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Il est temps de consulter les plus démunis sur leurs réels besoins


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Sep 21st, 2012 2:56 PM UTC
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Ce blog est d’abord paru en anglais sur le Huffington Post Impact

L’ONU a officiellement lancé le processus visant à déterminer les prochains objectifs mondiaux pour le développement. Des politiques, des technocrates et des bureaucrates ont en effet été missionnés pour déterminer ce qui doit succéder aux objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) existants, dont la date limite de 2015 approche à grands pas.  La communauté de développement prévoit une avalanche de conférences, de réunions et de consultations dans au moins 50 pays en développement au cours des six prochains mois. Ce processus comprendra des consultations nationales et thématiques, un panel de haut niveau composé de personnalités éminentes chargé de formuler des recommandations formelles, et une plate-forme sur le Web pour solliciter les avis du grand public.

Autrement dit, ces discussions de haut-niveau fixeront l’agenda du développement pour une nouvelle génération et détermineront probablement comment des centaines de milliards d’euros d’aide seront dépensés des deux côtés, par les pays en développement et par les gouvernements donateurs.

Mais il manque quelque chose : l’avis des citoyens les plus pauvres de la planète.

Il y a six mois, j’ai proposé une idée radicale, mais simple. Pourquoi ne pas demander aux citoyens ordinaires du monde, y compris les plus pauvres et les plus marginalisés, ce qu’ils attendent vraiment des nouveaux objectifs mondiaux pour le développement? Passer le micro à ceux qui ont tout à gagner de la nouvelle stratégie de développement. Prendre les devants et poser des questions sur leurs préoccupations, leurs priorités et leurs aspirations. Et écouter  attentivement leurs réponses. En leur réservant une place à la table, les laissant parler pour eux-mêmes, on leur donne la possibilité de déterminer leur propre avenir et de fixer leur propre agenda.

Des organisations comme ONE font donc pression pour l’organisation d’un sondage géant sur le mode « que veut le monde ? ».  Il s’agirait d’un cadre normalisé de questions qui pourraient être posées au niveau mondial, aussi bien dans les pays développés que dans les pays en développement. Les données obtenues serviraient de base aux discussions officielles permettant de les rattacher aux réalités des gens ordinaires et à leurs préoccupations quotidiennes. Cela renforcerait sérieusement  la crédibilité et  la pertinence des discussions sur le cadre post-2015. Sans ce sondage, nous courons tous le risque de développer un produit bien emballé et politiquement brillant qui passerait totalement à côté de la réalité de personnes vivant dans les bidonvilles, les villages ruraux, ou quelque part entre les deux.

Bien que cette idée semble évidente, ce n’est pas à l’ordre du jour – du moins pas encore. Collectivement, nous devons faire en sorte que cela arrive le plus tôt possible. Si ce n’est pas le cas, les séances de consultation prévues risquent d’avoir lieu dans une sorte de vacuum détaché des priorités des pays en développement pour les prochaines décennies.

Pour avoir une idée de ce que serait un tel sondage, ONE a effectué une analyse exhaustive des enquêtes existantes sur les ménages en Afrique sub-saharienne, en Amérique latine et en Asie. Bien que les résultats confirment la nécessité d’une enquête plus approfondie, ils renforcent aussi l’idée qu’il faut introduire des citoyens ordinaires dans le processus.

Alors, qu’est-ce que les données existantes nous apprennent ?

• La question du revenu des ménages est en tête de liste des préoccupations: environ une personne interrogée sur trois cite cet enjeu comme sa préoccupation la plus pressante. Des groupes démographiques spécifiques, comme la jeunesse urbaine africaine, placent l’amélioration de la situation de l’emploi et des revenus encore beaucoup plus haut dans l’échelle de leurs préoccupations. Autrement dit, les questions dites « alimentaires » prédominent partout dans le monde – quel que soit le mode de vie. Cela donne à penser que les gens ont besoin d’un cadre post-2015 qui donne la priorité aux questions liées au revenu comme le principal catalyseur pour leur assurer la liberté et la flexibilité permettant de répondre à leurs besoins et aspirations.

• Agriculture et sécurité alimentaire sont en haut de l’affiche: Environ une personne interrogée sur sept cite cet enjeu comme sa priorité absolue, ce qui ne devrait pas être une surprise pour quiconque a visité des pays en développement. L’agriculture reste la principale source d’emploi et de revenu pour la grande majorité des personnes vivant dans les pays en développement. En effet, si les ménages ruraux étaient en mesure d’augmenter la productivité de leur petite ferme et d’accéder aux marchés, alors leurs moyens pour faire face à la multitude des priorités immédiates – comme l’éducation et la santé des enfants – pourraient être sensiblement améliorés.

Collectivement, nous devons être capables de regarder vers l’avant sans perdre de vue les OMD actuels, auxquels nous devons rester profondément attachés. Les OMD ont mobilisé et canalisé des actions sans précédent venant d’un large éventail d’acteurs, y compris les gouvernements des pays développés et en développement, les acteurs non gouvernementaux et le secteur privé. De nombreux pays en développement ont enregistré des améliorations inégalées dans la réduction de la mortalité infantile, la lutte contre le VIH/SIDA, le paludisme et d’autres maladies infectieuses, et dans les taux de scolarisation. Ces résultats robustes illustrent à la fois la puissance de la réalisation d’objectifs mondiaux ambitieux et la nécessité de continuer à accélérer les progrès au cours des trois prochaines années.

Malgré le besoin immédiat d’une action continue, nous devons aussi veiller à ce que la prochaine fournée des objectifs de développement mondiaux intègre, représente et fonde  véritablement ce que le monde veut.

Au cours des prochaines années, la communauté internationale sera aux prises avec de graves questions qui auront un impact énorme sur investissements dans le développement pour les prochaines décennies. De toute évidence, l’ONU et d’autres prennent ce processus très au sérieux et recherchent activement à prendre en compte les  opinions des parties prenantes. Un engagement direct avec les plus pauvres de la planète, augmentera sans aucun doute la qualité des objectifs post-2015 et permettra de rallier un soutien accru à leur exécution. L’enjeu consiste à créer un monde où toutes les personnes, en particulier des plus pauvres d’entre nous, peuvent réellement posséder et tracer leur propre voie pour l’avenir.

Voici le lien vers le rapport de ONE disponible uniquement en anglais.

Pour voir tous les progrès accomplis dans la réalisation des OMD, cliquez ici.

TAGS: Nations Unies, Objectifs du Millénaire pour le Développement, ONE

 

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