revoir le lien unissant la France et le continent africain pour les cinq années à venir.

Dans le cadre de la campagne ONE VOTE, François Hollande s’est engagé auprès de ONE à faire adopter une loi de programme afin d’améliorer le suivi de la stratégie de coopération au développement et de définir une feuille de route crédible vers les 0,7%, tout en augmentant régulièrement l’effort budgétaire d’aide publique. Il s’est également déclaré en faveur d’exiger plus de transparence de l’industrie extractive et forestière dans ses opérations à l’étranger. Il veut même aller plus loin et demander à toutes les entreprises, notamment celles du secteur financier, à divulguer leurs paiements, leurs charges fiscales, leurs chiffres d’affaires etc. Dans ce contexte de crise financière et économique qui perdure, les discussions sur le budget cet automne seront un moment clé pour jeter les bases des politiques de ce nouveau quinquennat.

A ce moment-là, que le nouveau président n’hésite pas à se tenir à ses engagements : il pourra s’inspirer d’un récent sondage qui démontre qu’une politique de développement ambitieuse est soutenue par les Français: seuls 19% de nos concitoyens veulent que l’aide française au développement soit diminuée. Selon une autre enquête parue le mois dernier, 74% des Français se prononcent en faveur de l’utilisation d’une taxe sur les transactions financières pour financer la solidarité internationale.

François Hollande a entre ses mains le pouvoir de hisser notre politique internationale à la hauteur des ambitions de la France. Et les pays d’Afrique devraient être ses premiers alliés stratégiques dans cette aventure. Il ne tient qu’au nouveau président de faire de la relation entre la France et l’Afrique un puissant remède aux défis auxquels nous sommes confrontés et à ouvrir la voie à un meilleur avenir pour tous.  Une première opportunité se présentera au nouveau président dès le 18 mai, lors du sommet du G8, qui discutera d’une initiative pour réduire la faim dans le monde.

Un combat que ONE continuera à défendre, pousser et accompagner. Grand merci à tous chez ONE, aux milliers de membres, fans Facebook et followers Twitter, qui ont signé et partagé la pétition, qui se sont mobilisés et qui ont rendu ces prises de position et ces engagements possibles.

Et merci de continuer à vous mobiliser : ne baissons pas les bras et appelons les leaders du G8, dont François Hollande fait désormais partie, à briser le cercle vicieux de la faim et de la pauvreté en signant la pétition !

La TTF pour le développement – nouveau président, même combat ?


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May 7th, 2012 7:27 PM UTC
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A la fin de l’année dernière, nous vous avions demandé de signer une pétition novatrice : non pas destinée à un chef d’Etat ou au G8, mais pour la première fois à un binôme presque fusionnel de deux chefs d’Etats, en occurrence la chancelière allemande, Angela Merkel, et le président français, Nicolas Sarkozy. Il s’agissait bien sûr de les encourager à avancer plus vite dans l’adoption d’une taxe sur les transactions financières destinée à aider au financement du développement des pays les plus pauvres. Près de 70.000 Français et Allemands ont signé.

Depuis, beaucoup a changé : cédant à la pression de la société civile la France a instauré une taxe sur les transactions financières. Le parlement l’a votée fin février et l’argent devrait être collecté à partir du mois d’août prochain. Avec l’Allemagne, la France continue en même temps à œuvrer pour l’adoption d’une telle taxe au niveau européen.

Autre changement important : Merkozy c’est fini !  Hier, la France a élu un nouveau président. Pour quand Merkollande ? Nous ne le savons pas, mais ce qui est sûr est que l’axe franco-allemand restera important pour l’Europe et peut-être au-delà de l’Europe pour le monde entier. Une taxe sur les transactions financières pour le développement serait un signal fort qui montrerait que les deux pays connaissent bien leur responsabilité internationale. Qu’ils assument cette responsabilité et qu’ils sont prêts à aller de l’avant sur le sujet important qui est le financement du développement et du changement climatique.

Rappelons que François Hollande, dans le cadre de la campagne ONE Vote, s’est engagé à verser une « part importante » de la taxe à la solidarité internationale. Même s’il n’a jamais caché sa préférence pour une taxe européenne, il s’est engagé à verser déjà une partie des recettes de la taxe nationale au développement, compte tenue de la lenteur du processus européen.

La TTF restera donc un sujet important pour ONE : jusqu’où François Hollande sera-t-il prêt à défendre sa position au niveau européen et dans ses tête-à-tête avec Angela Merkel ? Et proposera-t-il au parlement d’inclure cette affectation pour le développement dans la loi de finance, pour la graver dans le marbre ? Le début du quinquennat s’annonce intéressant !

Photo: Luzia Schmincke/Oxfam Deutschland

La crise alimentaire dans le Sahel: à quand la révolte ?


Apr 30th, 2012 4:33 PM UTC
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Faut-il attendre que les médias diffusent des images chocs d’enfants malnutris ? Faut-il entendre des témoignages émouvants de Sahéliens ? Faut-il atteindre un seuil de victimes spécifique?

Au cours de ces dernières années, en raison notamment de faibles pluies durant les périodes humides, le Sahel (qui regroupe l’Algérie, Burkina Faso, le Cap-Vert, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Soudan, le Sénégal et le Tchad) est confronté de manière récurrente à de graves crises alimentaires. Et celle qui sévit actuellement dans cette région d’Afrique, vient nous rappeler à quel point  il est temps que nous agissions pour mettre fin à ce fléau.

 

De quoi s’agit-il ? 

 

Selon le Programme Alimentaire Mondial (PAM), la situation de crise alimentaire est une « situation où il est manifeste qu’il s’est produit un événement ou une série d’événements qui est à l’origine de souffrances humaines ou qui représente une menace imminente pour la vie ou les moyens de subsistance des populations que le gouvernement intéressé n’est pas en mesure de soulager »¹. Dans le cas actuel du Sahel, le PAM parle « d’urgence » pour désigner cette crise.

La source de ce fléau est donc d’ordre multifactoriel : des conditions climatiques qui se dégradent avec des hivernages de plus en plus secs dû à un débit de pluviométrie bas, ce qui entraîne des récoltes moins abondantes et donc des stocks de plus en plus réduits ; à ces  facteurs s’ajoutent souvent des problèmes politiques. Mais est-ce pour autant une raison de ne pas se sentir concerné ou de ne rien faire ?

Pourquoi s’abstenir d’agir quand on peut changer le destin d’une ou de plusieurs personnes ?  Et si c’était vous qui passiez à l’action ou présidiez le mouvement pour sortir de cette crise ?

 

La crise alimentaire du Sahel n’est pas une fatalité et il est possible d’agir pour briser ce mal

 

La crise alimentaire au Sahel, déchire des familles, multiplie les cas de malnutrition infantile, rend impuissants les parents face à la souffrance de leurs enfants et contraint les ONG à débloquer davantage de moyens pour nourrir voire accueillir de plus en plus de personnes. La crise alimentaire est donc un défi suffisamment important pour mobiliser le plus grand nombre.

En France, quand nous sommes en crise, nous descendons dans les rues pour manifester notre colère, nous nous mobilisons à l’appel d’organisations, nous votons pour la personne qu’on estime être capable de gouverner le mieux notre pays.

Mais quand il y a une crise alimentaire dans le Sahel, les seuls moyens pour les Sahéliens de s’en sortir, c’est le soutien et la solidarité manifestés par l’extérieur. Ils n’attendent rien de leurs gouvernements, ils ne sont pas à la recherche d’un homme providentiel mais ont juste besoin de l’attention de chacun d’entre nous.

C’est pourquoi, la crise alimentaire sahélienne nécessite que nous criions aussi notre colère, que nous nous mobilisions, pour que le Sahel n’ait pas affaire encore et encore au même problème. En effet, si nous ne faisons rien, ce sera tous les ans, ensuite tous les mois et enfin toutes les semaines et tous les jours que prendra l’ ampleur de cette crise.

Le Sahel a besoin de nous et nous avons besoin de voir le Sahel continuer à être nourris par ses enfants, ses hommes et ses femmes qui le construisent et nous renvoient une image positive de cette sous région africaine.

Donnons au Sahel les moyens de pouvoir exprimer sa splendeur et tout son potentiel !

En cas de pareille crise, pas de petits gestes, toutes les initiatives sont bonnes pour sortir d’une situation aussi douloureuse tant de personnes.

ONE se mobilise depuis longtemps avec ses campagnes AAA (Agriculture=Alimentation=Avenir), ONE VOTE  2012 ou P***famine, pour qu’à l’avenir ce genre de catastrophe ne se répète pas.

Rejoignez-nous donc pour que ce combat contre la faim dans le Sahel puisse une bonne fois pour toute prendre fin.

 

¹ http://www.banquemondiale.org/themes/crise-alimentaire/rapport/avril-2012.html: « Definition of Emergencies », WFP/EB.1/2005/4-A

ONE VOTE reçu 9 sur 10


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Apr 20th, 2012 2:43 PM UTC
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Début mars, ONE a sollicité tous les candidats à la présidentielle et leur a  demandé de répondre à trois propositions phare qui permettraient de refonder les relations France-Afrique dans le prochain quinquennat. Tous les candidats, sauf Marine Le Pen et Jacques Cheminade, ont répondu à notre campagne ONE VOTE. Jacques Cheminade a envoyé une lettre en s’excusant de ne pas avoir assez de soutiens pour répondre, mais en nous proposant de nous référer à son programme de campagne. Marine Le Pen n’a pas répondu du tout.

Comme toutes les huit réponses et nos neuf analyses (celle du programme de Jacques Cheminade) font beaucoup de pages à éplucher, nous avons fait un tableau récapitulatif. Mais comme nous pensons que les réactions à ONE VOTE valent la peine d’être lues, voici le dossier entier, contenant toutes les réponses « brutes » et nos analyses publiées sur le Huffington Post, partenaire de notre campagne.

Nous avons qualifié une réponse de « oui », si le candidat ou la candidate en question s’est clairement engagé pour notre proposition. L’affirmatif ne dit par contre rien sur le niveau de précisions apportées par le candidat ou la candidate quant à la mise en œuvre de l’engagement. Nous avons attribué le « non » si le candidat ou la candidate s’est ouvertement prononcé contre ou si il ou elle ne répond pas clairement par l’affirmative. Le tiré a été attribué à ceux qui n’ont pas répondu du tout ou qui n’ont pas souhaité se prononcer sur nos propositions « pour aller plus loin ». Pour rappel, ONE a demandé aux candidats de répondre en premier lieu aux propositions phare. ONE leur a également proposé des idées pour aller plus loin ; certains candidats ont souhaité se prononcer également sur ces propositions-là, mais c’était le « programme libre ».

Mais… parce qu’il y a toujours un « mais », entre les réponses trop floues, trop vagues, trop timides ou trop langue de bois, entre ceux qui protègent leurs arrières et ceux qui jettent un regard suspicieux sur les côtés… on a la quantité, mais pas toujours la qualité ! ONE VOTE continue donc, entre le deux tours, mais aussi au-delà. Et nous avons toujours besoin de vous et de votre voix : allez sur one.org, « likez » ou « dislikez » les différentes réponses des candidats et signez notre pétition !

Proposition phare : Pour aller plus loin :
Augmenter l’aide publique au développement à 0,7% du RNB d’ici 2015 S’engager pour une taxe sur les transactions financières européenne affectée à l’aide au développement S’engager pour un budget ambitieux pour le développement au niveau de l’Union européenne
Arthaud Non. - -
Bayrou Non, il repousse l’échéance à 2017. Oui, 10% des revenus de la taxe devront aller vers le développement. -
Cheminade Non. - -
Dupont-Aignan Non. - -
Hollande Non. Il veut garder le cap des O,7%, mais sans donner d’échéance. Oui, « une part importante » sera affectée au développement. -
Joly Oui. Oui. Oui.
Le Pen - - -
Mélenchon Oui, à partir de tout de suite. La taxe sera « dédiée à la solidarité internationale. » -
Poutou Oui, « voire plus si nécessaire. » - -
Sarkozy Oui. Oui. -
Proposition phare : Pour aller plus loin :
Adopter une « loi de programme » pour l’aide au développement et détailler le budget correspondant Augmenter les dons vers les pays les plus pauvres Renforcer les évaluations de l’aide publique au développement
Arthaud Non. - -
Bayrou Oui. - Oui.
Cheminade Non. Non. -
Dupont-Aignan Oui. - -
Hollande Oui. Oui. Oui.
Joly Oui. Oui. Oui.
Le Pen - - -
Mélenchon Non. - -
Poutou Oui. Oui. -
Sarkozy Non. Non. -
Proposition phare : Pour aller plus loin :
S’engager pour une législation européenne qui exige des entreprises extractives et forestière de publier leurs paiements aux gouvernements, détaillés par projet, sans exemptions. S’engager à exiger de toutes les entreprises une comptabilité détaillée par pays et par filiales (avec les charges fiscales, les volumes de production et les chiffres d’affaire).
Arthaud Oui. Oui.
Bayrou Oui. Oui.
Cheminade Non. -
Dupont-Aignan Oui. -
Hollande Oui. Oui.
Joly Oui. Oui.
Le Pen - -
Mélenchon Oui. Oui.
Poutou Non. -
Sarkozy Oui. -

 

Réponse numéro 8 et demie : La réponse de Jacques Cheminade qui n’en est pas vraiment une


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Apr 16th, 2012 5:07 PM UTC
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Le 9e candidat répond à ONE VOTE à près d’une semaine du scrutin… pour nous dire qu’il ne pourra pas nous répondre. Jacques Cheminade, le candidat de Solidarité et Progrès, doit faire l’impasse sur une réponse détaillée : il n’a tout simplement pas suffisamment de soutiens pour réagir à temps avant le 22 avril comme il nous explique dans sa lettre. Nous avons toutefois pris le temps de revoir son programme. Vous trouverez l’analyse comme d’habitude demain sur le Huffington Post.


Madame, Monsieur,

Nous vous remercions vivement de votre courrier dont nous avons pris connaissance avec la plus grande attention.

Bien que nous mettions tout en œuvre pour tenter de répondre dans les meilleurs délais aux centaines de demandes concernant les positions de Jacques Cheminade, nous sommes obligés de constater qu’il nous est impossible, surtout faute de militants, de répondre à toutes avant l’échéance cruciale du scrutin.

En attendant, et en espérant que vous puissiez trouver un certain nombre de réponses à vos interrogations, j’ai le plaisir de vous faire parvenir la profession de foi du candidat ainsi qu’une brochure résumant les grandes lignes de son programme.

Son projet complet, Un monde sans la City ni Wall Street, un grand chantier pour demain, publié chez l’Harmattan et organisé en chapitres thématiques, reste intégralement disponible gratuitement sur le site www.cheminade2012.fr

 

Avec toutes nos excuses,

Bien cordialement,

Karel Vereycken

 

 

La série ONE VOTE continue avec un double épisode : le bilan et les propositions de Nicolas Sarkozy


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Apr 12th, 2012 11:34 AM UTC
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Marie-Do Aeschlimann, secrétaire nationale chargée de l’Action Humanitaire et du Développement solidaire à l’UMP, avait déjà participé au panel ONE VOTE la semaine dernière. Pour le candidat-président, elle y avait défendu le bilan de la politique au développement de 2007 à aujourd’hui et présenté ses propositions pour un éventuel 2e quinquennat. Depuis, nous avons également reçu la réponse écrite de Nicolas Sarkozy. Pour compléter, voici la vidéo ONE VOTE avec Marie-Do Aeschlimann.

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Panel ONE Vote 2012 : l’Afrique star d’un jour de la campagne


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Apr 6th, 2012 12:40 PM UTC
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Les projecteurs ont été braqués un court moment sur l’Afrique et les enjeux du développement, quasiment absents jusqu’ici d’une campagne électorale dominée par les questions de sécurité, de chômage, d’immigration et par les petites phrases. Un panel organisé dans le cadre de la campagne ONE Vote 2012 a été l’occasion de cette brève parenthèse au cours de laquelle les relations entre la France et l’Afrique se sont invitées à la table des discussions.

L’occasion pour experts et politiques de faire le bilan des grands enjeux de lutte contre la pauvreté et ébaucher les contours des actions qui restent à mener. Constats partagés, mais avec quelques différences notables toutefois.

© Bill & Melinda Gates Foundation/Jesse Morgan

Côté experts, Melinda Gates, co-présidente avec son époux Bill Gates de la célèbre fondation qui porte leur nom, a rappelé quelques vérités sur l’impact concret de l’aide au développement. « Il est inspirant de voir que malgré la situation économique, les Français ont continué à donner la priorité aux besoins des plus pauvres. L’aide française a permis de sauver des millions de vies, et nous savons que le planning familial est l’un des investissements les plus efficaces. L’accès à la contraception sauve la vie de femmes et d’enfants et permet aux familles d’investir dans le développement et la croissance de leurs enfants », a-t-elle souligné.

Elle a également mis en avant les réussites de terrain d’organismes d’aide internationaux, comme l’Alliance Gavi pour les vaccins qui a permis d’immuniser 5 millions d’enfants dans les pays en développement depuis sa création, ou l’Unicef qui distribue notamment des moustiquaires pour lutter contre le paludisme. Et rappelé que l’aide n’est pas une fin en soi, mais un moyen qui doit permettre à un Etat pauvre de devenir un pays à revenus moyens, comme on l’a vu en Corée du Sud ou en Thaïlande.

Constat similaire pour Laurence Tubiana, directrice de l’Iddri (Institut du développement durable et des relations internationales de Sciences Po) et autre invitée du panel, qui a aussi rappelé l’enjeu de demain : trouver de « nouveaux modèles de développement » qui partiront de « l’émancipation des gens ». Dans ce domaine, « on n’est pas un modèle, mais nous devons participer au débat sur ces nouveaux modèles de développement », a-t-elle assuré.

Côté politiques, si représentants de gauche et de droite parlent d’une même voix lorsqu’il s’agit de rappeler le rôle important que doit continuer de jouer la France en matière de lutte contre la pauvreté, PS et UMP divergent sur les remèdes proposés.

A droite, « Nicolas Sarkozy fera le 0,7 [pourcentage des richesses nationales consacrées au développement, ndlr] d’ici à 2015 », a déclaré d’emblée Marie-Do Aeschlimann, secrétaire nationale de l’UMP chargée des Droits de l’Homme et de l’Action humanitaire, martelant que « la France a augmenté son aide au développement de 30% depuis 2007 ». Elle a également assuré qu’en cas de réélection, le président de la République se battrait pour l’adoption d’une loi imposant la transparence aux sociétés des secteurs extractif et forestier, ainsi que l’adoption d’une taxe sur les transactions financières au niveau européen.

A gauche, Jean-Michel Severino, membre du pôle international de la campagne de François Hollande et ancien directeur général de l’Agence française de Développement (AfD) rappelle que « les Français sont en faveur d’un accroissement de l’aide publique au développement. Ils ne prennent pas la crise comme prétexte ». Mais pour le représentant de François Hollande, « l’aide au développement est devenue un concept incompréhensible et illisible ». « François Hollande veut revoir le concept lui-même », a-t-il promis, rappelant que « l’important est le résultat et l’aide n’est qu’un moyen ». Au programme, répondre à cette soif de « plus d’éthique, de responsabilité et de transparence à leurs dirigeants » qu’expriment nos concitoyens.

Quelles que soient les analyses et les propositions, une certitude demeure : 2012 est une année charnière pour la lutte contre la pauvreté. L’OCDE vient tout juste de rendre publics les derniers chiffres de l’aide au développement, qui pour la première fois en 15 ans recule au niveau global. La France, quant à elle, reste le 4e donateur mondial mais amorce une décrue : l’effort de solidarité français a baissé de 0,5% à 0,46% du RNB. Une aide qui reste artificiellement gonflée par le remboursement de la dette, les frais d’écolage ou des investissements dans les territoires français d’outre-mer, comme le dénonce chaque année le rapport Data.

Pour y voir plus clair, Seek Development a publié ce lundi le profil de développement de la France qui présente le système de développement, le processus de décision, les acteurs et les institutions, ainsi que les donateurs individuels pour donner un aperçu des stratégies de développement et des engagements financiers.

Vigie des engagements français en matière de développement, Coordination Sud, la plateforme française des ONG de solidarité le rappelait par la voix de son directeur exécutif Daniel Verger, autre invité du panel: ces préoccupations sont partagées par l’ensemble de la société civile française.

Inutile de dire qu’elles le sont aussi par tous ceux, au Sud, qui croient encore aux promesses de la France.

Ce blog est aussi paru sur le site Impatient Optimists

4e épisode de la série ONE VOTE : Ce que François Hollande ferait pour l’Afrique en cas de victoire


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Apr 5th, 2012 5:33 PM UTC
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Kader Arif est député européen et premier Vice-Président de l’Assemblée parlementaire des  pays Afrique-Caraïbes-Pacifique et de l’Union européenne … et surtout le Monsieur Coopération de l’équipe de campagne de François Hollande. Il a accepté de nous présenter les engagements du candidat du Parti socialiste à la présidentielle au travers d’une vidéo. Il apporte notamment des précisions par rapport aux mesures que François Hollande voudrait prendre pour mieux encadrer les activités des entreprises en Afrique.

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3e épisode de ONE VOTE : Philippe Douste-Blazy explique les engagements du Modem


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Apr 5th, 2012 11:49 AM UTC
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Philippe Douste-Blazy est ancien ministre et secrétaire général adjoint à l’ONU connu pour son engagement en faveur des financements innovants pour le développement. Mais il soutient aussi François Bayrou pour la présidentielle de 2012 ! Et c’est à ce titre qu’il a accepté de faire la vidéo de ONE VOTE sur les engagements du candidat du Modem pour l’Afrique. ONE a déjà soulevé que François Bayrou a pris des engagements certes très clairs, mais un peu frileux. Qu’en dit Monsieur Douste-Blazy ?

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Philippe Poutou prône l’anticapitalisme en Afrique


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Mar 28th, 2012 4:40 PM UTC
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Fidèle à lui-même et au programme de son parti, le NPA, Philippe Poutou est favorable aux propositions du ONE Vote pour une refondation des relations entre la France et l’Afrique. Il souhaite notamment mettre fin au « pillage de l’Afrique » par les grandes sociétés occidentales. Tout un programme que nous analyseront plus en détail demain sur le Huffington Post.

Proposition 1 :

La France doit bien sûr aider l’Afrique à sortir du sous-développement, à hauteur de 0,7% de son PIB, voire plus si nécessaire. Il ne faut pas oublier que la fortune de la France s’est bâtie sur l’exploitation de ces pays, et que cela continue aujourd’hui dans toute l’Afrique, où les grandes entreprises françaises détiennent de véritables monopoles sur des pans entiers de l’économie (Bouygues, Bolloré, Total, etc.). D’ailleurs, une des premières mesures pour aider au développement de l’Afrique, ne serait-elle pas de prendre des mesures contre l’exploitation honteuse (conditions de travail, salaires de misère, paiement à des tarifs préférentiels des matières premières, etc…) dont sont victimes nombre de pays de la part de grandes entreprises notamment françaises, et le plus souvent avec la complicité des chefs d’Etat africains ?

Aider au développement de l’Afrique, mille fois oui, c’est un minimum étant donné l’ampleur du pillage dont est victime depuis des centaines d’années ce continent, pourtant riche. Pour autant, augmenter l’APD n’est pas sans poser de problèmes : L’APD est très largement détournée de ses objectifs proclamés. Le programme des Nations unies pour le développement (Pnud) estime qu’en 2003 ce sont moins de 4 % de l’APD française qui ont servi des priorités de développement humain. Où partent les 96 % restants ? Dans les faits, le grand patronat français en est le principal bénéficiaire. Une année, 80 % des prêts du Trésor dans le cadre de l’APD ont servi à financer des projets d’Alcatel-Alsthom. Le reste est employé pour le remboursement de la dette. La Caisse française de développement (CFD) prête de l’argent à un pays pauvre, mais comme cet argent sert à rembourser des dettes antérieures, il n’apporte aucun argent nouveau pour le développement. En fait, cette part de l’APD ne sort pas de France : celle-ci se rembourse elle-même.

De plus, le mécanisme de gestion de l’aide est excessivement opaque, mais en dernière instance, c’est l’Élysée qui via les ministères gère l’aide. L’APD n’est donc pas distribuée en fonction de critères de sous-développement mais en fonction des zones d’influence où la France entend rester implantée. Indépendamment de toute rationalité en matière de développement, ce sont les grands projets qui sont favorisés par les créanciers.

Ces projets ont au moins un avantage…celui d’être excessivement chers, ce qui garantit d’importantes rentrées aux entreprises qui les mettent sur pied…le plus souvent européennes ! Parfois, des projets qui peuvent sembler porteurs sont même franchement contre-productifs. En 1984, du blé français a été envoyé au Togo, alors que la récolte locale de mil était excellente. Résultat, les paysans sont restés avec une partie de leur récolte sur les bras, s’appauvrissant d’autant.

Il n’est donc pas possible d’envisager une réelle aide financière à l’Afrique, sans que les Africains puissent contrôler et décider de manière démocratique de l’utilisation de cette manne. Cela suppose aussi de tout autres rapports entre les nations africaines et l’Europe, et en France par exemple, il faut mener un combat contre l’impérialisme de notre propre Etat.

Proposition 2 :

Alors évidemment, je partage la proposition de rendre l’aide plus transparente, et surtout que tout ce qui est comptabilisé dans l’APD soit réellement de l’aide au développement. La grande mosquée de Casablanca ou encore la réplique de Saint-Pierre de Rome à Yamoussoukro ont toutes deux été construites par Bouygues grâce à des prêts octroyés… En 1987, le Fac (Fonds d’aide et de coopération) a financé l’achat d’un Mystère20 pour le président de la République centrafricaine (34 millions). Cela est parfaitement inacceptable ! Les contrats liés, qui obligent les Etats à se servir de l’aide pour embaucher uniquement des entreprises françaises, l’aide aux lycées français où une minorité de l’élite se rend, et tout cet argent qui part dans les poches des dictateurs (qui parfois en renvoient l’ascenseur à leurs amis français pour qu’ils fassent leur campagne électorale…) : tout cela est considéré comme de l’aide au développement, alors que c’est avant tout les grands groupes français qui sont aidés et pas les populations de ces pays. Et le plus souvent, ce sont uniquement les entrepreneurs européens qui sont aidés par l’APD. On estime que le taux de retour sur investissement est compris entre 65 % et 75 %, de 100 % même quant aux prêts du Trésor.

Proposition 3 :

Comme le souligne très justement ONE, les promesses des gouvernements français ont été très rarement respectées, même lorsqu’elle ont fait l’objet de lois. La seule chose qui le permettrait serait un gouvernement qui serait aussi fidèle aux intérêts de la majorité, y compris de la population des autres pays qui sont les mêmes que les nôtres, que les gouvernements actuels le sont aux intérêts des grands groupes qui pillent l’Afrique.

 

Cordialement,

Philippe POUTOU

 

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