ONE

International

Accueil Rejoignez-nous Thèmes Actualités A propos de ONE
   

Le G8 de Hokkaido affiche quelques petites avancées pour les plus démunis – mais rien de bien neuf

  • L’Allemagne, les Etats-Unis et le Royaume-Uni poussent le G8 à faire des efforts
  • Quelques progrès en matière de responsabilité financière et de suivi
  • Bono: « Sarkozy et Berlusconi sont incontournables pour asseoir la légitimité du G8 en Afrique »
  • Bob Geldof: « Les économies les plus florissantes de la planète peuvent facilement tenir leurs engagements si elles en ont la volonté ».

Mardi 8 juillet 2008, Toyako, Hokkaido

Le sommet du  G8, après d’âpres négociations menées à Hokkaido, a engrangé quelques petites avancées pour les plus démunis, et ce malgré les soucis économiques que les pays connaissent sur le plan intérieur.

Les USA, le Royaume-Uni et l’Allemagne, qui ont considérablement augmenté leurs aides à l’Afrique au cours des dernières années, nourrissaient une ambition et une volonté politique qui dépassaient celles de leurs homologues du G8.

Le G8, dans son ensemble, n’a versé que 3 milliards de dollars alors qu’en 2005, à Gleneagles, il s’était promis d’augmenter son aide à l’Afrique de 25 milliards de dollars à l’horizon 2010.

La série d’accords conclu par le G8 dans les domaines du développement et de l’Afrique ainsi que de la sécurité alimentaire se contente de réitérer des engagements déjà pris plutôt que de promettre de nouvelles initiatives majeures visant à permettre au groupe de tenir ses promesses.

Si de nouveaux efforts sont entrepris face à la crise alimentaire que l’on connaît au niveau mondial, aucune date de libération n’a encore été annoncée pour les 10 milliards de dollars promis en janvier en faveur du développement agricole. L’engagement visant à instaurer un partenariat mondial dans le domaine de l’agriculture comporte quelques éléments prometteurs, qui devront être traduits en actions concrètes si l’on souhaite apporter une réponse  pertinente à la crise alimentaire.

Il a été convenu de libérer 60 milliards de dollars sur cinq ans afin de lutter contre les maladies au niveau international ; bien que cette somme paraisse élevée, elle ne représente pas une augmentation importante en termes réels. Il s’agit en fait des mêmes 60 milliards de dollars annoncés au dernier sommet du  G8 de 2007 mais pour lesquelles aucun calendrier n’a été fourni. Toutefois, nous saluons la décision d’augmenter le personnel médical qui travaille dans les pays en voie de développement afin d’atteindre le minimum recommandé par l’OMS qui est de 2,3 pour 1000 personnes.

Les états périodiques des dépenses du prochain G8 dans le domaine de l’éducation et de l’eau sont autant de signes qui montrent que le G8 a davantage conscience des risques de perte de crédibilité en Afrique; en outre, ils illustrent une évolution favorable en matière de responsabilité, dont l’Italie devra assurer le suivi lorsqu’elle présidera le G8 en 2009.

La réaction de Bob Geldof  :

“Si la situation de l’économie mondiale a limité les ambitions du présent G8, il n’en reste pas moins vrai qu’un contrat politique très sérieux avait été conclu en 2005. L’actuelle réunion au sommet en a fait le constat, avec un  certain sens des responsabilités, même si certains d’entre nous pensent qu’il est un trop tard.

Voyons la situation en face : les montants sont à ce point bas que les huit économies les plus florissantes de la planète peuvent facilement, et sans polémiquer, tenir leurs engagements si elles le décident. Sinon, comment expliquer que des banques soient tirées d’affaire du jour au lendemain et que des expéditions militaires soient financées, pour ne citer que deux exemples ? Ce n’est pas une question d’argent, mais bien de volonté.”

La faiblesse générale des résultats du G8 masque des niveaux très divers d’engagement et de responsabilité parmi les membres du groupe.

La réaction de BONO, co-fondateur de l’ONE :

“Au vu de la manière dont elles ont tenu leurs promesses par rapport à l’Afrique, certaines nations du G8 ont tiré vers le bas le groupe dans son ensemble, mettant en question l’efficacité et la pertinence de ce dernier. Le constat de leur impuissance collective croissante est d’autant plus ironique que nous n’avons jamais eu autant besoin de dirigeants audacieux pour résoudre les grands problèmes de notre époque.

Le Royaume-Uni, les USA et l’Allemagne font de sérieux efforts afin de tenir leurs promesses, ce qui ne fait que mettre en évidence les maigres résultats engrangés par les autres. Ne baissons pas les bras. Nous sommes convaincus que le président Sarkozy a la volonté et l’équipe nécessaires pour  prendre à bras le corps la question de la part du budget national consacré à l’aide à l’Afrique dans les prochains jours. Le premier Ministre Berlusconi peut encore renverser les récentes décisions catastrophiques visant à réduire l’aide italienne et il pourra donner davantage de légitimité à l’agenda africain quand il prendra les commandes du G8. Le premier Ministre Fukuda peut faire en sorte que les  premiers pas effectués ici dans l’aide à l’agriculture deviendront des enjambées de géants dès le mois de septembre. Si de bons résultats ont été engrangés sur le font de l’aide effective, nous attendons un véritable leadership de la part des pays où il n’existe pas encore afin de transformer l’essai.”