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Le plan de secours du G20 n’oublie pas les pauvres Reste à voir précisément comment les pays les plus pauvres en bénéficieront Le groupe de campagne ONE salue les engagements pris ce jour en faveur des pays les plus pauvres dans l’accord final du G20, mais ne voudrait pas que les montants alloués par celui-ci enclenchent une nouvelle crise de la dette. « Le G20 a dégagé des sommes impressionnantes ; ce qui compte à présent, c’est de voir ce que l’on va faire de cet argent » a déclaré Oliver Buston, Directeur européen de ONE. « Les 50 milliards de dollars annoncés pour les pays à faible revenu sont-ils des donations ou des prêts ? Pour combattre la crise, l’Afrique a besoin d’une nouvelle aide qui s’ajoute aux promesses existantes, pas de prêts coûteux. » « Sous la houlette de Gordon Brown, les plus pauvres n’ont pas été oubliés : reste à leur ménager une place plus importante dans les pourparlers internationaux », a-t-il conclu. Bob Geldof, adhérent de ONE, a déclaré : « Je pense à première vue que cette réunion aura de profondes implications. Les dispositifs réglementaire et de gestion d’une nouvelle architecture financière mondiale commencent manifestement à se mettre en place. Mais nous devrons encore attendre pour voir si les montants promis afin de redynamiser l’économie mondiale sont adéquats. » « Il n’empêche que pour les 50 pour cent de la planète qui vivent avec moins de deux dollars par jour, l’essentiel est d’avoir été ramenés de la périphérie au cœur du processus décisionnel. La délégation africaine pose néanmoins cette question essentielle : s’agira-t-il d’argent frais pour leurs pays et s’agira-t-il de donations ou de prêts coûteux ? C’est sans doute de cette confuse et capitale nuance que dépendra la santé économique du continent et des peuples africains et, par extension, la nôtre. » ONE a demandé au G20 d’inclure les pays les plus pauvres dans les plans de redressement mondiaux via un ensemble de mesures couvrant les ressources, la réforme et la réglementation, à la fois pour des raisons humanitaires et parce que ces mesures profiteront, au final, à l’ensemble de la planète. Ressources : ONE a demandé qu’une enveloppe d’incitation de 50 milliards de dollars soit immédiatement débloquée pour l’Afrique subsaharienne et que les promesses d’aide soient tenues et concentrées en début de période. Le G20 a annoncé une enveloppe de 50 milliards de dollars pour l’ensemble des pays à faible revenu. Sont notamment prévus :
L’accord prévoit aussi une enveloppe supplémentaire de 100 milliards de dollars sous forme de prêts accordés par les banques de développement multilatérales.Il faudrait que nous sachions plus précisément quelle part de cette somme sera disponible via la Banque africaine de développement, laquelle doit d’urgence et sans attendre trouver de l’argent pour des projets d’infrastructure non financés. Réforme : Le G20 a annoncé que les pays en développement seraient mieux représentés au sein des institutions financières internationales et que les désignations aux postes de direction du FMI et de la Banque mondiale se feraient au mérite.Nous nous félicitons de cette dernière proposition, qui marque une réelle avancée pour autant que des citoyens de tous pays puissent effectivement poser leur candidature. Réglementation : Le G20 a annoncé une réglementation contre le paradis fiscaux illicites. Le rapatriement des avoirs volés vers leurs pays (en développement) d’origine sera l’épreuve de vérité de cette initiative. Les répercussions humaines de la crise financière mondiale se ressentent chaque jour dans toute l’Afrique : il faut agir d’urgence pour traduire ces engagements dans les faits : En avril : Les rencontres de printemps du FMI et de la Banque mondiale devront préciser et maximiser le degré de libéralité et le volume exact du paquet compensatoire pour l’Afrique. Elles pourront envisager d’autres ventes d’or et DTS pour voir s’ils peuvent éventuellement profiter aux pays en développement d’Afrique et d’ailleurs. En mai : Lors des réunions de la Banque africaine de développement à Dakar, au Sénégal, nous devrons assister à une augmentation significative du capital accordé aux programmes de crédit à des conditions libérales. Juin / juillet : Lors du Sommet du G8 en Italie, il faudrait que les bailleurs décident de faire plus pour l’agriculture et la santé, qu’ils définissent des calendriers annuels et responsables pour le décaissement de l’aide destinée à réaliser les Objectifs du Millénaire pour le développement, qu’ils examinent un nouveau plan de finance du carbone au service du développement, et qu’ils approuvent un ensemble de réformes commerciales qui fassent de Doha un véritable cycle de négociations au service du développement. En décembre à Copenhague, le monde devra s’entendre sur un ensemble de mesures permettant aux plus pauvres de s’adapter au changement climatique et de faire partie de la solution globale. |
