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L’île Maurice

Aider les personnes séropositives de l’île Maurice à recevoir un traitement


Dec 7th, 2012 11:11 AM UTC
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Avec plus de 5000 cas de VIH en 2011, l’Ile Maurice n’est pas une priorité évidente pour les donateurs et les programmes de lutte contre le sida. Mais l’impact de la maladie se développe sur l’ile et touche en particulier les personnes les plus vulnérables.

L’association PILS (Prévention Information Lutte contre le Sida) a été créée par Nicolas Ritter en 1996, deux ans après qu’il ait découvert sa séropositivité. A l’époque, il n’y avait pas de services pour les personnes infectées sur l’Ile Maurice et les malades devaient aller sur l’île voisine de la Réunion pour recevoir des traitements. Inspiré par ce qu’il se passait dans ce pays voisin, il a décidé de créer PILS à l’âge de 25 ans. Depuis, le travail accompli par l’association a permis de sauver des vies. Et résultats sont une réelle source de motivation pour Nicolas Ritter et son équipe. De plus en plus de mauriciens savent aujourd’hui que le VIH n’est plus synonyme de condamnation à mort.

Malgré ce succès, Nadia Peerun, en charge de la récolte de fonds chez PILS, explique que l’Île Maurice est en compétition avec d’autres pays dans la région. « C’est très difficile de récolter des fonds au niveau international car la situation est beaucoup plus grave sur le continent africain ». Heureusement, le programme européen de « coopération décentralisée » sur l’Île Maurice permet à PILS de recevoir des fonds plus facilement. Nadia Peerun souligne que ce « programme disponible au niveau local sur l’Île Maurice augmente nos chances de bénéficier des fonds pour le secteur de la santé ». Elle ajoute que « les autres donnateurs n’ont pas forcément ce type de mécanismes, et c’est donc beaucoup plus difficile pour nous de recevoir des fonds ».

En 2009, l’UE a ainsi financé un projet mis en place par PILS afin d’apporter des informations, de mener des actions de préventions et des opérations de dépistages aux populations les plus exclues, qui sont également les plus à risque, comme les consommateurs de drogues ou les travailleurs du sexe. « C’est réellement grâce au financement de l’UE que nous avons pu lancer ce projet » précise Nadia Peerun. « C’est très important pour ces populations. A cause du fort stigma qui les entoure, ils ne vont pas vraiment dans les centres de santé publique ». Entre 2009 et 2011, grâce au financement européen, l’association a pu mener plus de 1103 tests de dépistages ; et a ainsi travaillé avec 302 travailleurs du sexe ainsi que 753 consommateurs de drogues.

Grâce au financement européen, avec l’un des rares bailleurs locaux, Rogers & Co. Ltd. qui supporte également les projets de plaidoyer de PILS ; l’association a également pu former d’autres organisations locales aux techniques de plaidoyer. Nadia Peerun explique ainsi que ces activités sont « très importantes, car il y a beaucoup d’ONG sur l’Île Maurice, mais elles n’ont pas de stratégie commune en matière d’activités de plaidoyer ».

En 2009 et 2010, l’UE a également financé le renforcement des capacités de PILS. La responsable de plaidoyer précise : « cela nous a beaucoup aidé en matière d’efficacité, de coordination, afin de renforcer notre organisation. Les exigences en terme de management des fonds et des programmes européens nous permettent de grandir et d’améliorer notre propre fonctionnement ».

Au-delà de ses actions destinées aux populations et ses activités de plaidoyer, PILS a également un programme de renforcement des capacités destiné aux groupes vulnérables qui vivent avec le VIH. Ces groupes sont marginalisés sur l’Île Maurice et reçoivent très peu d’information en matière de santé, d’accompagnement social ou de réintégration, ou encore sur la manière de réduire les risques sanitaires. PILS organise ainsi des ateliers pour apprendre des techniques artisanales afin que les bénéficiaires qui n’ont pas d’emplois puissent augmenter leurs revenus.  « Nous leur apprenons de nombreuses techniques artisanales différentes et les aidons à s’enregistrer en tant qu’entrepreneur. De cette manière ils peuvent ensuite vendre ce qu’ils ont créé sur les marchés et améliorer leurs revenus ». Ces ateliers sont également une bonne occasion d’informer les participants sur le VIH et d’autres problèmes qui y sont liés.

Les participants peuvent également suivre une phase de formation plus avancée intitulée « Ambassadeurs positifs » et proposée par PILS, au cours de laquelle ils sont formés pour être plus actifs dans la réponse nationale à la crise du VIH, en participant aux activités de plaidoyer et en suivant le processus de décision politique. Un des participants, Den Ramsamy, a ainsi décidé de révéler publiquement son statut de porteur du VIH.

Nadia Peerun explique que c’est grâce« aux informations dont il avait besoin pour pouvoir défendre ses droits, pour pouvoir faire entendre sa voix et participer aux réunions nationales, qu’il a finalement pu rendre public son statut de séropositif à la télévision. C’est un bon exemple de la manière dont les projets financés par l’UE ont un impact important sur la communauté ». Environ 35 personnes sont actuellement en formation pour devenir des « ambassadeurs positifs ».

Lorsque que l’on a demandé à Nadia Peerun si elle préférait que les pays européens donnent plus d’aide à travers les institutions européennes ou de manière bilatérale, elle a répondu sans aucune hésitation : «  je préfèrerai réellement recevoir de l’aide via l’Union européenne. D’après nos expériences précédentes, nous avons remarqué que l’UE avait une vision plus globale de la situation. L’UE peut ainsi orienter les fonds et faire des appels à projets plus pertinents grâce à cette vision d’ensemble. Et grâce à cela l’aide est également plus coordonnée et les fonds mieux répartis ».

A propos de PILS

La mission de PILS est de minimiser l’impact du sida sur l’Île Maurice grâce à des actions de prévention, mais également en améliorant les vies des personnes séropositives et en mobilisant le public et les politiques sur le sida et en faveur des droits des malades. Pour en savoir plus, vous pouvez consulter leur site (en français) : http://www.pils.mu/

 

La lutte contre le Sida à l’île Maurice


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Dec 6th, 2011 5:42 PM UTC
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La semaine dernière, c’était la Journée mondiale de lutte contre le sida. C’est toujours pour nous un moment de réflexion mais aussi de prise de conscience : le début de la fin du sida dépend de nous. Alors que nous commémorons les progrès qui ont été réalisés dans la bataille contre la maladie depuis sa découverte il y a 30 ans, il semble que se soit l’occasion idéale pour présenter notre prochain finaliste du ONE Award, « Prévention Information Lutte contre le Sida » (PILS) de l’île Maurice en l’honneur des progrès qu’ils ont réalisés dans la lutte contre cette maladie.

L’île Maurice n’est sans doute pas l’un des pays africains que vous mettriez dans la liste des pays faisant face à de graves problèmes liés au VIH/sida, surtout si l’image que l’on a du pays se résume à ses plages, au soleil et aux palmiers! Et pourtant, PILS est une organisation qui a fait de grands progrès dans la lutte contre le sida en se concentrant sur les parties de la population les plus touchées et qui n’ont pas accès aux soins ou à la prévention pour limiter l’épidémie dans le pays.

PILS a été fondée par Nicolas Ritter en 1996, deux ans après qu’il ait découvert sa séropositivité. A l’époque, il n’y avait pas de services spécialisés pour les personnes atteintes du sida. Il a donc dû se rendre sur l’île voisine, la Réunion, pour obtenir un traitement. Inspiré par ce qu’il avait vu dans cette île voisine, qui fait partie de la France, il a décidé de fonder PILS à l’âge de 25 ans. A cette époque il y avait environ 140 personnes atteintes de la maladie dans le pays, mais sans traitement, elles étaient comme condamnées à mort.

Nicolas Ritter
Nicolas Ritter

En 2001, le nombre de séropositifs déclarés a doublé pour atteindre plus de 280 personnes atteintes par le VIH. Nicolas a décidé d’être la première personne à faire connaître publiquement son statut de séropositif. Après un changement de gouvernement en 2000, leurs efforts de plaidoyer se sont intensifiés et ils ont réussi à convaincre le nouveau gouvernement d’ouvrir un Centre National du Sida. En raison de la forte sensibilisation de PILS dans le pays, le gouvernement a accepté de fournir un accès universel aux antirétroviraux (ARV).

Durant cette même période, l’île Maurice est devenue une plaque tournante du trafic d’héroïne et la drogue a envahi les rues. En 2003, on observe une explosion des cas de sida parmi les consommateurs de drogues et en 2005, on comptait plus de 2000 cas dans le pays. La même année, l’île Maurice a été identifiée comme le pays ayant la plus forte consommation d’opiacés en Afrique (relativement à sa population) et le deuxième au monde après l’Iran. Aujourd’hui, 75% des personnes séropositives de l’île Maurice sont des consommateurs de drogues.

Pour faire face à ce problème, PILS a organisé la première conférence africaine sur l’abus des opiacés et la réduction des risques et a réussi à attirer l’attention sur la question de la consommation de drogues en Afrique et les problèmes d’épidémie du VIH qui peuvent s’en suivre.
Une fois que le VIH est introduit dans la communauté des consommateurs de drogue, il se répand très vite. Mais grâce aux actions de plaidoyer de PILS, il ya eu une réduction du taux d’infection parmi les consommateurs de drogues injectables. L’organisation reconnaît que les groupes les plus touchés par cette maladie à l’île Maurice (les travailleurs du sexe, les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes, et les utilisateurs de drogues injectables) pourraient être pris dans un cercle vicieux si ils ne sont pas pris en charge.

PILS a fait pression pour intégrer des amendements à la Loi sur la drogue, qui a criminalisé le matériel associé à la drogue, y compris les aiguilles et a développé des programmes de prévention, comme un programme d’échange de seringues qui pourraient aider à résoudre le problème. Quand le très débattu projet de loi sur le sida a été introduit en 2006, il contenait des dispositions négatives telles que la criminalisation de la transmission du sida. Mais PILS s’est mobilisé et grâce à ses efforts de plaidoyer ces dispositions ont été retirées pour être remplacées par des dispositions protégeant les personnes séropositives.

PILS a également créé des programmes d’autonomisation économique pour soutenir les personnes séropositives et des groupes de soutien qui encouragent les gens à partager leurs peurs, leurs espoirs et leurs rêves.

L'équipe de PILS
L’équipe de PILS

PILS a également joué un rôle important dans l’introduction des traitements contre le sida à l’île Maurice et a également assuré la modification de la législation qui aurait pu contribuer à l’aggravation de la situation sur l’île. Il y avait de nombreuses sources de conflit au début de leur travail de plaidoyer, et PILS a dû se positionner en opposition directe avec le gouvernement sur les questions liées au sida. Ils ont maintenant une excellente relation de travail et sont des partenaires clés dans la lutte contre la maladie.

Les efforts de PILS ont sauvé des vies et c’est ce qui permet à Nicolas et son équipe de continuer leur travail. Ils savent que le sida ne doit pas être une condamnation à mort et de plus en plus, les gens de l’île Maurice le savent aussi.

Un grand bravo à PILS pour leur travail acharné et nous vous souhaitons bonne chance pour la suite !

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