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ONE : Le G8 happé par la mauvaise crise

Publié le 20.05.2012

Washington, 19 mai -- L'annonce faite par Barack Obama quant à une nouvelle alliance du G8 en matière de sécurité alimentaire laissait espérer à ce que le sort des plus démunis soit parmi les priorités du G8.  Or aujourd'hui, les dirigeants des pays les plus riches du monde n'ont accordé que 35 minutes à la sécurité alimentaire !

    « Ce constant est tout simplement désolant. Le G20 de novembre dernier avait déjà été pris en otage par la crise de la dette européenne, mais les chefs d’Etat avaient au moins trouvé 75 minutes pour parler de la sécurité alimentaire, soit 40 minutes de plus qu’aujourd’hui à Camp David », a regretté Guillaume Grosso, directeur de ONE France.

    «La crise économique nécessite certes l’attention du G8, mais pas au dépens des plus pauvres dans le monde. Ce n’est pas en faisant l’impasse sur la lutte contre l’extrême pauvreté que le G8 sauvera l’euro. Tout au contraire : en 2050 l’Afrique sera le continent le plus peuplé et le plus jeune et ses taux de croissance font déjà pâlir d’envie les dirigeants européens», a-t-il ajouté.

    L'alliance sur la sécurité alimentaire initiée par le président Obama et adopté par le G8 est louable. ONE déplore cependant son manque d'ambition: elle ne fixe aucun objectif concret pour lutter contre l’insécurité nutritionnelle, ne vise que 6 pays, et manque d’engagements d’aide clairs de la part de plusieurs pays du G8. Le sujet reste cependant sur l’agenda du G8 qui devra rendre des comptes sur son objectif de sortir 50 millions de personnes de la pauvreté d’ici à 2022.

    Si à l’heure de la famine dans le Sahel, la sécurité alimentaire a tiré son épingle du jeu, d’autres sujets n’ont pas eu cette chance.  La déclaration finale ne fait ainsi aucune mention de la transparence dans le secteur des industries extractives (pétrole, gaz, mines). Il est important de rappeler que les engagements du G8 ne coûteraient rien au contribuable, mais qu’ils pourraient changer la donne pour les citoyens africains.

    « Ce sujet serait une réelle opportunité pour le nouveau président de la République française de laisser son empreinte. L’Union européenne est en train de négocier une loi demandant plus de transparence aux entreprises. François Hollande devrait dès maintenant faire rempart pour s’assurer que la législation ne soit pas vidée de tout son sens à cause des méthodes habiles des lobbys », a conclu Guillaume Grosso.