Nov 10th, 2010 10:38 PM UTC
By Guillaume Grosso
Bien mal acquis ne profite jamais. Sauf, semble-t-il, si ce sont des dirigeants de pays pauvres qui les possèdent. On estime que la fortune détournée par certains dirigeants au cours des dernières décennies représente au moins 100 milliards de dollars. Peut-être 1 000 milliards, estime l’ancien patron du FMI, Michel Camdessus. Autant d’argent qui ne profitera pas au développement des pays qui en auraient le plus besoin.
La malédiction semble encore plus forte pour les pays riches en ressources minérales, en pétrole ou en gaz. Ainsi, en Guinée Equatoriale, grâce à l’or noir, le PNB/habitant flirte autour des 30 000 dollars, dix fois plus que la moyenne africaine et presque autant que celui de la France. Pourtant, d’après une étude de la Banque mondiale, 77% de la population vit en-dessous du seuil de pauvreté ; et la Banque africaine de développement mesure une mortalité maternelle demeurant parmi les plus élevées du monde.
Le pillage organisé par les potentats locaux trouve un débouché dans des achats somptuaires, villas luxueuses sur la Côte d’Azur, limousines ou joaillerie de luxe. C’est pour tenter de mettre fin à ces pratiques que les associations Transparence International et Sherpa ont déposé en 2008 une plainte visant les conditions dans lesquels un très important patrimoine immobilier et mobilier a été acquis en France par les chefs d’Etat du Congo, du Gabon et de la Guinée Equatoriale ainsi que des membres de leur entourage.
La plainte avait été rapidement bloquée par la Cour d’appel de Paris, qui l’avait jugée irrecevable. Mais hier, après des mois d’incertitude, la Cour de Cassation a finalement conclu à la recevabilité de la plainte : la justice va pouvoir faire son travail.
Les bonnes nouvelles se font rares, aussi c’est avec plaisir que je voulais vous faire partager celle-ci. C’est une belle journée, et une victoire pour toutes celles et tous ceux qui croient que tous ensemble, nous pouvons dessiner un monde plus juste.
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