May 16th, 2013 5:27 PM UTC
By Sarah Roussel
Hier, la communauté internationale s’est réunie à Bruxelles pour discuter des moyens à mettre en œuvre pour la reconstruction et le développement du Mali. Vous avez été nombreux à vous mobiliser pour leur rappeler qu’il n’y a pas de sécurité durable sans développement.
Vos voix ont été entendues.
La France s’est engagée à contribuer à hauteur de 280 millions d’euros sur 2 ans pour la reconstruction du pays et par cette annonce a su mobiliser le soutien de l’ensemble de la communauté internationale.
Cela signifie que grâce au soutien des membres de ONE comme vous, nous avons fait un pas de plus vers l’objectif d’aider les Maliens dans leurs efforts pour construire un avenir meilleur pour leur pays.
Toutefois, il reste encore beaucoup à faire. Cette conférence des donateurs n’est pas un objectif final, elle n’est qu’un point d’étape pour la reconstruction d’un pays qui se déroulera sur plusieurs années et nécessitera un soutien à long terme de la France et de la communauté internationale.
Nous devons ainsi continuer à nous battre pour que les dirigeants européens, malgré les coupes budgétaires, maintiennent leurs efforts envers les populations les plus démunies telles que celle du Mali. Et pour qu’ils continuent de financer des programmes de développement intelligents dans les domaines de la santé, l’agriculture et l’éducation.
Encore merci pour votre soutien! Exgeons le possible.
May 6th, 2013 5:19 PM UTC
By Annabel Hervieu
Tribune publiée dans Le Monde du 7 mai 2013, cosignée par Guillaume Grosso (directeur de ONE France), Hakima Himmich (présidente de Coalition Plus) et Bruno Spire (directeur de AIDES).
Qui nous fera croire que le secteur financier, qui amasse des milliards chaque année, craint une taxe minime dont la vocation n’est que de servir le bien social national, européen et international ?
Rappelons que la taxe sur les transactions financières (TTF) telle qu’elle existe en France – et existera bientôt dans dix autres pays de l’Union européenne – n’est ni sans précédent, ni unique au monde.
Dans plusieurs pays, différentes formes de cette taxe existent sans que leur secteur banquier ne se soit écroulé. Le Brésil, la Suisse, Taïwan ou le Royaume-Uni sont autant de pays qu’on ne peut guère soupçonner d’anticapitalisme.
INSPIRÉE DE LA TAXE TOBIN
Afin de repositionner le débat sur cette “méchante” taxe qui va pénaliser les échanges spéculatifs, rappelons-en les origines. Inspirée de la taxe Tobin, elle a été promue et défendue pour servir deux objectifs.
Le premier, à la suite de la crise de 2008 et de la responsabilité du secteur financier dans l’effondrement de l’économie internationale, est de faire contribuer ce dernier de manière équitable et substantielle au coût de la crise et de compenser les pertes massives qu’il a pu causer dans les institutions et chez les individus de tout niveau social.
Le second objectif, défendu par de très nombreuses organisations non gouvernementales, est de fournir un financement complémentaire à la lutte contre l’extrême pauvreté, les grandes pandémies et le changement climatique.
Ces causes, que les dirigeants ont tendance à sacrifier par leur vision court-termiste de rigueur budgétaire, pourront bénéficier d’un financement additionnel. Il sera sans impact sur les citoyens français et européens et taxera un système financier qui ne contribue pas à cet effort mondial nécessaire en faveur des plus vulnérables.
INDÉCENT
Cette taxe a déjà été mise en place en France. En Europe, un processus de coopération renforcée entre onze pays membres de l’Union européenne se met en place. Il devra notamment discuter de l’affectation de la TTF au financement du développement mondial.
Nous dénonçons la manoeuvre du secteur bancaire qui se permet de crier au loup pour stopper une démarche créée au bénéfice de l’intérêt général européen et mondial. Il ne faut pas se méprendre et lire entre les lignes les arguments opposés à la TTF par les banques. Ce vocabulaire alarmiste, qui met en garde contre l’effondrement d’une partie de l’économie européenne, est inapproprié, voire indécent.
Il est proféré par un secteur qui parle de manque à gagner pour quelques entreprises et actionnaires, pour s’opposer à la production de financements additionnels destinés à lutter contre des maladies comme le sida, contre des fléaux comme le changement climatique et contre la pauvreté en général. Des financements qui pourraient bénéficier à 1,3 milliard de personnes qui vivent aujourd’hui avec moins d’un euro par jour.
Guillaume Grosso (directeur de ONE France), Hakima Himmich (présidente de Coalition Plus) et Bruno Spire (directeur de AIDES)
Mar 11th, 2013 5:18 PM UTC
By Coline Grunblatt
Je serai la première à l’admettre : le processus budgétaire européen est bien compliqué.
Mettre d’accord 27 Etats membres sur quoique ce soitest compliqué, alors quand on parle de voter à l’unanimité pour un budget de 960 milliards d’euros sur 7 ans… Et avec les jeux de pouvoir permanents entre les institutions, cela peut être un réel défi de savoir qui est responsable de quoi et à quel moment. Le plaidoyer européen n’est pas fait pour les timorés.

Heureusement, vous, les membres de ONE, vous êtes les meilleurs « sauveteurs » qui existent !
Il y a quelques semaines, vous avez permis d’éviter un désastre : empêcher des coupes nettes dans les dépenses de développement qui auraient eu un impact dévastateur sur les populations les plus pauvres dans le monde. Nous aurions bien sûr espéré que les dirigeants soient en faveur d’une vraie augmentation du budget d’aide au développement, mais au regard de la coupe historique qu’a subit le budget total, nous sommes plutôt soulagés.
Protéger l’aide dans ce contexte demandait un effort herculéen auquel vous, membres de ONE, avez grandement contribué.
Votre mobilisation n’est en effet pas passée inaperçue. En voici quelques échos par des conseillers de gouvernements européens : « Votre message à propos du cadre financier pluriannuel a été entendu au plus haut niveau ». Un autre a dit que la mobilisation de ONE et de ses membres, aux côtes d’autres ONG, « a été très importante pour arriver à ces bons résultats». Le président François Hollande a même fait référence au rapport de ONE sur les effets macroéconomique de l’aide lors de sa conférence de presse à l’issue du sommet. Enfin, une autre source gouvernementale a félicité ONE pour « sa recherche de haute qualité, ses campagnes créatives et son impact ». Finalement, le porte-parole de la présidence irlandaise de l’Union européenne a publié la déclaration suivante :
« Merci à ONE et à toutes les organisations qui ont soulevé cette question tout au long du processus. L’accord trouvé par les gouvernements des Etats membres sur les négociations budgétaires, qui incluent une hausse des financements pour l’aide au développement, permettra d’assurer que l’Europe, de manière collective, reste le plus grand donateur d’aide au développement au monde. En tant que président du Conseil européen, l’Irlande va maintenant avancer dans les négociations avec le Parlement européen afin de finaliser le cadre financier pluriannuel et travaillera sans compter pour assurer un résultat positif. »
Aux côtés des commentaires de ces personnalités politiques, il était très important pour nous de lire les commentaires de nos membres à travers le monde qui ont réagi sur notre blog. Voici ce que dit Carla Pinheiro, membre de ONE : « J’ai deux enfants, et ils ont l’âge où ils vont devenir conscients de ce qui se passe dans ce monde compliqué… J’aurai rêvé avoir une baguette magique pour pouvoir faire disparaître toutes les menaces et les souffrances. Mais peut être que si l’on se joint à vos efforts, peu importe leur ampleur, nous pouvons essayer d’améliorer les choses ».
Votre action a clairement eu un impact et nous aurons encore besoin de votre soutien pour les semaines et les mois à venir. Nous devons poursuivre nos efforts pour obtenir le meilleur accord possible en faveur des populations les plus pauvres.
Nous entrons aujourd’hui dans une autre phase du processus.
Le Parlement européen doit se réunir pour approuver le budget voté par les chefs d’Etat. Le 13 mars prochains, les députés européens voteront leur « réponse politique formelle » à ce budget.
Ils pourront d’ores et déjà chercher à obtenir un accord plus favorable concernant l’aide au développement. Deux options s’offrent à eux. Ils peuvent demander une augmentation du Fonds européen de développement (FED), la source principale de financement pour les pays pauvres, sans remettre en cause l’enveloppe globale puisque ce financement est hors-budget.
Ils peuvent aussi s’assurer que la plus grande partie du budget d’actions extérieures soit destinée aux populations les plus pauvres de la planète.
De notre côté, dans les semaines à venir, nous continuerons à faire passer le message de ONE et de nos membres auprès des députés européens et des gouvernements pour que les fonds destinés à l’aide au développement et à l’aide humanitaire soient les plus ambitieux possible.
Merci encore pour votre soutien.
Mar 5th, 2013 3:15 PM UTC
By Annabel Hervieu
Vendredi 1er mars, une conférence organisée par le Ministère du développement est venue clôturer les Assises du développement et de la solidarité internationale, un processus qui a réuni pendant quatre mois tous les acteurs du développement : État, ONG, syndicats, entreprises privées, fondations, collectivités territoriales…

ONE était bien évidemment partie-prenante de ces échanges sur l’avenir de la politique française de développement et nous avons eu la chance d’assister à cette clôture.
Pour ceux qui ont suivi avec assiduité notre blog, nous avons, à cette occasion, organisé un « live-tweet » afin que nos membres puissent suivre les discours minutes par minutes.
Deux évènements majeurs étaient au programme de cette conférence de clôture : le message vidéo de Bono et le discours de François Hollande.
A l’ouverture de la conférence, après le discours du ministre Pascal Canfin, a été diffusé un message vidéo de Bono, cofondateur de ONE, à l’attention de la France et du Président. Dans ce message, Bono a rappelé :
« Je ne suis pas un universitaire renommé. Je ne suis pas un politicien professionnel. […] Je suis juste un musicien irlandais qui a une grande gueule. […]
Plus de 200 ans après que la France a porté au reste du monde le message « liberté, égalité, fraternité », vous vous accrochez toujours fermement à l’idée qu’un déni des droits humains n’importe où est une menace pour ces droits partout ailleurs. […]
Même durant les moments difficiles, vous n’oubliez pas que les idéaux français appartiennent à tout le monde et pas seulement à la France. »
Il a ensuite appelé à la création d’une loi de programmation pour définir la politique de développement de la France, une demande forte que ONE a défendu tout au long de ce processus des Assises :
« Une loi de programmation […] protégerait l’idée que peu importe qui est à la tête de l’Etat, cette personne a une responsabilité fondamentale au nom du peuple français : celle de soutenir les plus pauvres, de se battre pour […] une mondialisation qui fonctionne pour tous et pas juste pour quelques-uns. »
Enfin il a parlé de trois des principaux combats de ONE pour améliorer la lutte contre l’extrême pauvreté, trois combats sur lesquels la France et le Président ont un rôle crucial à jouer : la lutte contre le sida, le paludisme et la tuberculose, la taxe sur les transactions financières pour le développement et la transparence du secteur extractif.
Après la diffusion de ce message, s’en sont suivies plusieurs tables rondes sur la politique de développement de la France.
Cette conférence s’est clôturée par un discours très attendu du président de la République, qui a annoncé la création d’une loi de programme et rappelé les engagements de la France sur les trois combats énoncés par Bono.
A l’issue de ce discours, Guillaume Grosso, directeur de ONE a réagi : « C’est un point de départ positif mais la France ne doit pas juste afficher des ambitions sans se donner les moyens financiers pour les atteindre ». En effet bien que le président est réaffirmé son engagement pour une aide au développement plus efficace, l’effort financier devra être conséquent pour permettre à la France d’atteindre son objectif d’allouer 0,7% de son revenu national brut au développement.
Les équipes de ONE suivront de près, tout au long de l’année, les engagements pris par le Président et s’inviteront aussi dans le débat de la création de cette loi de programmation pour s’assurer que les objectifs et les moyens alloués seront à la hauteur des ambitions internationales pour lutter contre l’extrême pauvreté.
Ce débat devrait avoir lieu à l’automne prochain. A suivre…
Merci encore pour votre soutien et un grand merci à Eugénie Bailleau et Alexandre Loos, nos deux membres présents à la conférence !

Pour ceux qui ont loupé la conférence et souhaitent revivre cette matinée via Twitter : http://bit.ly/WDqrHT
Mar 1st, 2013 8:42 PM UTC
By admin
Par Guillaume Grosso, directeur de ONE France, et Luc Lampière, directeur général d’Oxfam France. Cette tribune a d’abord été publié sur huffingtonpost.fr
MALI – “L’autre phase qui s’engage dès aujourd’hui au Mali est celle de l’aide au développement“, annonçait le président de la République lors de son discours à Bamako le 2 février dernier.
Le gouvernement français semble s’accorder sur la nécessité d’entrer dans le temps du développement au Mali. Une fois cette politique affichée, plusieurs questions fondamentales se posent. Quelle politique de développement pour le Sahel? Comment mesurera-t-on son efficacité? Et, surtout, comment sera-t-elle financée? Sujet brûlant, d’autant que François Hollande s’apprête à clôturer, ce vendredi 1er mars, les “Assises du développement et de la solidarité internationale”, qui depuis quatre mois réunissent experts, ONG, entreprises et politiques pour “refonder” l’aide française.
Le mystère du financement de la reconstruction et du développement du Mali et de la zone sahélienne reste en effet entier. La France, par la voix de son ministre du développement, a annoncé le versement de 150 millions d’euros d’aide au Mali qui ont été gelés après le coup d’État en mars 2012. Une déclaration louable mais dont la crédibilité reste à démontrer, alors qu’en 2011, les fonds autorisés pour les projets de l‘Agence française de développement au Mali, sous forme de dons, ne dépassaient pas 8,5 millions d’euros. En tout état de cause, comment la France compte-t-elle financer le soutien annoncé, alors même que le budget voté pour 2013 prévoit une baisse des crédits d’aide publique au développement dédiés aux 17 pays dits prioritaires (10 millions d’euros par pays et par an en moyenne) dont, au Sahel, le Mali, le Niger et la Mauritanie?
Les ONG mais également les parlementaires interpellent année après année les pouvoirs publics sur ces faiblesses et incohérences de l’aide française, qui sont autant d’obstacles face aux besoins fondamentaux des populations les plus vulnérables.La France s’est engagée à allouer 0,7% de sa richesse nationale à l’aide au développement d’ici à 2015. Le candidat Hollande avait promis un “cheminement crédible et régulier” vers cet objectif. Cet engagement doit aussi être celui du président, malgré la crise financière. En matière de solidarité internationale, tout désinvestissement des régions les plus fragiles a un coût humain disproportionné. La situation au Sahel le démontre chaque jour.L’aide au développement constitue un investissement bénéfique pour les pays partenaires mais aussi les pays donateurs. Par exemple, chaque euro dépensé dans l’agriculture pour renforcer la sécurité alimentaire permet d’économiser dix euros en aide alimentaire d’urgence l’année suivante. L’argent investi au Sud est aussi la meilleure réponse à des défis auxquels la planète tout entière est confrontée: ainsi, il est vain de combattre le changement climatique comme d’espérer mettre fin au sida en s’arrêtant aux frontières. Mais au-delà des nécessaires financements, la politique de développement de la France a besoin d’un cap et d’un pilotage efficient. Cette stratégie doit être ancrée dans un socle juridique, approuvé par le Parlement sous forme d’une loi de programmation budgétaire, garante des moyens et des résultats. C’est une condition à l’appropriation démocratique de cette importante politique publique, mais également un gage de cohérence et de transparence.
Au Sahel, comme dans de nombreuses autres régions du monde, le développement se construit sur des années et non sur quelques mois. En définissant une stratégie à cet horizon, la France pourra s’inscrire pleinement dans ce temps long du développement. Les programmes de l’Union européenne permettent déjà cette visibilité à sept ans. La France doit se donner le même objectif.
Si François Hollande souhaite apporter un soutien durable au développement du Mali et du Sahel, s’il veut tenir ses promesses de candidat, s’il souhaite défendre les valeurs solidaires de la France tout en garantissant la pleine efficacité de ses politiques, il aura à cœur de sortir la politique d’aide de ses faux-semblants et de traduire ses engagements pris devant le Parlement, avec, dès 2013, une véritable loi d’orientation et de programmation de l’aide au développement française.
Feb 28th, 2013 5:13 PM UTC
By blogueur invité
Mercredi 27 février, les membres de ONE à Sciences Po Paris ont organisé une conférence qui portait sur l’avenir de l’aide européenne au développement, suite à la campagne « Sauveteurs du siècle » qui visait à protéger les montants d’aide au développement dans le prochain budget pluriannuel 2014-2020. Invités pour l’occasion, Corinne Balleix, spécialiste des questions d’aide européenne et professeur à SciencesPo, Pierre Verluise, directeur de recherche à l’Institut des relations internationales et stratégiques et Guillaume Grosso, directeur de ONE France, en ont clairement expliqué le fonctionnement et les enjeux devant un public d’étudiants attentifs.

Les pays membres de l’Union européenne avaient promis de dédier 0,7% de leur RNB à l’aide au développement d’ici 2015 et pourtant, ils n’ont pas su augmenter le budget dédié à cet effet pour la période 2014-2020. Corinne Balleix a ainsi rappelé que si les montants en valeur absolue étaient restés stables, le budget avait quand même diminué de 16% par rapport à la proposition faite par la Commission européenne. En effet, comme l’a justement remarqué Guillaume Grosso, « l’aide européenne a été le dommage collatéral du manque de vision des leaders européens ».

Il est en effet facile pour les dirigeants de réduire une enveloppe qui n’influence pas directement la vie des européens puisque les bénéficiaires se trouvent hors de l’Union. Les citoyens de l’UE descendent plus facilement dans la rue pour manifester leur désaccord sur des sujets qui les touchent directement. Les lobbies les mieux organisés à Bruxelles sont ceux financés par de grandes multinationales. Qui défendra les intérêts des populations les plus démunies ? Pierre Verluise a d’ailleurs souligné certains déséquilibres créés par ce lobbyisme, insistant sur la nécessité de mieux encadrés les lobbyistes professionnels.
L’aide européenne mérite pourtant d’être défendue : elle est transparente car surveillée par les pays membres, peu désireux de voir les deniers publics gaspillés ; elle porte un message plus neutre, est parfois mieux reçue que l’aide bilatérale des pays membres et permet de mettre en commun ressources et moyens logistiques pour une plus grande efficacité. Toutefois, ces succès sont trop souvent ombragés par un petit nombre de scandales rapportés par les médias, comme l’a déploré Guillaume Grosso.

Malgré leurs divergences d’opinion sur certains enjeux, les intervenants étaient tous d’accord sur un point : l’aide européenne au développement stagnera tant que les pays membres n’auront pas défini de véritable projet européen. Elle souffre en effet du manque de volonté et de vision politique de l’Union. Mais pendant que les Européens cherchent leur voie, d’autres ont urgemment besoin d’aide. Si Bruxelles fait du sur place, c’est à la société civile d’avancer. Comme l’a dit très justement Guillaume Grosso : « le lobby des pays pauvres, c’est la mobilisation citoyenne ».

Cette conférence a également été l’occasion pour les membres et une partie de l’équipe d’aller à la rencontre d’autres étudiants de Sciences Po pour leur présenter le travail de ONE et pour échanger plus largement sur les questions de développement.
Alors que le Parlement est en train de discuter de ce projet de budget européen, l’équipe à Sciences Po reste mobilisée. Les étudiantes savent aussi que leur mobilisation sera nécessaire sur de nombreux autres sujets afin de toujours mieux lutter contre l’extrême pauvreté et l’injustice.
Par Chloé SILVESTRE; Cléa BLOCH; Héloise PETIT; Eugénie BAILLEAU; Juliette HASBROUCQ; Anna-Maria NIA, étudiantes à Sciences-Po et membres de ONE.
Feb 28th, 2013 11:58 AM UTC
By Sarah Roussel
Demain, les équipes de ONE assisteront à une grande conférence de clôture des Assises du développement. Friederike Röder, responsable plaidoyer, nous éclaire sur cet évènement.

Que sont les Assises du développement ?
Il s’agit d’un engagement du président de la République lors de la campagne pour les élections présidentielles, visant à débattre plus largement de la politique de développement et de solidarité internationale de la France.
Lancées en novembre 2012 et pilotées par le ministre du développement, Pascal Canfin, les Assises du développement ont réuni pendant quatre mois l’ensemble des acteurs du développement et de la solidarité internationale : État, ONG, syndicats, entreprises privées, fondations, collectivités territoriales… Ainsi plus de 600 participants ont pu échanger, au cours des diverses tables rondes, sur de nombreux sujets (la transparence de l’aide, son efficacité, la recherche, l’accès des femmes au développement…)
ONE France a bien évidemment participé, aux côtés d’autres ONGs, aux multiples débats et à ce processus de consultation en présentant notamment au gouvernement des contributions écrites.
Quelles sont les attentes de ONE dans le cadre de cette consultation?
ONE attend que les promesses faites par le candidat François Hollande se concrétisent en engagements du Président de la République. Nous souhaitons notamment la création d’une loi de programmation pour définir la politique d’aide au développement de la France sur les prochaines années. Cette loi est la seule manière de garantir une aide efficace et transparente et, avec la définition de moyens financiers adaptés, de tracer « un chemin crédible et régulier vers les 0,7% » – promesse du candidat. Nous attendons aussi que le Président concrétise ses engagements en faveur d’une TTF européenne pour le développement et la fin du sida.
Que va-t-il se passer demain lors de la clôture ?
Demain matin, une grande conférence réunira tous les acteurs de la solidarité internationale. Le ministre du Développement introduira l’évènement et s’en suivront plusieurs témoignages d’acteurs du développement et une restitution des nombreux échanges qui ont eu lieu au cours de ces quatre mois.
Le Président de la république clôturera cette matinée par un discours sur la politique d’aide au développement de la France et, nous l’espérons, des engagements concrets en faveur d’une aide plus efficace et plus transparente pour lutter contre l’extrême pauvreté.
Comment pouvez-vous aider ?
L’équipe de ONE France, qui a activement pris part à ces consultations, sera présente demain au Ministère avec 2 de ses membres, afin de « live-tweeter » la clôture dès 9h00 du matin.
On compte donc sur vous pour nous suivre et partager les informations clés qui ressortiront de cet évènement majeur pour l’avenir de l’aide au développement de la France.
Pour suivre cette conférence sur Twitter, @ONE_fr @AlexLoos @One_ScPo #assisesDevSI
Le programme de la matinée détaillé
Feb 26th, 2013 6:04 PM UTC
By admin
La semaine dernière, Lauren Pfeifer a écrit un article intéressant qui explique comment des programmes tel que GAVI et le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme ont permis de faire des progrès dans la lutte contre la pauvreté, à travers le cadre des Objectifs du millénaire pour le développement.
Son article nous donne les faits et les chiffres clés sur ces avancées, mais nous connaissons très bien l’adage qui dit « on ne croit que ce qu’on voit ».
Nous avons donc fouillé dans nos archives et avons sorti nos photographies préférées illustrant l’aide en action. Cette aide qui sauve des vies, qui permet d’améliorer le quotidien des populations les plus démunies, et de lutter contre la pauvreté. Ces photos illustrent les actions liées à des programmes financés entre autres par le Royaume-Uni (DFID), les Etats-Unis (USAID), l’Union européenne (Europaid) et le Canada (ACDI) et montrent que le monde travaille mains dans la main pour abolir la pauvreté!
NUTRITION

L’USAID soutient le groupe communautaire local de à Nyankpala qui s’occupe de la gestion de de la malnutrition aiguë, et qui fournit une assistance aux enfants souffrant de malnutrition. Crédit photo: Morgana Wingard.

L’aide britannique a permis au gouvernement de la République Démocratique du Congo et aux organismes d’aide humanitaire, notamment Action Contre la Faim, de s’attaquer à la malnutrition à la base, en mettant en place leurs propres fermes coopératives ainsi que des groupes d’entraide. Crédit photo: DFID.
EDUCATION

La Mwangaza Tumaini School de Mukuru est une école primaire dans un bidonville de Nairobi au Kenya en partie financée par l’USAID et la Fondation Aga Khan. Elle a récemment lancé un programme de lecture de niveau CP et CE1, qui se concentre sur les résultats d’apprentissage. Crédit photo: Morgana Wingard.

L’École Mawango au Malawi est soutenue par l’UNICEF et l’Union européenne. De 2001 à 2011, les effectifs ont augmenté de 156 à 777 élèves et il y a 12 enseignants. Elle a récemment lancé un programme de lecture de niveau CP et CE12, qui se concentre sur les résultats d’apprentissage. Crédit photo: Morgana Wingard / ONE.
VACCINS

L’alliance mondiale pour les vaccins et l’immunisation (GAVI) (financée en partie par DFID, USAID, l’Union européenne, le Canada et d’autres…) et ses partenaires ont distribué un nouveau vaccin pour combattre la pneumonie au Kenya. Les mères font la queue pour recevoir des vaccins pour leurs enfants. Crédit photo: Morgana Wingard / ONE.

L’alliance mondiale pour les vaccins et l’immunisation (GAVI) et ses partenaires sont en train de mettre en place un nouveau vaccin pour combattre la pneumonie à Nairobi. Les bébés ont accès à ce vaccin dans l’hôpital Langata à Nairobi. Crédit photo: Morgana Wingard / ONE.
PRÉVENTION ET TRAITEMENTS VIH/SIDA

Le programme « Mother-to-Mother »de l’hôpital central d’Adama est un groupe de soutien pour les femmes enceintes qui sont nouvellement diagnostiquées avec le VIH/sida. Ce programme bénéficie de l’appui de PEPFAR (le programme de lutte contre le sida américain) à travers JHPIEGO (organisation non gouvernementale affiliée à l’Université Johns Hopkins) et l’hôpital est soutenu par plusieurs bailleurs de fonds dont la Fondation Bill et Melinda Gates. Crédit photo: Morgana Wingard / ONE.

Le Fonds mondial et le PEPFAR contribuent à financer le programme de Prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant à Accra, au Ghana. Crédit photo: Morgana Wingard.
EAU

Un projet d’eau et d’assainissement de l’USAID et du Rotary International au Ghana. Crédit photo: Morgana Wingard / ONE

Un projet d’eau et d’assainissement de l’USAID et du Rotary International au Ghana. Crédit photo: Morgana Wingard / ONE
AGRICULTURE

Le DFID a financé le programme Vision 2020 Umurenge (VUP), le programme phare au Rwanda sur la protection sociale. Des femmes et des hommes dans le nord du Rwanda travaillent sur un chantier de travaux publics, construisant des terrasses pour empêcher l’érosion des sols. Crédit photo: DFID.

Dans une région du Rwanda, où trois personnes sur quatre vivent dans la pauvreté, une femme montre fièrement une carotte qu’elle a cultivée dans son jardin après avoir participé à un projet visant à améliorer les connaissances agricoles, financé par l’agence de développement canadienne. L’ACDI a fait du soutien au développement agricole durable une partie essentielle de sa stratégie visant à accroître la sécurité alimentaire dans le monde. Crédit photo: L’ACDI
Vous aimez ces photos? Assurez-vous que les nouveaux Objectifs du millénaire pour le développement post-2015 soient encore mieux que les précédents.
SIGNEZ NOTRE PÉTITION demandant aux dirigeants du monde d’inscrire la transparence, la responsabilité et la participation publique au coeur du nouveau cadre de développement post-2015 !
- Brittany Walters -
Feb 18th, 2013 12:15 PM UTC
By Coline Grunblatt
En 2000, la Déclaration du millénaire a permis un rassemblement de l’ensemble des pays de planète autour des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD). Une série de 8 objectifs visant notamment à diviser par deux l’extrême pauvreté dans le monde et à améliorer le bien-être des populations les plus vulnérables.
Les OMD ont permis à tous les acteurs, et en particulier les gouvernements, de rassembler leurs ressources et leurs efforts autour de ces 8 objectifs spécifiques. Depuis, des progrès sans précédent ont été accomplis :
- plus de 6 millions de personnes habitant en Afrique ont pu débuter et suivre un traitement antirétroviral contre le VIH/sida,
- 5,5 millions de vies ont été sauvées grâce à des vaccins plus utilisés et plus accessibles,
- plus de 50 millions d’enfants supplémentaires ont été scolarisés en primaire.
Treize ans après la Déclaration du millénaire, au moins 60 pays en voie de développement sont en bonne voie d’atteindre certains de ces objectifs, tandis que d’autres restent en retard. Cet élan et cette appropriation des OMD par l’ensemble des acteurs du développement a changé la manière dont la lutte contre la pauvreté était menée, et continuera à influencer le monde d’ici à 2015 (date limite pour atteindre OMD).
Cependant, au-delà de 2015, la tâche à accomplir reste immense ! Il est donc indispensable à présent de mettre en place un nouvel ensemble d’objectifs pour lutter contre la pauvreté après 2015, qui tiennent compte des réussites et des limites du cadre précédent. Ce nouveau plan d’action s’étendra sur les prochaines décennies et il est donc essentiel que la nouvelle architecture soit la meilleure possible dès sa définition.
Les Nations Unies ont ainsi nommé un groupe d’experts pour travailler sur ces nouveaux objectifs post- 2015. Ce Panel de haut niveau des éminentes personnalités sur l’Agenda pour le développement (PHN) est coprésidé par le Premier ministre britannique, David Cameron, la Président de la République libérienne, Ellen Johnson Sirleaf, et le Président de la République d’Indonésie, Susilo Bambang Yudhoyono.

Les co-présidents du Panel de haut niveau sur l’Agenda pour le développement (PHN) : le Président indonésien Susilo Bambang Yudhoyono, le Premier ministre britannique David Cameron et la Présidente du Libéria, Ellen Johnson Sirleaf. Crédit: UN
Pour faire en sorte que le cadre post-2015 ait un impact encore plus important sur la vie des personne les plus pauvres dans le monde, il est indispensable que l’ouverture – notamment la transparence, la responsabilité et la participation publique - soient au cœur de ce nouveau cadre de développement.
Ainsi ONE, en partenariat avec d’autres organisations*, publie un rapport intitulé « Ouvert au développement ». Ce dernier demande au PHN de s’assurer que les nouveaux objectifs de lutte contre la pauvreté répondent aux priorités des populations les plus pauvres. En effet, il est essentiel d’établir un processus participatif, un cadre de suivi clair et des portails de données ouverts à tous, permettant ainsi aux citoyens d’engager la responsabilité de leurs dirigeants et de rendre ces dernier redevable vis-à-vis de leur population. Notre rapport a d’ailleurs été remis au PHN en main propre.
Vous vous demandez certainement ce que nous entendons exactement par « ouvert », « transparent » et « redevable » ?
- Pour faire simple, notre rapport appelle l’ensemble des pays à s’engager à fournir des informations régulières permettant de suivre, en temps réel, l’état de réalisation des objectifs.
- Nous demandons également à ce que les capacités statistiques des pays en voie de développement soient renforcées et soutenues financièrement ; afin que des bases de données ouvertes (suivant les normes « open-data ») puissent être facilement accessibles et compréhensibles par tous. Cela permettra aux citoyens des pays développés, mais aussi ceux des pays en voie de développement qui sont les plus concernés, d’obtenir des informations pertinentes afin de tenir responsables les gouvernements sur la manière dont ils utilisent cet argent et sur les résultats qu’ils obtiennent. Cela leur permettra également de prendre de meilleures décisions, basées sur une meilleure information.
- Enfin, nous demandons à ce que les priorités des citoyens des pays en voie de développement, qui seront les plus concernés par ces nouveaux objectifs, soient prises en compte. Grâce aux progrès technologiques de la dernière décennie, en particulier la croissance rapide de l’utilisation des téléphones portables dans les pays en voie de développement, il est aujourd’hui plus simple qu’il n’a jamais été de s’assurer que cela soit le cas. Il n’y plus aucune excuse pour ne pas écouter leur opinion.
Pour ONE, la prise de décision concernant ces OMD 2.0 devrait se faire de manière transparente, ouverte et de prendre en compte les réelles priorités de développement. Les objectifs actuels ont d’ores et déjà permis des avancées majeures en matière de développement. Nous parlons à présent d’un nouveau chapitre, et il est crucial que les citoyens puissent participer à son écriture dès à présent et tout au long de leur mise en place.
* Nos partenaires internationaux pour cette action sont les suivants : Center for Transparency and Accountability au Liberia (CENTAL), Development Initiatives, Fundar (Mexique), Global Witness, Global Movement for Budget Transparency, Accountability and Participation, Integrity Action, International Budget Partnership, Luta Hamutuk Institute (Timor Est), Publish What You Fund, Publiez ce que vous payez, Revenue Watch Institute, Transparency International et W3C (Brésil).
Feb 15th, 2013 5:49 PM UTC
By admin
La semaine dernière, j’ai répondu aux questions les plus fréquemment posées sur les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) – qu’est-ce qu’on entend par OMD, à quoi ça sert, pourquoi ils sont importants, et qu’est-ce qu’on attend des prochains. Cette semaine, je veux me concentrer sur la façon dont les OMD ont intensifié les efforts de tous, permettant de relever certains des défis sur le développement les plus importants au monde. Depuis 2000 et la naissance des OMD, certains des programmes de développement les plus efficaces ont vu le jour.

Voilà les progrès qui ont été réalisé depuis 2000 :
RÉDUIRE L’EXTRÊME PAUVRETÉ ET LUTTER CONTRE LA FAIM (OMD 1)
Plus de 60 pays en développement sont en bonne voie pour réduire de moitié l’extrême pauvreté d’ici à 2015. Pour 40 pays en développement, il n’y a pas assez de données disponibles pour savoir s’ils sont sur la bonne voie pour atteindre l’OMD 1 ou non, et le peu de données qui existent datent de plus de 5 ans.
ASSURER L’EDUCATION PRIMAIRE POUR TOUS (OMD 2)
Depuis 2000, des progrès impressionnants ont été fait en ce qui concerne la scolarisation des enfants en primaire. Rien qu’en Afrique sub-saharienne, 51 millions d’enfants supplémentaires ont été scolarisés entre 1999 et 2010.
Mais il y a encore du travail : 31 millions des 61 millions d’enfants dans le monde qui ne sont toujours pas scolarisés, vivent en Afrique sub-saharienne.
RÉDUIRE LA MORTALITÉ DES ENFANTS DE MOINS DE 5 ANS (OMD 4)
Le taux de mortalité infantile a diminué de 41% de 1990 à 2011, en partie grâce à de nouvelles technologies et des partenariats efficaces dans le domaine de la santé pour permettre l’accès aux vaccins, la distribution de moustiquaires et une bonne nutrition. Depuis sa création en 2000, l’Alliance mondiale pour les vaccins et l’immunisation (GAVI) a vacciné 370 millions d’enfants. Un nombre qui selon GAVI a permis d’éviter près de 5,5 millions de décès infantiles.
COMBATTRE LA PROPAGATION DU VIH / SIDA, DU PALUDISME, DE LA TUBERCULOSE ET D’AUTRES MALADIES (OMD 6)
Le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme existe depuis 11 ans. Durant les 10 premières années de sa création, les programmes du Fonds ont sauvé 7,7 millions de vies. Le Fonds a permis a 3,3 millions de personnes d’avoir accès au traitement du sida, a traité plus de 8,6 millions de cas de tuberculose dans le monde, et distribué plus de 230 millions de moustiquaires imprégnées d’insecticide pour aider à prévenir la transmission du paludisme.
Grâce aux programmes du Fonds mondial, ainsi qu’aux efforts bilatéraux des donateurs du monde entier, le nombre de personnes sous traitement antirétroviral en Afrique subsaharienne est passé de 50 000 en 2002 à 6,2 millions en 2011. L’OMD 6 inclut la réduction de la propagation du VIH / sida. Et nous commençons effectivement à voir la diminution du nombre d’infections, grâce à ces programmes. Entre 2001 et 2011, le taux de nouvelles infections au VIH a diminué de plus de 25% dans 23 pays d’Afrique sub-saharienne.
Se fixer des objectifs fonctionne. De grands progrès ont été réalisés au cours des 13 dernières années, et des millions de vies ont été sauvées. La prochaine série d’objectifs pour le développement permettra de déterminer quels sont les nouveaux programmes à mettre en place, et de quelle manière nous allons dépenser des ressources précieuses à l’avenir.
Maintenant que vous connaissez les résultats accomplis par les OMD, faisons en sorte que les prochains, qui définiront le nouveau cadre de développement jusqu’en 2030, soient encore mieux.
Faites entendre votre voix ! Signez dès maintenant notre pétition pour exhorter les dirigeants du monde à inscrire la transparence, la responsabilité et la participation publique au coeur du nouveau cadre de développement post-2015.
- Lauren Pfeifer -
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