Apr 29th, 2013 4:32 PM UTC
By blogueur invité
J’ai voulu prendre le temps de vous écrire à propos de quelque chose qui me tient vraiment à cœur : l’alimentation. Mais il ne s’agit pas que de moi, cette question concerne aussi de très près chaque famille, car elle occupe une place majeure dans nos foyers. Elle peut aussi nous apporter les meilleurs moments de notre vie.
Mais aujourd’hui, la situation est dramatique. Ce que nous mangeons nous tue, souvent faute d’un apport nutritionnel approprié ! En Tanzanie comme en France, avoir accès à une alimentation nutritive, pour soi-même ou pour sa famille, est devenu un combat quotidien. Privés d’éducation alimentaire, nous ne savons plus ce qui est bon et ce qui ne l’est plus.
Rien que cette année, plus de deux millions de personnes mourront des conséquences de l’obésité, alors que 2 millions d’enfants mourront de malnutrition. Cette situation est inacceptable et il faut y remédier.

ONE et ma journée phare « Food revolution day » ont de nombreux points communs. Tout d’abord, nous faisons entendre notre voix. Nous refusons de rester les bras croisés sans rien faire. Nous en parlons autour de nous et diffusons, au niveau local et dans le monde entier, des messages pour promouvoir une éducation alimentaire de qualité et de bonnes pratiques alimentaires.
Dans quelques semaines, les dirigeants internationaux se renconteront à l’occasion d’une réunion exceptionnelle sur la nutrition. Nous devons donc parler d’une même voix, avec fierté et en veillant à bien nous faire entendre. Car nous avons une chance de faire la différence ! Il est temps que les dirigeants du monde entier prennent conscience que ce que nous mangeons nous tue et qu’ils peuvent mettre fin à cette situation. L’alimentation est ma priorité, c’est la vôtre et il est temps qu’ils l’inscrivent aussi à leur agenda.
C’est le message que nous leur envoyons : chers dirigeants du monde, nous vous exhortons à prendre des engagements concrets et mesurables afin de réduire la malnutrition chronique pour 25 millions d’enfants d’ici à 2016.
Je ne suis pas médecin. Je suis un chef. Je n’ai ni matériel coûteux ni médicaments. Je n’ai que l’information, l’éducation et ma voix. J’ai besoin de vous et j’ai besoin que vous vous mobilisiez à mes côtés pour que nous puissions nous faire entendre.
Qu’il s’agisse de lutter contre la pauvreté et la faim, ou contre l’obésité ou une maladie liée à l’alimentation, nous devons reconsidérer notre vision de la nourriture. Il est temps d’entamer une révolution alimentaire. Nous pourrons ainsi sauver des millions de vie.
Jamie Oliver
Chef, militant et membre de ONE
Jan 29th, 2013 3:29 PM UTC
By blogueur invité
L’action humanitaire a permis d’éviter le pire au Sahel, mais les agriculteurs ont encore besoin de soutien pour éviter de futures pénuries alimentaires. Ce message a été publié à l’origine par Oxfam America. Lire l’article initial ici.

Saliou Diallo travaille dans son champ de maïs. Il a utilisé l’argent donné par Oxfam pour nourrir sa famille quand il tentait de cultiver ses terres en période de vaches maigres. Photo de Holly Pickett / Oxfam America.
Avant de tourner réellement la page sur l’année 2012, je repense au travail d’Oxfam au Sahel au cours de l’année écoulée. En 2012, après une saison de pluies insuffisantes ou irrégulières dans la région, Oxfam et de nombreuses autres organisations humanitaires craignaient qu’une nouvelle mauvaise récolte l’année suivante ne fasse périr de faim des millions de personnes. Je suis parti à la rencontre d’agriculteurs à l’extrême Est du Sénégal en avril 2012 afin de voir ce dont ils avaient besoin. Ils voulaient des semences afin d’avoir de quoi planter et de la nourriture pour pouvoir travailler. Ils disaient également qu’ils avaient besoin de pluie, ce qui n’est jamais garantie au Sahel.
Oxfam a réagi à la crise dans sept pays : le Burkina Faso, le Tchad, la Gambie, le Niger, le Mali, la Mauritanie et le Sénégal. Nous avons aidé plus d’un million de personnes en mettant en place différents programmes adaptés à la particularité du lieu. Nous avons aidé des gens, fuyant la violence et l’instabilité au Mali, à obtenir l’eau potable et la nourriture dont ils avaient besoin pour survivre. Oxfam a réparé des puits, a fourni du fourrage pour les animaux, et payé des gens pour travailler sur des projets de lutte contre l’érosion et sur l’amélioration des sols. Nous avons distribué du savon pour que les gens puissent rester propres, ainsi que des outils de traitement de l’eau en vue de réduire le risque de maladies d’origine hydrique. Nous avons distribué de la nourriture là où les gens n’en avaient pas, et de l’argent pour en acheter là il y en avait.
Heureusement, il a plu suffisamment dans la région en 2012. Les récoltes ont augmenté. De nombreux agriculteurs ont pu faire pousser quelque chose grâce à des semences, des outils, des chariots à traction, de l’engrais, de la main-d’œuvre et d’autres instruments clés. Cependant, beaucoup d’autres ont dû vendre ce qu’ils avaient récolté pour rembourser des dettes. D’autres n’ont pas pu cultiver grand chose, sinon rien, pour la simple raison qu’ils sont pauvres. Quand je suis retourné au même endroit en octobre, un agriculteur m’a dit qu’il ne pouvait pas cultiver un champ assez grand pour nourrir sa famille. «Je ne dispose pas d’équipement », a-t-il dit. « Je ne possède pas de charrue, ni de machines pour traiter l’arachide ou le riz, ou encore un cheval. Je ne peux que porter les lourdes charges sur ma tête. Ce n’est pas facile ».
La crise est donc loin d’être terminée, même si nous avons fait en sorte d’éviter le pire. Il y aura à l’avenir d’autres années de sécheresse. C’est pourquoi Oxfam et d’autres organisations recommandent aux gouvernements d’investir dans des réserves de nourriture pour aider les gens en période de pénurie. Mais aussi de mettre en place plus de formations sur les techniques agricoles et la gestion d’entreprise pour les petits agriculteurs (surtout les femmes) afin de les aider à produire plus de nourriture, et de la transformer de manière à en tirer plus d’argent quand ils la vendent.
Dans la région de Kédougou, dans l’est du Sénégal, une grande quantité de nourriture était disponible (mais chère) sur les marchés locaux. Oxfam a donc distribué de l’argent aux agriculteurs les plus pauvres. Ceux que j’avais rencontrés en octobre m’ont raconté avoir obtenu trois versements de 43 000 francs CFA (environ $ 90) en août et septembre, lorsque les ménages sont à court de nourriture pendant que leurs récoltes finissent de pousser. Saliou Diallo, 45 ans, marié et père de trois enfants, a fait comme la plupart des agriculteurs. Il a utilisé le premier versement pour acheter l’équivalent d’un mois de nourriture : riz, épices, oignons et un peu de sucre. Diallo avait planté environ une demi-acre de maïs à une courte distance de son domicile dans un village appelé NAMEL. «Sans l’argent, je n’aurais pas été en mesure de travailler sur cette terre» dit-il, debout au milieu de ses plantations maintenant hautes d’environ 2 mètres. «Avant, nous étions affamés et je travaillais avec un estomac vide. Maintenant, je peux travailler sans me soucier d’où je vais trouver de la nourriture pour ma famille ».

Crédit photo : Boulata Diallo montre aux visiteurs son champ d’arachide. Houx Pickett / Oxfam America.
Boulata Diallo est une de ses voisines (aucun lien de parenté). C’est une veuve borgne de 60 ans, trapue et vive, qui cultive du maïs et de l’arachide. Elle dit que l’argent d’Oxfam l’a aidée à acheter de la nourriture pour toute sa famille. «Nous avons acheté le maïs, le riz, le sel, l’huile, le beurre d’arachide, des épices, du lait en poudre et des noix de kola », nous explique Boulata Diallo, assise dans sa petite maison au toit de chaume. « J’ai même acheté une paire de sandales», dit-elle levant un pied, chaussé d’une tong jaune fluo, et elle précise qu’elle a également « donné cinq kilos de riz à [son] voisin ».
Elle a aussi pu embaucher un voisin pour environ 3 000 francs CFA (environ 6 $) afin qu’il aide à travailler dans son champ d’arachide. « Ce n’est pas facile de travailler dans les champs quand vous avez faim, mais avec l’argent j’ai un peu d’aide», dit-elle, en longeant le périmètre de son domaine. Elle était impatiente d’obtenir un rendement décent de son arachide plus tard dans l’automne, mais n’avait pas beaucoup d’espoir quant à ses plantations de maïs qui, disait-elle, n’avait pas une bonne croissance.
C’était une chaude après-midi, et alors que la lumière s’affaiblissait, nous avons pris quelques photos. Le sourire de Boulata Diallo était radieux.
« Si quelqu’un vous aide à lutter contre la famine, ca rend les gens heureux», dit-elle. «Dieu sait que nous ne pouvons pas rembourser, mais on nous soulage d’un véritable poids ».
À propos de l’auteur: Chris Hufstader travaille pour Oxfam America depuis 1998. Il écrit au sujet des programmes d’Oxfam America en Afrique de l’Ouest, en Afrique australe et en Amérique latine.
Jan 22nd, 2013 12:12 PM UTC
By blogueur invité
Par Aissata Ba, membre de ONE. Ce billet a d’abord été publié sur Huffington post.
Baba, jeune blogueur malien influent, résidant à Bamako, nous parle de l’après-guerre, car si le récit au jour le jour des affrontements fait la Une des journaux, il ne faut pas perdre de vue l’objectif de cette guerre: sortir de la situation de crise pour revenir à un Etat stable et améliorer le sort des populations civiles. De l’aide internationale à la formation nécessaire pour poursuivre le développement que le Mali avait commencé à établir avant la crise, aucun sujet n’est épargné, et surtout pas l’agriculture qui a pris un coup avec le passage des combats sur les terres des cultivateurs et des éleveurs maliens.
Entretien avec un jeune homme pour qui la stabilisation du Mali sera le résultat d’une équation fort complexe.
Maintenant que la communauté internationale soutient l’intervention militaire, qu’attendez-vous de la communauté internationale pour la suite et notamment de la France et de l’Union Européenne concernant la stabilisation du pays?
Il n’y a pas de grand drame sans conséquences. La guerre que nous vivons en est un.
Sans paraître révolutionnaire ou rebelle, la communauté internationale a des précédents en matière de reconstruction qui, quand il n’y a pas d’immenses ressources en jeu, font jurisprudence. Le cas d’Haïti ne sera peut-être pas comparable par exemple à celui de la Côte d’Ivoire, où malgré les embargos, la reprise a été très rapide. Le terrain appelle l’investissement, et l’aide avec. Quand le pays ne présente pas un intérêt réel en matière de ressources, il arrive que les promesses tenues à l’heure des larmes ne correspondent pas aux résultats après bilan.
Qu’en sera-t-il de l’appui à la stabilisation? Et, pour vous compléter, l’appui à la reconstruction puisque les deux vont ensemble.
C’est dur à prévoir. La stabilisation du Mali va être une équation très compliquée. Comme nous nous plaisons à le dire entre jeunes, c’est un grand pays encore plus grand géographiquement. Donc même la stabilisation militaire ne sera pas facile, avec des insurgés réduits à des groupuscules très mobiles qui pratiquent la politique du harcèlement de villes. Le matin à Rome, le soir à Paris. Nous avons été confrontés très tôt à ce phénomène difficile qui avait conduit au jeu chute-récupération des premières villes en janvier 2012, jusqu’à la chute anecdotique de Tessalit. Ce n’est pas seulement une demande d’aide classique, le Mali ne s’en sortira pas sans un appui fort. La France l’a compris et mène sur le plan diplomatique les batailles nécessaires, y compris son annonce du 17 janvier 2013 de demander encore des appuis occidentaux.
En dehors du plan militaire, le problème risque d’être aussi complexe. A la base, le Mali n’était pas un pays très riche, mais faisait des progrès intéressants en matière de développement. Une cassure s’est installée dans presque tous les domaines, pas seulement avec l’insurrection mais aussi avec la crise politique née du putsch militaire du 22 mars 2012.
C’est dur à dire, mais le Mali risque d’avoir encore plus besoin de ses partenaires techniques et financiers, et donc de la communauté internationale, et ce besoin se fait crescendo à un bien mauvais moment, vue la situation financière partout dans le monde. Il faudra beaucoup, beaucoup de bonne volonté.
On sait que l’un des terreaux fertiles à l’instabilité politique et sécuritaire est la pauvreté. Une fois la menace terroriste éloignée, et dès à présent, quels sont d’après vous les moyens de favoriser le développement du Mali?
Sans offenser les efforts fournis par la communauté internationale dont nous parlions il y a un instant, le développement du Mali ne saurait atteindre sa vitesse de croisière sans que la plupart des efforts ne soient orientés vers la formation. Nous avons reçu tellement de “cadeaux” que nous n’avons su entretenir, et c’est valable dans tous les domaines : infrastructures, équipements, etc.
Le Mali, lui-même, doit d’abord réfléchir au modèle d’éducation, et appuyer les efforts de spécialisation. Le modèle classique d’éducation importé n’est peut-être pas ou plus adéquat. Le monde, lui-même, se spécialise. Nous avons assez, sinon trop de spécialistes en marketing, aviation, ou autres électronique et informatique. Nous ne sommes producteurs dans aucun de ces domaines. Par contre pour un pays qui se construit, nous produisons plus d’ingénieurs et d’architectes que de spécialistes en bâtiment à un niveau moins élevé. La main d’œuvre qualifiée n’existe pas ou peu. Certains maliens vont chercher des menuisiers ivoiriens pour faire de belles portes avec du bois malien. Ou des ouvriers togolais pour fabriquer les briques “rouges” à base de latérite. Pendant que la plupart des écoles spécialisées forment en secrétariat. Notre beurre de karité, par exemple, est refusé à l’export parce que sa transformation ne répond pas aux normes internationales.
C’est aberrant. En interne, il faudrait d’abord que nous comprenions que nous ne pouvons pas optimiser l’aide que l’on reçoit si nous ne maîtrisons pas ce qui s’y réfère. Ensuite, en externe, toute forme d’aide doit être au préalable étudiée de telle sorte que le bénéficiaire puisse la maîtriser pour en bénéficier de façon pleine et pérenne.
Comme le rappelle One dans un blog sur l’Aide publique au développement, des promesses ont été faites par la communauté internationale, dont l’Union européenne, pour la lutte contre la pauvreté et le développement de l’agriculture au Mali à la suite, notamment, de la dernière crise alimentaire. Qu’attendez-vous de ces promesses et plus généralement du rôle de la communauté internationale et de l’Europe pour le futur du Mali?
Le Mali est en guerre. Aucun domaine n’est épargné. L’agriculture malienne, malgré les difficultés particulières de gouvernance dans ce domaine, avait pourtant pris une direction intéressante. Par exemple, l’Initiative Riz a été lancée il y a peu, avec des résultats mitigés mais de réelles avancées. Malheureusement les récents combats dans le Sud du pays ont obligé les agriculteurs à rester chez eux. La campagne rizicole aurait dû être intéressante cette année grâce à une bonne pluviométrie, mais combien de temps vont durer les affrontements ? Le Serval est salvateur, mais le Serval et les vaches ne font pas bon ménage. La campagne « Riz » risque donc d’être sérieusement remise en question malgré les bons espoirs de la fin d’année dernière. La production de riz ne reposera alors que sur les zones à haute pluviométrie de la région de Sikasso, qui ne sont pas encore touchées, mais qui ne sont qu’à quelques kilomètres. Croisons les doigts.
A ces dommages causés aux campagnes agricoles en cours, s’ajoutent des problématiques plus structurelles, qu’il faudra aussi intégrer dans le processus de reconstruction et de stabilisation du Mali. Les paysans isolés et les coopératives de femmes manquent de capacités humaines et matérielles pour transformer les produits agricoles, pourtant très nombreux et à forte valeur ajoutée : mangue, karité, manioc, noix de cajou, coton… Ils poussent presque spontanément. Maintenant, il faut les sauver.
Ces producteurs gagneraient énormément à avoir les outils qu’il faut, et le savoir nécessaire pour transformer ou conditionner leurs productions. Mieux gérée et présentée, la production du sol malien peut conduire de manière surprenante et inattendue à une très rapide autosuffisance alimentaire, condition sine qua non du développement du Mali.
Dec 3rd, 2012 11:17 AM UTC
By Isabelle De Lichtervelde
En 2008, lorsque les prix des denrées alimentaires sont montés en flèche, les donateurs ont cherché des idées ingénieuses afin d’aider les communautés vulnérables à y faire face en augmentant la production alimentaire locale et en leur permettant de gagner assez d’argent pour acheter de la nourriture et épargner en prévision des moments difficiles.
Une de ces merveilleuses idées est née au Kenya où une émission de radio – financée par l’Union européenne et l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) –encourageait l’utilisation de meilleures techniques agricoles au sein d’une population rurale dispersée. Cela a réellement changé des vies.
Expérimentée dans 14 districts de la province de la Vallée du Rift au Kenya, une région à fort potentiel dans le domaine de la production laitière, la série radio de quatre mois a diffusé des méthodes pour améliorer la production laitière en s’adressant à une audience aussi large que possible ; y compris les mamans et les jeunes. L’objectif à long terme était d’améliorer les revenus des ménages et leur niveau de vie.
M. Isaac Ngetich, un agriculteur du district de Koibatek explique : «Notre région a un fort potentiel pour la production laitière qui n’est pas pleinement exploité. Les programmes radio nous ont aidés. » Il poursuit : « Grâce à ce programme, j’ai gagné le prix du meilleur agriculteur en passant de 3 litres de lait produits à 4, 5, 7 puis 10. Je gère désormais 2 hectares de pâturage et j’ai compris l’importance d’avoir une bonne tenue des dossiers pour surveiller les performances et identifier les domaines d’amélioration dans la gestion des animaux».
Les programmes ont également offert des conseils pratiques comme la façon de produire de l’ensilage pour nourrir le bétail. Après avoir écouté l’émission de radio et plus tard assisté à une démonstration de hache-paille (un dispositif pour hacher la paille et le foin), Isaac a décidé d’en faire lui-même l’expérience. «Aujourd’hui, je suis capable de couper assez d’herbe pour mes animaux et de vendre le surplus ».
Les programmes radio ont eu un grand succès rassemblant jusqu’à 1,2 millions d’auditeurs chaque semaine. « Quand les programmes ont commencé, j’ai acheté une radio, je pouvais ainsi suivre les programmes quel que soit l’endroit où je me trouvais. Je prenais des notes et j’essayais de suivre les conseils donnés à la radio. Ma production de lait est ainsi passée de 15 à 36 litres» nous confie Isaac Rotich, président de Muserechi Young Farmers (les jeunes agriculteurs de Muserechi). « Je ne travaille pour personne d’autre et pourtant, je suis en mesure de subvenir aux besoins de mes enfants».
Les programmes radio ont eu un grand succès rassemblant jusqu’à 1,2 millions d’auditeurs chaque semaine. « Quand les programmes ont commencé, j’ai acheté une radio, je pouvais ainsi suivre les programmes quel que soit l’endroit où je me trouvais. Je prenais des notes et j’essayais de suivre les conseils donnés à la radio. Ma production de lait est ainsi passée de 15 à 36 litres» nous confie Isaac Rotich, président de Muserechi Young Farmers (les jeunes agriculteurs de Muserechi). « Je ne travaille pour personne d’autre et pourtant, je suis en mesure de subvenir aux besoins de mes enfants».
Paul Cheruiyot, président de Torongo Farmer’s Cooperative (Dairy) (Coopérative des éleveurs laitiers de Torongo) souligne : « Depuis la création de notre coopérative, notre principal défi a été de réduire le rejet du lait qui était en augmentation depuis des années et qui a atteint un pic de 2000 litres quotidien en 2009. Grâce à ce programme, nos membres s’engagent désormais dans la production de lait propre et sont même parvenus à réduire le rejet de 2000 à 100 litres».
A l’heure de l’Internet, ce programme montre que la radio a toujours le pouvoir de changer des vies à grande échelle. « Le programme de radio peut s’adresser à la fois aux propriétaires, aux travailleurs et aux familles» souligne Cheruiyot. Grâce à la réduction du rejet de lait, nos membres sont biens mieux lotis».
L’amélioration des niveaux de production laitière et la réduction des niveaux de rejet du lait signifiaient plus d’argent pour les agriculteurs ruraux, y compris les femmes. Cela a alors conduit à la création de la Savings and Credit Society (Société d’épargne et de crédit) qui aidera les agriculteurs ruraux à mettre de l’argent de côté pour se prémunir contre de futures envolées des prix.
Face au succès rencontré par ce premier projet, un autre programme de radio a été mis en place et est actuellement diffusé dans 10 autres districts Kenyans. Des programmes de radio similaires sont également en train d’être mis en place dans des zones arides et semi-arides dans le cadre du programme de Développement Rural au Kenya (KRDP) financé par l’Union européenne. Le gouvernement kenyan supporte également des initiatives similaires.
A propos de la FAO
L’Organisation des Nations Unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO) est une agence spécialisée de l’ONU qui dirige les efforts de la communauté internationale en vue de combattre la faim. Atteindre la sécurité alimentaire pour tous est au cœur des efforts de la FAO, qui cherche à assurer l’accès régulier de tous à suffisamment d’aliments de qualité pour qu’ils puissent mener des vies actives et saines. Visitez le site de la FAO.
Nov 22nd, 2012 1:23 PM UTC
By Isabelle De Lichtervelde
Au Kenya, la petite mouche tsétsé est un gros problème. Sa piqûre peut transmettre une maladie mortelle, appelée maladie du sommeil pour sa forme humaine, et Nagana pour sa forme animale qui touche le bétail. L’impact économique de la maladie peut également être dévastateur. Cependant, grâce à une expérience financée par l’Union européenne, des éleveurs au Kenya luttent contre la maladie grâce à un collier répulsif révolutionnaire.
Ce nouvel accessoire « à la mode » pour les vaches kényanes participe à sa manière au bien être, à la sécurité alimentaire et à la prospérité générale des éleveurs de bétails en Afrique. Il a été imaginé et développé par des scientifiques du Centre International de physiologie et d’écologie des insectes (ICIPE). Les répulsifs ont été identifiés en se basant sur les odeurs des animaux que la mouche tsétsé évite généralement. Le projet de 2 millions d’euros se déroule jusqu’en juin 2013.
Le coordinateur du projet, le professeur Rajinder Saini, affirme que le projet a réduit l’impact de la maladie de plus de 90% pendant la période test. La grande majorité des éleveurs participants signalent qu’ils peuvent maintenant mettre leurs animaux en pâturage où ils le souhaitent, y compris dans des espaces envahis par la mouche tsétsé.
Grâce à ces plus larges espaces de pâturage, le poids des animaux porteurs de colliers a augmenté de manière significative, ce qui permet ensuite de les vendre à un prix plus élevé. La production laitière a également augmenté.
L’effet économique est important. « Avant que l’ICIPE ne vienne avec ces colliers, le prix de vente [du bétail] était entre 91 et 110 € par tête. Avec les colliers et la hausse du poids qui a suivi, nous pouvons aujourd’hui vendre les animaux à plus de 322€ » affirme Sabina Tsehlo, un des bénéficiaires du projet qui habite Mkongani, sur la côte kenyane.
« Avant d’utiliser les colliers, je récupérai 1,5 litres de lait par jour, maintenant j’en ai 3 litres. Nous pouvons enfin commencer à utiliser des animaux de meilleure race », ajoute Mary Ben Nzazi de Mangawani.
Suleiman Shee, également de Mangawani, affirme que « grâce aux colliers, je peux emmener paitre mes vaches tôt le matin, et tard le soir, sans être dérangé par les mouches, qui sont plus actives à ces périodes. Le poids de mes animaux augmente également et nous pouvons gagner plus d’argent en les vendant ».
A Zunguluka, les fermiers constatent également les bénéfices de ce projet de l’UE contre la mouche tsétsé.
Mohammed Sheria affime ainsi avec fierté : « Avant l’utilisation des colliers répulsifs de l’ICIPE, je devais payer plus de 275€ pour labourer mes 20 acres de terrain. Maintenant, je peux utiliser mes taureaux protégés et c’est gratuit ».
« Auparavant, mes taureaux labouraient 1 acre par jour, maintenant ils peuvent faire jusqu’à 3 acres par jour », a ajouté Mwalimu M. Sheria.
Le développement de la technologie des répulsifs contre la mouche tsétsé pourraient ainsi permettre une contribution significative afin d’améliorer la sécurité alimentaire en Afrique.
Selon le professeur Saini, « l’amélioration de la santé et de la productivité du bétail peut permettre à ces fermiers de se sortir de la trappe à pauvreté ».
Suite à aux résultats fructueux de ce projet, le professeur Saini et son équipe espère pouvoir continuer à optimiser le collier et développer la taille du projet, afin que plus de fermiers au Kenya et dans d’autres pays affectés par les mouches tsétsés puisse avoir accès à cette technologie. Ils espèrent pouvoir produire en série ces colliers testés au Kenya qui ne sont pas en métal, ne coûtent pas cher et sont simples d’utilisation par les éleveurs. Par ailleurs l’ICIPE souhaite également étudier la possibilité d’adapter les colliers répulsifs pour protéger les êtres humains.
A propos d’ICIPE
Le Centre International de physiologie et d’écologie des insectes (ICIPE) est un institut international de recherches basé à Nairobi, au Kenya. Sa mission est de lutter contre la pauvreté, d’améliorer la sécurité alimentaire et la situation sanitaire des populations vivant dans les pays du Sud, en créant et développant des outils et des stratégies pour contrôler les arthropodes nuisibles et ceux qui sont utiles, le tout en préservant les ressources naturelles. Ils se basent pour cela sur la recherche et le renforcement des capacités des populations.
Pour en savoir plus sur ICIPE, visitez leur site internet : http://www.icipe.org (en anglais)
Nov 15th, 2012 12:10 PM UTC
By Coline Grunblatt
Confronté à des pluies moins abondantes et des inondations irrégulières, le village semi-aride de Chololo en Tanzanie apprend à s’adapter aux défis du changement climatique.
Photo : le village semi-aride de Chololo en Tanzanie
Grâce à un projet financé par l’UE, le village de Chololo avec ses 3 500 habitants, est en passe de devenir un écovillage modèle – grâce à l’utilisation de mesures d’adaptation au changement climatique et d’atténuation de ses effets.
Le projet d’une durée de deux ans, lancé en octobre 2011, vise à développer un modèle de pratiques durables dans les domaines de l’agriculture, de l’élevage, de l’eau, de l’énergie et des ressources naturelles. Ce modèle pourrait à terme permettre à des millions de personnes dans la région de faire face à l’évolution des conditions climatiques.
«Nous avons choisi Chololo parce que les gens sont très pauvres, à peine capable de se procurer suffisamment de nourriture pour toute l’année car leur agriculture est basée sur une culture purement pluviale», explique le Dr Francis Bernard Njau, gestionnaire du projet Chololo Ecovillage. «Avant le projet il n’y avait pas de système adapté pour récupérer l’eau de pluie. A ce jour 1 111 ménages ont été impliqués dans les différents aspects du projet.”
Le projet d’écovillage a mis l’accent sur les innovations agricoles qui utilisent au mieux les précipitations. Actuellement, 400 agriculteurs ont été formés à l’utilisation de variétés de graines à maturation précoce et résistantes à la sécheresse, ainsi qu’à des techniques de préparation du sol et de conservation de l’eau. En outre, l’approvisionnement en eau du village a été rétablit et le toit de l’école primaire locale a été équipé d’un système de récupération des eaux de pluies, permettant de recueillir dans des réservoirs souterrains, jusqu’à 60 000 litres d’eau.
« Six villages voisins ont désormais accès à l’eau courante grâce à la réparation du puis et le système de récupération des eaux de pluies introduit dans les écoles et dans les foyers est complètement opérationnel », revendique le Dr Njau.
En ce qui concerne le bétail, 118 agriculteurs ont été formés, dont 54 femmes, afin d’améliorer les techniques d’élevage pour 30 taureaux et 60 chèvres. En plus de cela, 120 éleveurs de poulets, en majorité des femmes, ont également commencé à bénéficier de l’amélioration des techniques d’élevage.
Un autre objectif du projet est d’améliorer l’accès aux ressources naturelles grâce à la plantation d’arbres, à l’agroforesterie et à la planification et la gestion communautaire des terres, tout en encourageant l’utilisation de sources d’énergies renouvelables. Déjà 14 668 arbres ont été plantés dans plus de 208 jardins, six églises, une école primaire et au dispensaire, de même que 3 000 arbres dans la réserve forestière du village de 3 acres.
« On apprécie les savoirs qui nous sont transmis que ce soit dans les domaines de l’agriculture, de la sélection de graines ou des techniques agricoles telles que la charrue à bœuf » dit le porte-parole du village de Chololo, Monsieur Michael Jonas Mbumi. « Les groupes de femmes prospèrent, et les plantations d’arbres associées aux fours économes en énergie et au biogaz, nous aident à préserver l’environnement».
Le projet a également considérablement amélioré la sécurité alimentaire du village. « Cette année, malgré des pluies moins abondantes, nous avons obtenu un supplément de récolte de sorghum, de millet perlé, d’arachides et de pois chiches et pois cajan ».
Photo: Collecte d’eau de pluie grâce à un système de captage sur les toits.
L’ancien porte-parole du village, James Maligana, ajoute : « parmi ceux qui ont participé au projet, aucun n’a souffert d’insécurité alimentaire. Avant projet, je récoltais 1 à 2 sacs de millet. Maintenant, j’ai entre 4 et 6 sacs, pour une surface cultivée inférieure. Et pendant les sécheresses prolongées, j’étais quand même capable de récolter 10 sacs alors qu’avant, pendant les bonnes années, c’était maximum 5 ou 6 sacs ».
Les résultats du projet d’écovillage à Chololo sont même venus aux oreilles du parlement tanzanien. Le réel test de ce projet sera donc de répéter ce succès à travers l’ensemble du pays et de l’Afrique de l’Est.
A propos de IRDP
L’Institut tanzanien pour la planification du développement rural (IRDP) fournis des services de formation, de recherche et de consultance dans le domaine de la gestion et de la planification du développement rural. Son objectif principal est de réduire la pénurie de main d’œuvre qualifiée tout en renforçant, de manière durable, les capacités des populations afin de réduire la pauvreté et de permettre un développement durable. L’IRDP dirige une équipe de 6 agences qui travaillent ensemble à transformer Chololo en un éco village.
Pour en savoir plus sur l’IRDP, rendez-vous sur leur site (en anglais) : http://www.irdp.ac.tz
Pour en savoir plus sur l’écovillage de Chololo, rendez-vous sur ce site (en anglais) : http://chololoecovillage.wordpress.com
Oct 29th, 2012 5:50 PM UTC
By blogueur invité
Cela fait des décennies que les agriculteurs en Afrique ont des difficultés pour produire suffisamment de nourriture grâce aux terres dont ils sont propriétaires. Mais dans l’est du Kenya, plus de 50 000 agriculteurs utilisent à présent des techniques innovatrices pour empêcher les ravageurs et les mauvaises herbes de détruire leurs plantations. Les résultats sont impressionnants. Le système, appelé « pousser-tirer », est maintenant repensé pour faire face au défi supplémentaire que représente le changement climatique pour la sécurité alimentaire.
Le système « pousser-tirer » qui a initialement été développé il y a plus de 20 ans par le Centre International de physiologie et d’écologie des insectes (ICIPE), fonctionne en mélangeant des plantes qui éloignent les ravageurs et les mauvaises herbes (pousser), et d’autres, plantées en bordure, qui attirent les ravageurs vers l’extérieur des plantations afin qu’ils pondent leurs œufs là où ils causeront le moins de dégâts (tirer).
C’est une idée simple mais révolutionnaire qui peut presque doubler le volume de nourriture que les agriculteurs récoltent sur leurs terres. De plus, cette technique est peu coûteuse et ne nécessite pas l’utilisation de techniques complexes, ce qui permet aux petits agriculteurs d’y avoir facilement accès. Le système utilise des plantes disponibles localement et s’intègre bien dans les systèmes traditionnels de plantations multiples en Afrique.
« J’ai bénéficié d’améliorations majeures » se félicite Emai Ikapolok David, un agriculteur du district de Teso-Nord au Kenya. « Avant, je récoltais 50kg sur un terrain de 0.4 ares, mais maintenant grâce à la technique de « pousser-tirer », je récolte 540kg de maïs sur la même parcelle. La fertilité de mon sol s’est améliorée et il y a moins de striga (une mauvaise herbe) et d’insectes térébrants (nuisibles perceurs de tiges) dans le jardin ».
La communauté éprouve également un plus grand sentiment de sécurité. « Les cas de vols ont diminué car tout le monde a assez à manger » affirme Eric Odhiambo, le chef adjoint de Ginga, dans le district de Siaya.
Cependant, les agriculteurs d’Afrique sub-saharienne et de la planète doivent maintenant faire face à de nouvelles menaces à cause du changement climatique. Les cultures de la région étant pluviales (non-irriguées), cela crée une hausse de l’incertitude et par conséquence une hausse des demandes concernant la technique du « pousser-tirer », afin de permettre aux plantes de mieux résister aux conditions climatiques de plus en plus irrégulières.
En mars 2011, ICIPE a lancé le projet ADOPT (adaptation et dissémination de la technique du pousser tirer au changement climatique). Le projet d’un montant de 2,9 millions d’euros, financé par l’Union européenne, a pour objectif de créer une forme de « pousser-tirer » résistant à la sécheresse et concernera un million d’agriculteurs d’ici à 2020.
« Grâce au financement que nous avons reçu de la part de l’UE, nous avons pu approfondir nos recherches et impliquer plus d’agriculteurs et plus de pays » affirme Zeyaur Khan, le coordinateur du projet ADOPT d’ICIPE. « Grâce à nos recherches, nous avons trouvé des plantes « pousser-tirer » qui sont plus efficaces que celles que nous utilisions auparavant » a-t-il ajouté, « elles peuvent survivre à des périodes de sécheresse plus longues ».
Le projet ADOP va bénéficier directement à plus de 50 000 petits producteurs de céréales et propriétaires de bétail. Il va également permettre d’améliorer la disponibilité de la nourriture pour plus d’un demi-million de personnes vivant dans des régions sèches et vulnérables au changement climatique au Kenya, en Tanzanie et en Ethiopie.
Les résultats sont impressionnants. « La mise en place et l’adoption de ces plantes « pousser-tirer » adaptées à la sécheresse a permis de tripler les rendements » a précisé Zeyaur Khan. « Sur le long terme, cela va aussi permettre de renforcer la fertilité des sols. Les agriculteurs n’auront plus besoin d’utiliser d’engrais ».
Sans le financement de l’UE, il affirme qu’ICIPE n’aurait pas pu adapter cette technique au changement climatique. « Les autres donateurs ne financent que la technique traditionnelle, c’est pourquoi ce financement est très important à la fois pour nous, mais également pour les pays dans lesquels nous travaillons et pour les petits agriculteurs qui doivent faire face à de longues sécheresses et qui ne peuvent pas produire suffisamment de nourriture pour eux même ».
A propos d’ICIPE
Le Centre International de physiologie et d’écologie des insectes (ICIPE) est un institut international de recherches basé à Nairobi, au Kenya. Sa mission est de lutter contre la pauvreté, d’améliorer la sécurité alimentaire et la situation sanitaire des populations vivant dans les pays du Sud, en créant et développant des outils et des stratégies pour contrôler les arthropodes nuisibles et ceux qui sont utiles, le tout en préservant les ressources naturelles. Ils se basent pour cela sur la recherche et le renforcement des capacités des populations.
Pour en savoir plus sur ICIPE, visitez leur site internet : http://www.icipe.org (en anglais)
Pour en savoir plus sur la technique du « Pousser-tirer » : http://www.push-pull.net (en anglais également)
Oct 29th, 2012 5:24 PM UTC
By blogueur invité
La survie de plus des deux tiers des kényans dépend de la nourriture qu’ils produisent en cultivant leurs terres culture et de l’élevage des animaux. Or, à cause des périodes de sécheresse récurrentes, beaucoup de personnes doivent se battre pour produire assez de nourriture sur leurs propres terres, en particulier dans les régions du Kenya considérées comme arides ou semi-aride, soit 83% de la surface totale du pays.
Le projet intitulé “Farm Africa Dryland Farming Project” (le projet pour l’agriculture en Afrique et la culture sèche) financé par l’Union Européenne a pour objectif d’améliorer rapidement la sécurité alimentaire des foyers d’agriculteurs kenyans. Entre janvier 2010 et octobre 2011, l’organisation Farm Africa a travaillé avec de petits exploitants agricoles dans les districts de Kitui et Mwingi, à l’Est du Kenya, pour les former à l’utilisation de techniques plus élaborées d’élevage des chèvres laitières, de conservation de l’eau, mais également de culture dans des conditions arides. A 90% financé par l’Union Européenne, le projet à directement bénéficié à 7 000 petits agriculteurs.
Madame Mwende Tuvi est l’une des bénéficiaires de ce projet. Dans le passé, elle a également bénéficié du projet « Farm-Africa’s Gairy Goat project » (Afrique Agriculture pour l’élevage des chèvres 2005-2010) financé par l’UE.
« Le projet m’a permis de découvrir des cultures tolérant la sécheresse, ainsi que les outils dont j’avais besoin pour cultiver la terre » explique-t-elle. « Je suis ravie ! Depuis que j’ai été initiée à ces cultures, et avec le fumier des animaux, je récolte assez de nourriture pour la maison, ce qui n’était jamais arrivé auparavant. J’ai ainsi pu scolariser mon second fils. Vous savez, quelque chose est en train de se passer ici » dit-elle en souriant. « Il m’arrive par exemple de vendre du fumier, et cela me permet de payer les frais de scolarité de mon fils. Il étudie le journalisme. Qui aurait pu imaginer cela avant le projet dont nous bénéficions ? Peut-être qu’une fois diplômé, mon fils écrira à propos de cette grande transformation ». Elle nous a également dit que son fils aîné n’avait plus besoin de leur envoyer de l’argent car désormais ils sont en mesure de subvenir à leurs besoins.
Quand nous avons rendu visite à Madame Mwende Tuvi, l’activité battait son plein : son mari était occupé à nourrir les animaux, des constructeurs travaillaient à l’aménagement de la maison qu’elle est en train de construire, et Madame Mwende s’occupait des chèvres. Avant le projet, elle devait se battre pour nourrir ses enfants et les envoyer à l’école. Elle vivait dans une maison aux murs de boue, comme celle qu’elle utilise aujourd’hui pour ses chèvres.
A notre arrivée, le téléphone a sonné, quelqu’un souhaitait lui acheter une de ses chèvres. Le marché a vite été conclu pour l’équivalent de 140€. Elle a alors commencé à nous parler des bonnes affaires qu’elle concluait. Elle peut maintenant vendre une chèvre arrivée à maturité pour l’équivalent de 240€. De plus, avec toutes les chèvres qu’elle a, elle obtient suffisamment de lait pour les besoins de sa famille. Elle peut aussi en vendre pour couvrir ses autres dépenses telles que la main d’œuvre occasionnelle à laquelle elle recourt pour entretenir ses animaux et son jardin.
L’Union Européenne a mis de côté une partie des fonds dédiés initialement au projet afin de l’utiliser pour former une épargne de crédit coopératif (SACCO) dans la région, ce qui a permis de poursuivre le travail initié par le projet. Mme Mwende a également eu recours à cette coopérative. “J’ai emprunté à SACCO et j’ai pu démarrer une petite entreprise. Je travaille pour l’instant de la maison en raison des travaux de construction en cours”, a-t-elle expliqué.
Grâce aux fonds de l’Union Européenne, le Dryland Farming Project prouve que la conservation des sols et des eaux et l’utilisation de cultures tolérant la sécheresse peuvent aider les agriculteurs à se sortir de la pauvreté.
Madame Mwende est on ne peut plus d’accord.
A propos de Farm Africa
Farm Africa est une ONG qui travaille avec les petits agriculteurs et éleveurs africains. Elle a pour objectif de réduire la pauvreté en développant des approches innovantes de gestion des ressources naturelles, aidant ainsi les agriculteurs africains à se sortir de la pauvreté.
Rendez-vous sur : http://www.farmafrica.org.uk
Oct 16th, 2012 5:38 PM UTC
By blogueur invité
Par Abla Ait M’barek, membre de ONE
Proclamée lors de la conférence de l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) qui s’est tenue en novembre 1979, la Journée mondiale de l’alimentation a été accueillie favorablement par l’Assemblée générale des Nations Unies en décembre 1980. Celle-ci jugeait en effet que « l’alimentation est une condition nécessaire à la survie et au bien-être de l’être humain et qu’elle est un besoin fondamental ». Ainsi, depuis le 16 octobre 1981, nous célébrons chaque année à cette même date la Journée mondiale de l’alimentation.
Pourquoi ? Pour informer le plus grand nombre sur les problèmes alimentaires dans le monde et les sensibiliser sur les questions de la faim, de la malnutrition et de la pauvreté afin de renforcer la solidarité.
En effet, 870 millions de personnes souffrent encore de la faim dans le monde, mais si l’on s’intéresse plus généralement aux personnes souffrant de malnutrition dans les pays pauvres, ayant des carences nutritionnelles impactant leur croissance, les chiffres sont bien plus alarmants.
Ainsi, en ce 16 octobre 2012, nombreux sont les organismes nationaux et internationaux mais également les organisations non gouvernementales comme ONE qui se mobilisent pour mettre l’alimentation au-devant de la scène avec le soutien des citoyens du monde entier comme vous et moi afin d’encourager les dirigeants à agir !
Le Programme Alimentaire Mondial, agence des Nations Unies, a par exemple mis en ligne une vidéo accompagnée d’un petit quizz que vous pouvez retrouver ICI. Il vous suffit de regarder, jouer et partager pour permettre à un enfant comme Molly, la jeune fille de la vidéo, de recevoir un repas nutritif à l’école. Un geste qui ne vous coute absolument rien et qui pourtant contribue à faire bouger les choses.
Chez ONE, nous mettons l’accent non seulement sur l’ampleur du problème posé par la faim mais également sur celui posé par la malnutrition chronique dans les pays pauvres : 165 millions d’enfants souffrent de ce fléau et chaque année, 2,4 millions d’enfants en meurent.
A moins d’une forte mobilisation résultant en actions concrètes, on estime qu’un nombre encore plus grand d’enfants souffriront de retard de croissance au cours de la prochaine décennie, particulièrement en Afrique.
Notre campagne lancée le 13 septembre dernier intitulée « La patate douce au menu, la nutrition à l’agenda » vise ainsi à rappeler que la malnutrition chronique est un fléau qu’il faut éradiquer et que de nombreuses solutions existent.
Alors n’attendons plus. Ensemble, appelons les dirigeants internationaux et les principaux bailleurs de fonds à s’engager à prévenir le retard de croissance causé par la malnutrition chronique de 25 millions d’enfants parmi les plus pauvres au monde d’ici à 2016.
Quelques secondes suffisent pour faire la différence : signez notre pétition si cela n’a pas encore été fait, tweetez avec le hashtag #AuMenu , publiez vos photos de plats à base de patate douce sur Instagram, partagez vos recettes à base de patate douce, rejoignez-nous sur Facebook ! Vous trouverez bien plus d’astuces et d’idées pour agir en vous rendant sur cette page de notre site.
Que des personnes dans le monde souffrent encore, au 21ème siècle, de la faim et plus largement de malnutrition chronique entravant leur croissance est inadmissible !
Montrons à nos dirigeants que nous sommes déterminés à les voir AGIR, maintenant !
Oct 16th, 2012 12:37 PM UTC
By blogueur invité
Par Abla Ait M’barek, membre de ONE
Souvenez-vous, le 13 septembre dernier, nous lancions notre campagne intitulée « La patate douce au menu, la nutrition à l’agenda ». En un mois, vous avez été plus de 138 000 membres de ONE à signer notre pétition appelant les dirigeants du monde à prendre des engagements concrets et mesurables pour réduire la malnutrition chronique pour 25 millions d’enfants d’ici à 2016. Nous vous en remercions !
A l’occasion de la Journée mondiale de l’alimentation qui se tient aujourd’hui 16 octobre, nous avons une nouvelle fois besoin de votre soutien pour faire monter la sauce et “mettre les politiciens sur le gril” !
Comment ? En faisant du symbole de cette campagne, la patate douce bio fortifiée à chair orangée riche en vitamine A, un super héros. Nous avons besoin de vous pour nous aider à la mettre au-devant de la scène, la faire apparaître sur tous les statuts, dans tous les menus et paniers repas, qu’elle soit au top des ventes, invitée à toutes les tables, sur toutes les lèvres et sur les listes de courses de tous les gourmands. Nous montrerons ainsi aux politiques que la nutrition est un sujet qui nous mobilise tous.
Pour vous aider à démarrer, nous avons listé des idées et des astuces disponibles ici .
Chaque tweet avec le hashtag #AuMenu, chaque photo de plat à base de patate douce publiée sur Instagram, chaque « like » sur Facebook, signature de pétition ou partage de recette à base de patate douce contribuera à démontrer l’ampleur de l’engagement citoyen, engagement qui encouragera les dirigeants du monde à agir.
Les enjeux sont sérieux. Un milliard de personnes souffrent en silence d’une forme cachée de la faim : la malnutrition chronique. Et bien que 165 millions d’enfants souffrent de ce fléau – soit presque 12 fois le nombre total d’enfants en France – et que 2,4 millions d’enfants en meurent chaque année, la malnutrition chronique est rarement inscrite à l’agenda du développement. Nous sommes en droit de demander que cela change, maintenant !
En mai 2012, l’Organisation Mondiale de la Santé a joint sa voix au chœur de ceux réclamant plus d’investissements dans la nutrition. Elle a endossé six nouveaux objectifs comprenant notamment la réduction de la malnutrition de 40% d’ici à 2025, ce qui équivaut à 70 millions d’enfants qui éviteraient la malnutrition et ses conséquences désastreuses pour la santé.
Lors du sommet de Londres en août, un objectif intermédiaire a été fixé d’ici les prochains JO au Brésil en 2016 : si les politiques tiennent leurs promesses, 25 millions d’enfants parmi les plus pauvres au monde pourraient éviter de subir les conséquences de la malnutrition d’ici à cette date.
Il est donc temps que les dirigeants internationaux et les principaux bailleurs de fonds mettent la nutrition à l’agenda afin de prévenir ces 25 millions d’enfants du retard de croissance causé par la malnutrition chronique d’ici à 2016, soit dans à peine quatre ans.
Plus nous serons nombreux à nous mobiliser, plus notre voix sera entendue. L’important est de participer et chaque petit geste compte.
Ensemble, exigeons le possible !
Le blog international de ONE est le journal quotidien du mouvement anti-pauvreté. Le site est alimenté par l‘équipe de ONE, et des contributions fréquentes de ses bénévoles, de ses membres et de ses partenaires.
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