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Jean-Luc Mélenchon, le 3e à franchir la ligne d’arrivée du ONE Vote !


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Mar 20th, 2012 4:58 PM UTC
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Dans un délai de deux jours, la troisième réponse à la campagne ONE Vote est arrivée, celle du candidat du Front de Gauche. Comme pour Nicolas Dupont-Aignan et pour François Hollande, ONE publie la réponse en intégralité ci-dessous sur son blog. Pour l’analyse de ONE, rendez-vous demain sur le site du Huffingtonpost.fr.

Réponse du Front de Gauche international :

Nous vous remercions de votre courrier d’interpellation des candidats à l’élection présidentielle, nous y répondons bien volontiers.

Nous vous informons tout d’abord que nous avons publié sur notre site www.placeaupeuple2012.fr nos propositions « pour une nouvelle politique entre la France et l’Afrique.

Au Front de Gauche, nous prônons la Révolution citoyenne. Nous voulons impliquer l’ensemble de nos concitoyens dans l’action. Nous nous félicitons donc de l’engagement militant de votre association pour lutter contre l’extrême pauvreté et les maladies évitables.

Vous vous définissez comme une organisation « apolitique », sous réserve d’une discussion avec vous sur la signification que vous donnez à ce mot, pour notre part, nous pensons que l’état de notre planète, les inégalités qui se creusent, la misère et la famine sont le résultat de choix politiques.

La domination idéologique du libéralisme et la domination des grandes puissances contre les pays du Sud ont engendré la marchandisation générale de toutes les activités humaines, y compris le corps lui-même, et de toutes les ressources de la planète. Désormais, aucun pays ne peut échapper à la mondialisation néolibérale. Tout s’y vend. Les forêts primaires sont dévastées pour ouvrir des routes vers l’exploitation des mines ou pour offrir des meubles exotiques bon marché dans les jardins occidentaux. Les entreprises ont délocalisé en masse leurs productions en fonction du coût salarial le plus faible. Fuyant les mesures environnementales prises dans les pays du Nord, les entreprises choisissent de produire au détriment de la santé des populations. Les marchés financiers ont pu organiser une fantastique économie de casino avec les conséquences que l’on connaît jusqu’à la dernière crise financière. Le capitalisme financier transnational ne porte pas seulement en lui les germes de conséquences sociales effrayantes (explosion des inégalités de richesse, appauvrissement des Etats, tensions géopolitiques), mais provoque également une crise écologique qui met aujourd’hui en péril l’avenir même de l’humanité.

Alors, oui la France doit tenir ses engagements mais elle doit réorienter profondément ses méthodes et contenus d’intervention.

Des ruptures sont nécessaires. La première consiste à réintégrer la politique entre la France et les pays africains dans le cadre normal de la politique internationale de la France : fin du « domaine privé » du Président de la République, débat et vote au Parlement des orientations stratégiques et de la mise en œuvre de cette politique. La transparence est la meilleure garantie de l’engagement citoyen continu.

La deuxième rupture est le choix délibéré de contribuer au développement des pays africains plutôt que de renforcer par notre présence militaire le maintien au pouvoir de dictateurs à la solde de l’impérialisme français. Lorsque vous parlez des progrès de la démocratie, nous n’avons pas la même analyse, il suffit de totaliser les élections truquées, ces trois dernières années, avec la complicité de la France et de la communauté internationale : Djibouti, Cameroun, Centrafrique, Maurétanie, Gabon, Cote d’Ivoire, les deux Congo etc.

La troisième rupture est celle de la non-ingérence et du respect des identités et des cultures : nous ne chercherons pas à imposer notre conception du fonctionnement de la société mais nous soutiendrons toute innovation progressiste visant l’émancipation humaine.

La France s’engagera dans un partenariat d’égal à égal avec les pays africains : appui à la définition d’un modèle de développement centré sur le social et l’écologique, à la redéfinition d’un modèle démocratique réel et des conditions concrètes du fonctionnement démocratique, et à la création d’un marché africain protégé permettant un développement autocentré et des échanges équilibrés avec le marché mondial.

Nous participerons au transfert de technologie et aiderons au développement d’une industrie de transformation sur place à partir des ressources agricoles et minières, pour sortir de l’économie de rente et de pillage, et de la dépendance aux exportations de productions industrielles des pays du Nord.

Concernant les aspects financiers nous sommes d’accord, nous proposons de mettre l’APD française en cohérence avec les objectifs déclarés de solidarité internationale et de lutte contre la pauvreté et atteindre l’objectif fixé par l’ONU de 0,7 % du PIB national. Une taxe sur les transactions financières sera mise en place au taux de 0,05 % dédiés à la solidarité internationale.

Le fonctionnement de l’Agence française de développement (AFD) sera réformée et l’appui public, financier et institutionnel aux initiatives des ONG et à leurs partenariats avec la société civile  internationale sera accru.

Il sera également mis un terme aux accords bilatéraux qui conditionnent l’aide au développement à la lutte contre l’immigration.

Mais cette aide doit être profondément réorientée. En 40 ans de financements, l’aide publique au développement (APD) a plus induit le renforcement d’une exploitation prédatrice, la dépendance et la concussion que le développement. Elle a souvent servi de subvention et même de facteur de rendettèrent aux gouvernements « amis de la France » qui attribuaient les marchés aux entreprises françaises qui en profitaient, au lieu d’aider directement les peuples africains.

Concernant les entreprises française, il est clair que nous partageons l’exigence de contrôler la transparence des pratiques des grandes entreprises en Afrique. Parmi les exigences à formuler, outre celles concernant la responsabilité sociale et environnementale des entreprises, figure celle de publier les contrats des industries extractives et des industries d’exploitation des ressources naturelles de façon à permettre aux peuples de connaître et donc de pouvoir maîtriser l’utilisation de leurs ressources. Une autre exigence consistera à imposer à toute entreprise détentrice d’un contrat sur projet de susciter la naissance d’entreprises africaines pérennes et de créer en particulier un réseau de petites et moyennes entreprises travaillant en collaboration avec leurs homologues françaises de façon à créer un véritable tissu industriel.

Une attention particulière sera portée à l’émergence ou au renforcement de syndicats forts en lien avec leurs homologues français, en commençant par les industries extractives et les services publics délégués. Interdiction sera faite aux entreprises françaises d’exporter leurs déchets – tout particulièrement les déchets nucléaires et chimiques – dans les pays africains et les entreprises qui ont eu recours à de telles pratiques devront être poursuivies et contraintes à réparer les dégâts humains et écologiques provoqués.

Concernant le but de votre association de lutter contre la famine, n’oublions pas que celle-ci est largement le résultat du libéralisme imposée par le capitalisme mondialisé. Le libre-échange agricole a renforcé partout l’exode rural. Il plonge dans la pauvreté des millions de paysan-ne-s, et il ne garantit pas la satisfaction des besoins alimentaires des populations. Quand les paysan-ne-s malien-ne-s ou burkinabés ne peuvent plus vendre leurs productions sur les marchés locaux car elles sont concurrencées par des produits importés et moins chers car fortement subventionnés par leurs pays d’origine (PAC, etc.), c’est non seulement un drame pour les paysan-ne-s, mais c’est également une menace pour l’indépendance du pays. Les Etats doivent pouvoir protéger leurs paysan-ne-s, leur garantir l’accès à la terre et à un revenu, investir dans les circuits locaux de distribution et de transformation, et organiser les conditions de leur autosuffisance alimentaire.

C’est pourquoi la renégociation avec l’Union européenne des Accords de partenariat économiques (APE) Lomé/Cotonou doit être dénoncée : l’ouverture totale des frontières africaines aux produits agricoles terminerait de ruiner la petite paysannerie et risquerait d’éloigner à jamais la possibilité d’une souveraineté alimentaire. Les pays africains pourront compter sur la France pour mettre fin aux politiques de dumping dans l’Union européenne.

La souveraineté alimentaire ne s’oppose pas aux échanges mais à la priorité donnée aux exportations.

La France peut jouer un grand rôle dans la construction d’un autre monde. Le monde fou que nous avons sous les yeux est le résultat de la domination accrue du capital financier sur le monde. Ce résultat est encore plus visible en Afrique, car là il se traduit directement par des centaines de milliers de morts, de faim, d’absence de soins, de guerres provoquées pour le contrôle des richesses et des matières premières.

Une nouvelle politique de la France avec les pays africains est donc un impératif de grande importance. Il s’agit vraiment de « s’engager pour de nouvelles relations internationales fondées sur le respect des souverainetés populaires, sur des coopérations mutuellement profitables entre les peuples, sur la primauté des normes sociales et environnementales sur celles de la finance et du commerce.


TAGS: Afrique, AIde publique au développement, Bonne gouvernance et transparence, ONE VOTE 2012, Transparence

 

  1. Pierresays: Mar 20th, 2012 9:20 PM EST

    20/03/2012 at 21:20

    Enfin un candidat, qui analyse les cause des sous et mal développements et qui ne se contente pas de bonnes intentions… Ca nous change.

  2. Pierresays: Mar 20th, 2012 9:23 PM EST

    20/03/2012 at 21:23

    Attention, le lien vers le site de Monsieur Mélenchon ne marche pas. Il s’agit de http://www.placeaupeuple.fr
    Ca pourrait être bien de le corriger…

    • Verenasays: Mar 20th, 2012 9:24 PM EST

      20/03/2012 at 21:24

      Merci Pierre, on le changera ! L’équipe de ONE-France

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