Nov 15th, 2012 12:10 PM UTC
By Coline Grunblatt
Confronté à des pluies moins abondantes et des inondations irrégulières, le village semi-aride de Chololo en Tanzanie apprend à s’adapter aux défis du changement climatique.

Photo : le village semi-aride de Chololo en Tanzanie
Grâce à un projet financé par l’UE, le village de Chololo avec ses 3 500 habitants, est en passe de devenir un écovillage modèle – grâce à l’utilisation de mesures d’adaptation au changement climatique et d’atténuation de ses effets.
Le projet d’une durée de deux ans, lancé en octobre 2011, vise à développer un modèle de pratiques durables dans les domaines de l’agriculture, de l’élevage, de l’eau, de l’énergie et des ressources naturelles. Ce modèle pourrait à terme permettre à des millions de personnes dans la région de faire face à l’évolution des conditions climatiques.
«Nous avons choisi Chololo parce que les gens sont très pauvres, à peine capable de se procurer suffisamment de nourriture pour toute l’année car leur agriculture est basée sur une culture purement pluviale», explique le Dr Francis Bernard Njau, gestionnaire du projet Chololo Ecovillage. «Avant le projet il n’y avait pas de système adapté pour récupérer l’eau de pluie. A ce jour 1 111 ménages ont été impliqués dans les différents aspects du projet.”
Le projet d’écovillage a mis l’accent sur les innovations agricoles qui utilisent au mieux les précipitations. Actuellement, 400 agriculteurs ont été formés à l’utilisation de variétés de graines à maturation précoce et résistantes à la sécheresse, ainsi qu’à des techniques de préparation du sol et de conservation de l’eau. En outre, l’approvisionnement en eau du village a été rétablit et le toit de l’école primaire locale a été équipé d’un système de récupération des eaux de pluies, permettant de recueillir dans des réservoirs souterrains, jusqu’à 60 000 litres d’eau.
« Six villages voisins ont désormais accès à l’eau courante grâce à la réparation du puis et le système de récupération des eaux de pluies introduit dans les écoles et dans les foyers est complètement opérationnel », revendique le Dr Njau.
En ce qui concerne le bétail, 118 agriculteurs ont été formés, dont 54 femmes, afin d’améliorer les techniques d’élevage pour 30 taureaux et 60 chèvres. En plus de cela, 120 éleveurs de poulets, en majorité des femmes, ont également commencé à bénéficier de l’amélioration des techniques d’élevage.
Un autre objectif du projet est d’améliorer l’accès aux ressources naturelles grâce à la plantation d’arbres, à l’agroforesterie et à la planification et la gestion communautaire des terres, tout en encourageant l’utilisation de sources d’énergies renouvelables. Déjà 14 668 arbres ont été plantés dans plus de 208 jardins, six églises, une école primaire et au dispensaire, de même que 3 000 arbres dans la réserve forestière du village de 3 acres.
« On apprécie les savoirs qui nous sont transmis que ce soit dans les domaines de l’agriculture, de la sélection de graines ou des techniques agricoles telles que la charrue à bœuf » dit le porte-parole du village de Chololo, Monsieur Michael Jonas Mbumi. « Les groupes de femmes prospèrent, et les plantations d’arbres associées aux fours économes en énergie et au biogaz, nous aident à préserver l’environnement».
Le projet a également considérablement amélioré la sécurité alimentaire du village. « Cette année, malgré des pluies moins abondantes, nous avons obtenu un supplément de récolte de sorghum, de millet perlé, d’arachides et de pois chiches et pois cajan ».

Photo: Collecte d’eau de pluie grâce à un système de captage sur les toits.
L’ancien porte-parole du village, James Maligana, ajoute : « parmi ceux qui ont participé au projet, aucun n’a souffert d’insécurité alimentaire. Avant projet, je récoltais 1 à 2 sacs de millet. Maintenant, j’ai entre 4 et 6 sacs, pour une surface cultivée inférieure. Et pendant les sécheresses prolongées, j’étais quand même capable de récolter 10 sacs alors qu’avant, pendant les bonnes années, c’était maximum 5 ou 6 sacs ».
Les résultats du projet d’écovillage à Chololo sont même venus aux oreilles du parlement tanzanien. Le réel test de ce projet sera donc de répéter ce succès à travers l’ensemble du pays et de l’Afrique de l’Est.
A propos de IRDP
L’Institut tanzanien pour la planification du développement rural (IRDP) fournis des services de formation, de recherche et de consultance dans le domaine de la gestion et de la planification du développement rural. Son objectif principal est de réduire la pénurie de main d’œuvre qualifiée tout en renforçant, de manière durable, les capacités des populations afin de réduire la pauvreté et de permettre un développement durable. L’IRDP dirige une équipe de 6 agences qui travaillent ensemble à transformer Chololo en un éco village.
Pour en savoir plus sur l’IRDP, rendez-vous sur leur site (en anglais) : http://www.irdp.ac.tz
Pour en savoir plus sur l’écovillage de Chololo, rendez-vous sur ce site (en anglais) : http://chololoecovillage.wordpress.com
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